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Prospective

Demain, le travail à très haut débit ?

Toujours plus connecté et digitalisé, l’environnement de travail se transforme. Avec de nouvelles conditions dans la pratique du travail à distance qui pourrait bien être amenée à se généraliser sous l’impulsion des réseaux 5G.

Le télétravail en France a bondi de 20 % entre 2017 et 2018 (1).

Aujourd’hui, 54% des salariés affirment « utiliser leur domicile dans le cadre de leur activité professionnelle comme lieu de travail de manière ponctuelle et informelle » (2) et cette vague du télétravail devrait s’accroître avec la représentation de près de 75% de « millenials » au sein de la population active d’ici 2025. Parallèlement, le déploiement à grande échelle de la 5G, envisagé à l’horizon 2020-2021 et annoncé comme un bond technologique majeur, pourrait bien accélérer la pratique du télétravail et le nomadisme.

« La 5G est à la 4G ce que la fibre optique est à l’Internet fixe. Elle promet de nouveaux usages dans les domaines de la vidéosurveillance, du jeu vidéo, de l’Internet des Objets (IoT), de l’Intelligence Artificielle (IA), des Smart Cities et des solutions de réalité augmentée ou de réalité virtuelle », explique Bruno Lopez, Account manager, spécialiste télécoms et communications unifiées chez SCC.

Vers un espace de travail dématérialisé et collaboratif

La 5ème génération de standard de télécommunications mobiles, associée au très haut débit et à une connectivité démultipliée, ouvre ainsi de nouvelles perspectives en termes d’usages au sein de l’espace de travail. En associant une performance du débit (multipliée par 10) et un délai de transmission (divisé par 10), la 5G offrira un environnement professionnel à la fois dématérialisé et collaboratif.

Elle rendra non seulement accessibles les outils et fichiers en ligne, mais facilitera aussi leur téléchargement via le cloud computing. Avec le déploiement de la 5G, les réseaux pourraient alors s’étendre au-delà du strict périmètre des entreprises, et le travail à distance, gagner en flexibilité.

« La 5G est au service de la réglementation en faveur de la Qualité de Vie au Travail (QVT) et de la fidélisation des collaborateurs qui réclament plus de flexibilité. Demain, travailler de n’importe où et depuis n’importe quel terminal sera possible. Les outils collaboratifs, l’IA et les objets connectés permettront de se connecter en simultané grâce à la 5G », précise Bruno Lopez.

Connectivité accrue, productivité soutenue

Ces avancées technologiques vont bien sûr dans le sens de la mobilité et de l’efficacité. A l’heure où les pratiques de nomadisme se banalisent et où l’équilibre vie personnelle/professionnelle crée une attente chez les salariés, le réseau mobile du futur est l’occasion pour les entreprises de repenser l’accès et les conditions de travail.

Par la cohabitation d’applications et d’usages diversifiés au sein d’une même technologie (3), de nombreux secteurs, au premier rang desquels l’industrie, devraient profiter du très haut débit. Avec, à la clé, une productivité soutenue à long terme et la création de 22 millions de nouveaux emplois dont 400 000 en France (4).

La question de la confiance

Pour autant, la mise en oeuvre des réseaux 5G s’annonce lente et coûteuse. Sans oublier un enjeu de taille : la sécurité des données. D’ici à 2030, la 5G va relier entre eux jusqu’à 500 milliards d’objets connectés sur la planète dont certains concernent directement la sécurité, voire la souveraineté des Etats. Autre point de vigilance : la sécurité informatique. En effet, les réseaux 5G reposent sur une architecture virtualisée qui multiplie les points d’entrée et donc, potentiellement, les vulnérabilités.

Si l’innovation technologique est capable de faire tomber les barrières physiques, elle pose dans le même temps la question de la confiance, qui demeure un facteur déterminant lorsqu’il s’agit d’encourager l’autonomie des salariés… et le télétravail.

L.D.

(1) Etude Malakoff Médéric Humanis
(2) Etude Actineo
(3) Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep)
(4) IHS Markit

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