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Marché du travail

Ces cours en ligne qui révolutionnent la formation continue

Les Massive Open Online Course (Mooc) connaissent un essor remarquable ces dernières années. Entreprises, salariés, demandeurs d’emploi s’en emparent. Pour quel gain ?

Le 28 janvier dernier, le Prix du Mooc de l’année a été décerné aux Gobelins pour leur cours en ligne « Réaliser des vidéos pro avec son smartphone ». Qualité des enseignants, ergonomie de la formation et aspect collaboratif ont ainsi été récompensés lors de la seconde édition d’un événement organisé par My Mooc, le Trip Advisor de la formation en ligne, intitulé Mooc of the Year. Au total, dix prix ont été remis pour 350 candidatures envoyées. Sept prix ont été attribués par un jury d’experts composé de spécialistes de la formation en ligne, de journalistes et d’universitaires, parmi lesquels le plus attendu, le Mooc de l’année. C’est dire si les Moocs sont devenus un mode d’apprentissage et de formation en vogue !

Un caractère massif et collaboratif

Pour Patrick Berdugo, directeur général France de l’équipementier réseaux F5 Network, « le succès de ces cours réside évidemment dans le fait que n’importe qui peut les suivre d’à peu près n’importe quel endroit de la planète – peu importe le nombre de participants – et que tout un chacun peut être évalué, voire obtenir un « diplôme » plus ou moins certifiant ». Les Moocs ont vu le jour dès le début des années 2000, initiés par les universités américaines cherchant à attirer des étudiants du monde entier. En France, il a fallu attendre fin 2013, pour voir la création d’une plateforme de Moocs francophones, créés sous l’acronyme FUN (France université numérique) par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Ce qui constitue la spécificité des Moocs par rapport à un cours à distance est leur côté massif. « Avec 10 000 participants, il est impossible qu’un formateur suive chaque étudiant, estime Gilles Aldon de l’ENS Lyon. Il faut donc développer les échanges entre pairs, de l’apprentissage à l’évaluation ».

Les entreprises en pointe

« Nous sommes dans une culture où le diplôme rassure, aussi bien les personnes formées que les recruteurs », déclare Mathieu Nebra, cofondateur d’OpenClassrooms, leader européen de la formation en ligne avec trois millions d’utilisateurs. La start-up a franchi en 2016 une étape supplémentaire en développant des parcours qui débouchent sur la validation d’un titre enregistré au ­Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : chef de projet multimédia, data scientist, développeur d’application… OpenClassrooms a levé six millions d’euros en septembre 2016 pour investir dans la conception de ces parcours. La start-up prévoyait ainsi de passer d’une quinzaine de titres à une cinquantaine à fin 2017, susceptibles d’intéresser des personnes désireuses de « développer ou maintenir à flot leur employabilité ». En outre, tous les parcours seront à terme disponibles en alternance, grâce à la création de l’OpenCFA, le premier CFA en ligne. En septembre dernier, OpenClassrooms s’est ainsi associée à la région Île-de-France pour créer le premier CFA 100% en ligne, dédié au secteur du numérique.

« Les entreprises ont besoin de faire monter en compétence leurs employés dans un marché du travail qui évolue extrêmement vite, explique Stéphanie Durand, responsable du développement international de Coursera, le géant des Moocs. Elles sont particulièrement demandeuses de trois thématiques : les technologies de l’information, le big data et le management/leadership ».

« Si le numérique peut aider à apprendre, il peut surtout et dans un futur proche soulager l’école et les filières et avoir des effets qui dépassent très largement le seul cadre de l’éducation et de la formation. Il peut soigner les économies de demain en permettant à chacun de trouver sa place mieux et plus vite », conclut Patrick Berdugo.

N.S.

 

 

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