Pôle emploi - Emploi Parlons Net

Secteurs & Entreprises

Difficultés de recrutement : les entreprises indécises

La pénurie de candidats ou l’inadéquation des profils, conduit parfois les employeurs à réviser leurs exigences à la baisse lors d’un recrutement. Pas toujours pour le meilleur.

Plus de doute. En matière de recrutement, la galère des patrons est bien réelle. En attestent deux documents publiés en juillet par la Dares (*). Le service des statistiques du ministère du Travail a interrogé les recruteurs (1) pour mesurer ces difficultés et identifier les stratégies à adopter pour y faire face. Cette enquête apporte quelques éléments de réponse. En 2015, les recruteurs signalaient que 17% de leurs embauches avaient été difficiles – 14% plutôt et 3% très difficiles –, avec de fortes variations selon le type de contrat, la taille de l’entreprise, le secteur d’activité, la technicité du poste, etc. La Dares rappelle que selon l’enquête annuelle Besoins en main-d’œuvre (BMO) de Pôle emploi, 2015 est, avec l’amorce d’une décrue du chômage, l’année où ces difficultés ont été les plus faibles depuis 2010.

Difficultés accrues pour les postes qualifiés

La pénurie de candidatures (7 cas sur 10), l’inadéquation entre les profils des candidats et les attentes du recruteur (formation, expérience, qualités personnelles, compétences techniques, etc.) et les caractéristiques du poste (rémunération insuffisante, contenu, etc.) sont les difficultés les plus souvent citées dans l’enquête, de façon souvent combinée. Ces difficultés sont souvent plus importantes pour les postes qualifiés ou en CDI, dans la mesure où ces embauches engagent les employeurs à plus long terme et sont, pour certaines, plus stratégiques pour leur activité, ce qui augmente leurs exigences. Dans le cas de la création d’un nouveau poste, les difficultés sont moindres. Les difficultés de recrutement varient enfin selon les secteurs d’activité : elles sont par exemple plus nombreuses dans les secteurs de l’information et de la communication, des services aux entreprises, l’industrie ou les transports.

Des concessions parfois amères

Face aux difficultés, les entreprises concernées mettent en place différentes stratégies. Elles intensifient leurs efforts de recrutement (56%), en sollicitant davantage les canaux habituels ou avec un recours à d’autres canaux. Elles assouplissent parfois leurs exigences vis-à-vis des candidats (34%). Ces concessions portent plus souvent sur l’expérience et les compétences techniques (dans plus de 20% des cas), sur la formation ou le diplôme (15%), et dans une moindre mesure sur les qualités personnelles et l’éloignement géographique. Mais les recruteurs transigent moins sur ces critères lorsque la technicité du poste est une des raisons des difficultés de recrutement. Enfin, elles modifient le profil du poste (20%). Cette modification passe le plus souvent par une redéfinition du contenu du poste, puis par une hausse du salaire proposé, ou par la proposition d’un contrat plus attractif (modification du type de contrat ou du temps de travail).

Reste que, face aux difficultés de recrutement, une part non négligeable des entreprises ne fait rien. « Dans plus d’un quart des recrutements, aucun de ces trois types d’action n’a été engagé », notent les auteurs de l’étude. Les difficultés de recrutement se ressentent également sur la satisfaction des employeurs une fois l’embauche effectuée, particulièrement si le recruteur a assoupli ses exigences vis-à-vis des candidats – insatisfaction parfois partagée par la personne recrutée. Ainsi, pour les recrutements ayant entraîné une redéfinition du contenu du poste, 42% des employeurs (contre 30% en moyenne) déclarent qu’ils n’embaucheraient pas la même personne.

N.S.

 (*) Le recrutement n’est pas toujours un long fleuve tranquille – 17% des recrutements sont jugés difficiles par les recruteurs, Bertrand Lhommeau et Véronique Rémy, Dares Analyses n°31, 4 juillet 2019

 (*) Comment les employeurs surmontent-ils leurs difficultés de recrutement ?, Bertrand Lhommeau et Véronique Rémy, Dares Analyses n°32, 4 juillet 2019

 (1) Enquête Ofer 2016

Également à lire

Secteurs & Entreprises

02 juillet 2019

Les intelligences multiples en entreprise

L’intelligence est plurielle. Si certaines formes d’intelligence ont toujours été valorisées dans le monde de l’entreprise, d’autres sont encore trop souvent minimisées. Avec Les intelligences multiples en entreprise, Raphaëlle Laubie propose un ouvrage pour faire le point sur le sujet et bousculer les idées reçues.

en savoir plus

Dernières publications