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Marché du travail

Auxiliaire de vie, une des clés de voûte de l’économie du grand âge

Si les enjeux de l’économie du grand âge sont ambitieux et ont déjà un ancrage fort dans les politiques publiques et gouvernementales, notamment depuis la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement, qu’en est-il du marché du travail lié à cette économie ?

En 2050, près de 5 millions de Français auront plus de 85 ans, et en 2060, 2,45 millions de personnes âgées seront en perte d’autonomie. C’est une réalité, le boom du marché de la dépendance est en marche et va poursuivre sa progression dans les années à venir. Pour l’accompagner, des milliers de recrutements dans le secteur des services à la personne (SAP) sont nécessaires et prévus. Avec des impératifs forts qui se font ressentir notamment dans le domaine de l’aide à domicile, où les auxiliaires de vie s’emploient à soulager la perte d’autonomie des personnes âgées.

Marché du travail de l’aide à domicile : entre forte demande et professions trop peu valorisées

D’après Petits-fils, un réseau d’agences de services à la personne spécialisées dans l’aide à domicile pour les personnes âgées, le défi qui se pose aujourd’hui est celui de réussir à recruter en nombre les auxiliaires de vie, indispensables à l’économie du grand âge. Pourtant, selon l’OCDE, la France manque de « professionnels de la dépendance » alors même que les besoins se font de plus en plus pressants.

Selon de nombreux acteurs du secteur, là où le bât blesse c’est au niveau de la valorisation du métier, tant d’un point de vue salarial que du point de vue des conditions de travail. « Nous construisons notre démarche autour des auxiliaires de vie, afin de leur offrir les meilleures conditions de travail et de leur donner envie de s’inscrire dans la durée avec nous. Nous pratiquons une politique de rémunération au-dessus du SMIC et 90 % des postes créés sont des postes en CDI », indique Olivier Lebouché, Président du réseau Petits-fils, pour qui la valorisation de ce métier est essentielle et urgente.

En effet, le métier d’auxiliaire de vie se trouve trop souvent dévalorisé, et, comme le souligne le rapport Grand âge et autonomie porté en octobre 2019 par Myriam El Khomri, il y a une baisse notable des candidatures mais aussi, parmi les professionnels de l’aide à domicile, 17,5 % de ménages pauvres, une résultante des faibles rémunérations pratiquées dans ce secteur. L’économie du grand âge est donc un défi à tous les niveaux, entre urgence de recrutements, attractivité du secteur, conditions de travail et valorisation des professionnels qui accompagnent nos papy-boomers.

Les auxiliaires de vie, un rempart face à la dépendance

Pour Olivier Lebouché, « le point d’ancrage du métier d’auxiliaire de vie est d’apporter aux personnes âgées une compagnie au quotidien », venant ainsi diminuer les effets de la perte d’autonomie. Les auxiliaires de vie s’inscrivent dans un accompagnement durable des personnes âgées et, selon la Fédération du service aux particuliers (FESP), la durée moyenne de la dépendance en France est de 3,7 ans.

Pour Petits-fils, l’accompagnement des auxiliaires de vie se traduit par une aide « dans les gestes et les activités devenues impossibles pour les personnes âgées, comme faire les courses, préparer des repas, aider à la toilette, etc. ». Ces professionnel(le)s sont donc non seulement formé(e)s à l’accompagnement psychologique des personnes aidées, mais ils et elles sont également formé(e)s en matière d’hygiène, de diététique et de santé.

Les auxiliaires de vie représentent en ce sens une réelle valeur ajoutée pour les personnes âgées, qui bénéficient d’un accompagnement par des personnes formées, capables de prendre en compte tous les aspects de la dépendance, tant au niveau du relationnel et de la création de lien, qu’au niveau de la vigilance et de la surveillance médicale, qu’en termes d’hygiène.

Les familles et les aidants ont aussi besoin de renfort

Là encore, les auxiliaires de vie jouent un rôle clé, et viennent soulager et compléter les actions et l’accompagnement réalisés par les familles et les aidants des personnes âgées. En France, la FESP recense 11 millions d’aidants, et près d’un Français sur quatre qui « apporte une aide régulière à un proche en situation de dépendance ». C’est aussi cela l’économie du grand âge : des familles, des proches qui deviennent aidants par choix ou par nécessité, lorsqu’une personne âgée perd son autonomie.

Tous les aidants ne sont pas armés ou prêts à affronter la dépendance d’un proche, et les familles peuvent se retrouver démunies ou en situation d’épuisement. Aux côtés de ces aidants s’inscrivent donc les auxiliaires de vie, afin de prendre le relai et de permettre aux familles d’accéder à leur droit au répit, institué par loi d’adaptation de la société au vieillissement de 2015.

« La plupart du temps, les auxiliaires de vie deviennent l’interlocuteur clés des familles : elles apportent de l’information et deviennent le lien entre la famille et la personne âgée, qui, souvent, n’est plus tout à fait capable de communiquer », précise Olivier Lebouché, avant d’ajouter que « les aidants familiaux sont géographiquement moins proches de leurs aînés qu’avant, du fait de la mobilité de la société et en moyenne, en France, les enfants se situent à 250 km de leurs parents. Ils ont donc plus que jamais besoin d’un tiers – de confiance – pour faire le lien ».

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