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Marché du travail

Des entrepreneuses françaises prudentes et à la recherche de sens

Qui sont-elles, ces femmes qui choisissent entreprenariat ? En France, comme en Europe, difficile de brosser un portrait type de celles qui choisissent de devenir chef d’entreprises. Deux études* tentent de retracer leurs parcours et leurs aspirations.

En France, elles sont encore une minorité. Il existe ainsi au sein de l’Hexagone cinq fois plus d’hommes serial entrepreneurs (c’est-à-dire ayant déjà créé plusieurs entreprises) que de femmes. Avant de créer leur première entreprise, les femmes étaient majoritairement salariées (à 51%). Expérimentées, elles sont, pour 60% d’entre elles, âgées de 40 ans et plus et choisissent de s’implanter dans les grandes métropoles françaises (28% ont domicilié leur société en Île-de-France et 21% dans le Sud-Est et notamment dans la région Rhône-Alpes).

Leur projet entrepreneurial est souvent le fruit d’une longue réflexion. Il s’agit pour elles de se sentir plus autonomes (37%), mais également de donner davantage de sens à leur vie (pour 35% des répondantes). Une quête de sens forte au sein de la population féminine puisque 60% d’entre elles revendiquent l’aventure entrepreneuriale comme un véritable engagement pour changer la société. Une proportion qui n’atteint que 50% au sein de la population des hommes chefs d’entreprises.

Des entrepreneuses françaises plus frileuses

Les femmes chefs d’entreprises qui évoluent en France semblent plus peureuses que leurs consœurs européennes. Ainsi, les cheffes d’entreprises françaises rachètent deux à trois fois plus souvent une entreprise existante lorsqu’elles se lancent que leurs consœurs européennes. Les Françaises ne sont que 67% à se tourner vers la création d’entreprise, contre 88% en Suède et 83% au Royaume-Uni et en Italie. La prudence semble également de mise sur le front du développement de l’activité et de l’emploi. Ainsi, une majorité des cheffes d’entreprises françaises (61%) n’ont aucun salarié dans leur structure. Il s’agit là du taux le plus élevé d’Europe. Le taux de « one-woman-entreprises » s’établit à 53% en Allemagne et à 59% en Italie au Royaume-Uni et en Suède.

Elles se montrent également très prudentes quant au développement de leur activité, ainsi seules 16% des entrepreneuses françaises prévoient d’embaucher dans les 5 prochaines années, contre 31% des britanniques et 27% des allemandes. Coté confiance, à nouveau, les Françaises prennent le bas du classement, avec une minorité (41%) affirmant qu’elles avaient confiance en elles au moment de la création d’entreprises, contre 58% au sein de la population masculine. Malgré toutes ces réticences, 78% des femmes françaises se disent heureuses dans leur vie d’entrepreneur. Elles sont ainsi proches du niveau de satisfaction observé dans d’autres pays européens.

 

* Deuxième édition de l’Observatoire BNP Paribas de l’Entrepreneuriat au féminin réalisée par Occurrence et conduite auprès de 615 personnes dont 327 femmes entrepreneurs en France et Étude « Caisse d’Épargne – Femmes et Business en Europe », conduite sur un panel de 2 500 entrepreneurs en Allemagne, Italie, France, Royaume-Uni et Suède.

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