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Innovation & Société

A la recherche du métier de demain

Des métiers disparaissent, d’autres germent : le numérique perturbe autant le marché du travail que les média qui essaient de trouver les métiers de demain et les bonnes formations qui vont avec. Passage en revue.

C’est le sujet qui mobilise de plus en plus les média, celui des métiers d’avenir. Les Echos lui ont consacré, le 3 novembre dernier, un supplément « Les 20 métiers d’avenir ». Le quotidien économique a essayé d’aller « au-delà des lieux communs sur la révolution numérique en marche dans les entreprises » mais reconnait que  « toutes les fonctions sont impactées : finance, commercial marketing, communication, ressources humaines, juridique, production, et, ça va sans dire, informatique… ». Les Echos en ont trouvé 20 dont on est à peu près sûr. Parmi eux des noms nouveaux comme celui du « scrum master » qui est un peu de demi de mêlée dans une entreprise (scrum c’est la mêlée en rugby) et qui est en fait un chef de projet d’un nouveau genre dont « raffolent les entreprises agiles ». Il y aussi le « traffic manager » qui est spécialisé dans la gestion du trafic sur le web « pour accroître la visibilité de la marque et les ventes », celui qui fait remonter les pages sur Google, le « Data scientist » de plus en plus recherché, celui qui est capable de capter et de comprendre toutes les données numériques qui concernent l’entreprise, le « Feel Good Manager » celui qui fait que les salariés se sentent bien dans des entreprises en forte croissance ou en renouvellement perpétuel, le « Fundraiser », l’ingénieur smart grid, le responsable QHSE ou le lean manager. Certains métiers ne sont pas forcément nouveaux, mais tous sont en devenir et tous ont aujourd’hui des formations ou des écoles.

La revue Influencia, spécialisée dans les questions de « communication et de tendances », se pose, elle, la question de savoir si la France ne « va pas devenir une nation de freelances ». Elle s’appuie sur une analyse de  de la plateforme Hopwork qui, chaque mois, voit plus de 1000 nouveaux freelances s’inscrire. L’un des fondateurs, Vincent Huguet, explique que « les professionnels sont aujourd’hui proactifs. Ils n’attendent plus de décrocher un CDI et prennent les devants pour gagner leur vie. Ils découvrent vite qu’avec un tarif journalier moyen de plus de 350€, le travail freelance est une solution viable et pérenne avec des niveaux de salaires souvent supérieurs à ceux qu’ils connaissaient lorsqu’ils étaient salariés ».

En septembre 2015, la plateforme a enregistré, 986 nouveaux freelances. 34% de ces indépendants proposent des prestations de développement web. La création graphique (webdesign, photo, 3D…) représente 30% de ces nouveaux professionnels indépendants. La troisième place revenant au secteur du marketing et de la communication avec 22% d’adeptes. L’île de France loin arrive en tête : un freelance sur deux est inscrit dans cette région.

Vincent Champain et Frédéric Benqué  essaient eux de remettre quelques idées en place sur la question de l’emploi et du numérique. Ils estiment tout d’abord que « dire que la digitalisation de l’économie va irrémédiablement faire disparaître des millions d’emplois ne repose sur aucune étude statistique précise… La question n’est donc pas de brandir une menace digitale comme le font certains gourous et quelques consultants, mais de définir la forme de cette menace. Or, dans bien des cas, elle viendra davantage d’un concurrent plus apte à tirer parti du digital que d’un géant de l’Internet ou d’un clone d’Uber surgi de nulle part. Il y a donc un risque à investir trop pour contrer une ubérisation théorique, et pas assez pour renforcer sa compétitivité, et beaucoup de commentateurs n’aident pas à y voir plus clair. Ce risque de « mal-investissement » nourri par des extrapolations hasardeuses et des récits inspirant l’optimisme aux investisseurs et la crainte aux entreprises est précisément la définition d’une bulle. » Pour connaitre l’impact sur chaque secteur de l’économie, ils ont décomposé l’emploi en France en 88 secteurs et analysé leur modèle. Ils estiment l’emploi « ubérisable », à moyen terme, à 14 % de l’emploi total. Il s’agit d’un ordre de grandeur, mais il est infiniment plus précis que les discours estimant cette part à 100 % sans analyse sérieuse ». Et ils font aussi apparaître des secteurs gagnants comme les producteurs agricoles qui « subissent déjà le niveau maximum de pression concurrentielle du fait des centrales d’achat : un Uber des fruits et légumes (qui livrerait les clients en direct) peut difficilement réduire plus leurs marges. Par contre il leur permettrait de valoriser la qualité et de gagner des parts de marché en satisfaisant les amateurs de légumes qui ont un goût. Par ailleurs, comme indiqué plus haut, une baisse du coût de l’interaction induira une hausse de la demande pour la production ».

A mettre en relation avec un article du correspondant de Marseille des Echos qui décrit comment les livreurs indépendants peuvent décongestionner les villes.

Jean Pierre Gonguet

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