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Marché du travail

« 200 000 opportunités de missions cet été »

Alors que l’activité économique reprend, les entreprises font de l’hygiène et de la propreté au sein de leurs bureaux, une priorité. Ces besoins se traduisent-ils concrètement par des créations d’emplois chez les prestataires de nettoyage ? Le point avec Chrystèle Gimaret, Femme d’affaires de l’année 2019 et présidente d’Ekoklean, le premier expert du nettoyage durable en France.

Avec les nouvelles exigences sanitaires, les entreprises du secteur de la propreté comme Ekoklean sont fortement sollicitées en ce moment…

Pendant le confinement, nous n’avons pas pu réaliser nos prestations auprès des entreprises, car celles-ci étaient fermées. Maintenant qu’elles reprennent leurs activités, elles font énormément appel à nos services pour intervenir dans leurs bureaux qui n’ont pas été nettoyés pendant longtemps. En raison de la contrainte sanitaire, elles ont besoin de nous pour désinfecter leurs espaces ou pour mettre en place des protocoles de nettoyage et de déconfinement garantis par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Cette crise a fait évoluer le regard porté sur nos métiers.

Nos agents, les « cleaners » sont perçus par nos clients comme ceux qui viennent redonner vie à leurs bureaux. D’un statut d’invisibles, ils sont passés à celui de visibles. Ils ont pris du galon et démontré qu’ils étaient indispensables au fonctionnement de la société. Cette reconnaissance publique est très motivante pour nos équipes. Espérons que cette opportunité qui est donnée de mettre en lumière le monde du nettoyage va perdurer.

Votre secteur va-t-il « surfer » sur cette dynamique pour créer de l’emploi ?

Il paraît évident qu’il va y avoir des embauches, car les besoins sont là. Chez Ekoklean, nous tablons sur environ 200 000 missions à pourvoir cet été, pour des prestations de nettoyage auprès d’entreprises, mais aussi sur le marché particulier, sur lequel, nous élargissons notre offre. Ces missions seront proposées sous forme de contrats salariés ou de prestations de service.

Je suis convaincue que ces besoins vont perdurer. La propreté est un vrai sujet. Aujourd’hui, nous ne sommes absolument pas à l’abri qu’une nouvelle crise sanitaire se reproduise chaque année. Les entreprises ont pris conscience de la nécessité d’intégrer une vraie politique de propreté. Et ce, d’autant plus qu’elles ont aujourd’hui des responsabilités sur le plan sanitaire, pour garantir la santé et la sécurité de leurs salariés et clients.

Jusqu’ici, les prestataires de propreté étaient un peu le « parent pauvre », le budget dans lequel on coupe. Désormais, nous sommes écoutés, davantage perçus comme des experts du nettoyage. On ne délivre plus seulement des prestations de ménage, mais du conseil.

Quels canaux utilisez-vous pour recruter ?

Une commande, un taxi, une vente à emporter dans la restauration… tout passe aujourd’hui par Internet. Il était donc logique que nous investissions ce terrain pour recruter nos « cleaners ». Le 1er juillet, nous allons donc lancer la plateforme « Ekoklean on demand » que nous avons déjà commencé à tester dans le cadre d’un partenariat avec Airbnb, portant sur la désinfection de logements proposés par des milliers d’hôtes à travers la France.

Cette application pour smartphone permet de géo-localiser une entreprise ou un particulier qui exprime un besoin de nettoyage, puis de le mettre immédiatement en relation avec un demandeur d’emploi à proximité. Il sera également possible de laisser sa candidature sur notre site www.ekokleanondemand.fr à partir du 22 juin prochain.

Jusqu’ici en France, Ekoklean n’était présent que sur Paris. Cette digitalisation de nos processus de recrutement est génératrice d’emplois. Elle va nous permettre d’étendre notre activité sur l’ensemble du territoire et sur le segment de la clientèle des particuliers. En parallèle, nous allons aussi étoffer notre équipe RH avec des personnes aguerries au digital.

Chez Ekoklean, nous avons toujours fait de l’innovation un atout. En amont des prestations, nous organisons aussi des modules de formation de 2 fois 4 heures en digital, suivies de 5 missions tests chez nos clients, pour découvrir le métier. Toutes les annonces que nous publions, le sont également via le site de Pôle emploi et ses agences locales, qui sont nos premiers relais.

Quels défis se profilent ?

Le secteur de la propreté va fortement embaucher dans les mois qui viennent, mais il va falloir veiller à ce que ces emplois soient décents. Chez Ekoklean, nous sommes très attachés à la qualité de vie au travail de nos « cleaners ». Cela passe déjà par une stabilité dans l’emploi, avec 80 % de nos effectifs en CDI.

Nous veillons par ailleurs à ce qu’ils puissent intervenir sur des sites qui ne soient pas trop éloignés de leur domicile pour éviter de longs temps de transport. Dès que possible, nous essayons d’envoyer en mission nos « cleaners » dans de « jolis endroits », tels que des musées par exemple. Pas question pour nous de les faire travailler sur des quais de gare à 4 heures du matin ! Nos équipes utilisent par ailleurs des produits d’entretien bio-sourcés, non nocifs notamment pour les yeux, les mains ou les poumons.

Nous faisons énormément de pédagogie auprès de nos clients pour valoriser l’expertise de nos prestations de nettoyage, ce qui nous permet aussi de rémunérer nos « cleaners » au-dessus du SMIC. C’est une question d’éducation et de dialogue. Nous avons la volonté de jouer sur le mieux. Et cela porte ses fruits, puisque chez Ekoklean, le turn-over est inférieur à 1 %. Nos « cleaners » se sentent bien chez nous !

S.K.

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