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Dynamisme des métropoles françaises : Arthur Loyd publie son baromètre annuel

Le cabinet de conseil en immobilier d'entreprise Arthur Loyd a diffusé en novembre son « baromètre annuel de l'attractivité et du dynamisme des métropoles françaises ».

S’appuyant sur 75 indicateurs quantitatifs définis pour mesurer quatre thématiques (la connectivité, le capital humain et l’innovation, la performance économique, le marché tertiaire et l’accueil des entreprises, et la qualité de vie), l’étude s’est focalisée sur les aires urbaines de plus de 100 000 habitants, où vit 77% de la population française. 45 métropoles ont ainsi été passées au crible. Le baromètre analyse notamment les dynamiques territoriales de création d’emplois, et identifie les avantages concurrentiels expliquant le dynamisme des métropoles.

Une nouvelle géographie de l’emploi en France

L’analyse de la dynamique des créations d’emplois permet au cabinet d’affirmer qu’une nouvelle géographie de l’emploi se dessine en France. En termes de dynamique de l’emploi, deux grandes zones géographiques se distinguent. D’une part, un axe Grand Ouest qui tend à séduire les jeunes talents, attirés par la perspective d’une meilleure qualité de vie. Et d’autre part, un axe Rhodanien, porté par la localisation stratégique de Lyon, qui fait de l’agglomération une « locomotive » pour ses voisines.
Parmi les aires urbaines étudiées, le cabinet a procédé à des classements par catégories, pour comparer des zones de même échelle. Il en ressort les quatre podiums suivants :

  • Lyon, Toulouse et Bordeaux (pour les très grandes métropoles, de plus d’1 million d’habitants)
  • Nantes, Rennes et Grenoble (pour les grandes métropoles, de 500 000 à 1 million d’habitants)
  • Angers, Clermont-Ferrand et Brest (pour les métropoles intermédiaires de 200 000 à 500 000 habitants)
  • Valence, Niort et Chalon-sur-Saône (pour les agglomérations de taille moyenne, de 100 000 à 200 000 habitants)

Des maires moteurs du changement

L’économiste Nicolas Bouzou, invité à livrer son analyse, en profite pour rappeler le rôle prépondérant des communes dans l’investissement public (53% du total), et en quoi elles sont des acteurs clés du progrès. Dans les périodes « d’innovation et de complexification du monde, l’économiste insiste sur leur rôle clé en matière d’innovation. A l’heure où la transition énergétique devient urgente face aux enjeux climatiques, elles ont ainsi un rôle de « chef d’orchestre » en la matière. C’est l’action d’un « maire organisateur » qui va permettre de « construire une économie circulaire, développer des écoquartiers, décarboner les usages », en articulant le travail des techniciens, des financiers, et des urbanistes.

Les grandes aires urbaines moins impactées par le retournement de la conjoncture économique

En 2018, dans un contexte de baisse globale des créations d’emploi, les métropoles régionales comptant plus de 500 000 habitants ont mieux résisté au contexte économique difficile. Elles ont ainsi concentré plus de 84% des créations nettes d’emplois dans le secteur privé. A une échelle plus fine, le baromètre indique, au passage, qu’au sein de ces aires urbaines, ce sont les banlieues qui connaissent la plus forte dynamique de création d’emplois depuis 2009.

Elles totalisent 8,7 millions d’emplois dans le secteur privé en 2018, et ont généré 62% des créations nettes d’emplois entre 2009 et 2018. Ainsi, les proches périphéries des villes françaises font office de « premier employeur de France », du point de vue des différents types de zones géographiques. A l’opposé du spectre, on peut observer la désertification économique de certains territoires. Ainsi, tandis qu’entre 2009 et 2018, l’emploi salarié privé en France augmentait de 6% en moyenne, il déclinait de 1% dans les espaces ruraux et périurbains isolés.

Les résultats de ce baromètre reflètent la métropolisation croissante de l’économie, et illustrent la fracture territoriale qui a contribué à la crise des gilets jaunes. Aussi, selon Nicolas Bouzou, dans un contexte de concurrence territoriale, différentes stratégies sont observées. D’un côté, certaines métropoles s’efforcent d’attirer les entreprises et les habitants d’autres territoires. Mais une autre stratégie est plus intéressante sur le plan national : celle de faire croître les entreprises et la qualité des emplois déjà présents. C’est le pari qu’ont mené des métropoles comme Clermont-Ferrand ou encore Grenoble.

Avant les élections municipales et un nouvel acte de décentralisation qui devrait élargir les pouvoirs des communes en matière de transport, d’énergie et de logement, Nicolas Bouzou évoque le besoin de leur mettre à disposition des compétences de haut niveau, en finance et en ingénierie. Un objectif que devrait favoriser la création de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), votée en juillet dernier et « censée pallier le manque d’ingénierie des collectivités les plus fragiles ».

E.A.

Lien vers le dossier EPN : Inégalités des territoires face à la création d’emploi… Quelles solutions ?

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