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Prospective

Ces nouveaux emplois qui ont un avenir

Le départ à la retraite des papy-boomers, le vieillissement de la population et le développement d’internet, créent des emplois mais pas forcément là où on les attend.

Plus de soixante secteurs porteurs sont à la recherche de collaborateurs. Dans leurs travaux prospectifs sur les métiers à l’horizon 2022, France Stratégie et la Dares recensent 800 000 postes à pourvoir chaque année. Plus des trois quart étant liés à des départs à la retraite. En effet, près de 8 millions de papy-boomers, selon l’Insee, seront en fin de carrière dans les cinq ans à venir, soit 31% de la population active. Un renouvellement particulièrement important en ce qui concerne les agents d’entretien, les enseignants, les aides à domicile, les cadres des services administratifs, les comptables et financiers, les aides-soignants ou les conducteurs de véhicule. Les créations nettes d’emplois se feront plutôt dans les professions de soins et de services à la personne. La tertiarisation des emplois tend à se poursuivre alors que les métiers industriels se stabilisent. A noter la mutation de certains métiers et la création de nouveaux dus au développement d’internet. On assiste par ailleurs à un fort développement des emplois les plus qualifiés.

Notamment dans l’informatique et le numérique où 80% des recrutements concernent les ingénieurs à bac+5 ou 6. D’ici 2022 ce secteur, où les CDI représentent près de 95% des contrats, devrait recruter 190 000 postes. Le volume de données que les entreprises doivent aujourd’hui exploiter ainsi que la multiplicité des sources font évoluer les compétences des postes traditionnels. Près des trois quart concerneront les ingénieurs qui bénéficieront de 90 000 créations de postes sur cette période, un chiffre record. Profils les plus demandés : ingénieur cloud et virtualisation, les data-scientist spécialistes de l’analyse des données et les web ergonome en charge de faciliter la navigation sur internet. Les bac+2 se verront proposer 48 000 postes techniques et de maintenance. Les entreprises peinent à trouver des professionnels formés à ces nouvelles spécialités. Souffrant d’une mauvaise image et bien souvent d’une méconnaissance des métiers, la formation numérique a du mal à attirer les jeunes.

De même le marketing évolue. Les métiers liés à la relation client et au développement de la marque sont fortement impactés par les réseaux sociaux et l’évolution des usages des clients. Cela donne naissance à de nouveaux métiers comme le trafic manager qui doit générer de l’audience ou le community manager, responsable de l’image d’une marque sur le web. Une révolution des métiers se profile selon le cabinet Ernst&Young et 90% des dirigeants anticipent déjà ces changements majeurs.

Les métiers de la mutualisation ont également le vent en poupe. Les grands groupes de la finance et les banques cherchent à réduire les coûts et à standardiser les tâches. Les formations supérieures en gestion, finance ou comptabilité sont recherchés. Les métiers de l’informatique notamment devraient se diluer pour devenir des compétences nécessaires à de plus en plus de métiers dans tous les secteurs. En vingt ans la numérisation de l’économie a créé près d’un million d’emplois en France et la tendance ne fera que s’accentuer dans les années à venir.

De même que le secteur du développement durable fort aujourd’hui de 4 millions de salariés et qui devrait créer 600 000 emplois dans les cinq ans à venir selon le Conseil d’orientation pour l’emploi.

Enfin le vieillissement de la population entraîne des besoins croissants de soins et d’accompagnements. En 2050 un Français sur trois aura plus de 60 ans, contre un sur 5 en 2005, selon  l’Insee. Les services à la personne qui emploie déjà 2 millions de personnes vont de plus en plus recruter. Un vieillissement de la société qui va également engendrer des bouleversements dans les domaines de la santé et du bien-être.

Cécile Antoine

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