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Marché du travail

Actionner les leviers de la mixité

Egalité, parité… mixité. Dans tous les cas, il est question d’encourager l’équilibre et la diversité des genres. Dans l’entreprise, la culture inclusive passe par la féminisation des équipes et la mobilisation des réseaux.

Les hommes et les femmes apportent au monde du travail des compétences et des points de vue différents et se démarquent par leur approche du risque et de la collaboration. C’est ce que révèle une étude du FMI qui pointe les bienfaits économiques de l’inclusion des femmes (1). Certes, les entreprises avancent sur le terrain de la mixité et elles communiquent aujourd’hui plus ouvertement sur leurs efforts en matière de féminisation. Pour autant des freins persistent et les préjugés résistent, ne serait-ce que dans l’accessibilité des femmes à certaines fonctions et responsabilités et ce, en dépit de la Loi Coppé-Zimmermann (2), qui impose un quota de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance.

Transparence, égalité des chances, performance

Face aux disparités, au premier rang desquelles figure l’inégalité salariale, les réseaux d’entreprises se structurent afin de promouvoir la mixité à tous les niveaux de l’organisation. Qu’ils soient internes, sectoriels ou cross-industries, impulsés par la direction générale ou nés spontanément au sein d’un groupe de femmes, les réseaux se sont multipliés ces dernières années avec une ambition partagée : créer des espaces de réflexion collective et actionner les leviers en matière de recrutement, de gestion de carrière, de négociation salariale, de management et d’équilibre vie professionnelle-vie privée.

Pour Catherine Ladousse, présidente du Cercle InterElles (3), un réseau d’entreprises engagées depuis près de 20 ans en faveur de la mixité dans les secteurs scientifiques et technologiques, « il existe bien une corrélation entre mixité et performance ». Un constat confirmé par 57,4% des dirigeants interrogés considérant que « les initiatives prises pour promouvoir l’égalité des sexes ont effectivement contribué à améliorer les résultats de leur entreprise » (4).

Le déploiement des technologies, entre risques et opportunités

Dans le domaine technologique où la représentativité des femmes reste très faible, avec 26% de femmes ingénieurs et moins de 30% dans la filière numérique, le déficit de mixité pose une question de fond : quelle place et quel rôle des femmes au sein de l’économie du numérique à l’heure même où le futur se dessine sous l’impulsion des technologies ?

Le déploiement de l’intelligence artificielle, par exemple, s’il ne prend pas en compte la diversité des compétences et des équipes dans la sélection et la catégorisation des données, porte en lui un risque : celui de refléter, voire d’amplifier les perceptions biaisées du monde d’aujourd‘hui et, par conséquent, de reproduire les situations de discrimination.

D’où la nécessité de déconstruire très tôt les stéréotypes de genres qui sont les premiers freins à une culture inclusive en entreprise. « Or l’appétence des filles pour les filières scientifiques et technologiques est en baisse alors que, paradoxalement, le digital est en plein essor et ouvre de nouvelles voies de recrutement et d’évolution professionnelle », note Catherine Ladousse qui encourage les entreprises à redoubler d’efforts pour attirer les talents féminins : « L’entreprise est un espace de liberté où s’expriment de jeunes générations dotées d’une plus grande ouverture d’esprit et d’une vision plus naturelle de la mixité et de l’égalité ».

L.D.

(1) « Economic Gains from Gender Inclusion »: New Mechanisms, New Evidence, octobre 2018

(2) Loi du 27 janvier 2011

(3) Rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) : enquête menée auprès de 13000 entreprises dans 70 pays, mai 2019

(4) Le Cercle InterElles regroupe 15 entreprises partenaires : Air Liquide, Canon, CEA, Dassault Systèmes, EDF, Engie, GE, IBM, Intel, Lenovo, NGE, Orange, Orano, SAP, Schlumberger

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