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Emplois verts : formation permanente

Les acteurs de la COP21 promettent de prendre des décisions pour favoriser l’inversion de la courbe de pollution de la planète. Une évolution que certaines entreprises ont déjà engagée et qui a transformé leur recrutement et les besoins de formation. 

Publié le 02/12/2015 Mise à jour le 23/03/2018

Travailler en protégeant l’environnement, on en rêve et les discours autour de ces métiers sont prometteurs. Créations d’emplois, professions à inventer, innovations à porter, pour quiconque s’intéresse à ces activités, l’avenir se colore en vert. Selon l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, 447 500 emplois (en équivalent temps plein) sont pourvus sur le marché de l’emploi de l’économie verte, notamment dans les secteurs du traitement des déchets et des eaux usées. Les prévisions sont également au beau fixe : 240 000 emplois supplémentaires créés d’ici à 2020 pour le Centre international de recherche sur l’environnement et le développement, et 825 000 d’ici à 2050 selon l’ADEME.

Une progression en flèche qui doit être portée par la formation. Pourtant, au moment de passer à l’action et de s’orienter ou de se réorienter, la jungle des formations et les noms de métiers souvent inconnus peuvent facilement perdre les intéressés. « Il ne faut pas confondre les métiers verts et les métiers verdissants, qui ne sont pas tout à fait la même chose »,

indique Emmanuelle Porcher, chargée de mission formation au CLER, réseau professionnel pour la transition énergétique et association agréée de protection de l’environnement.

Verts ou verdissants

La distinction s’impose. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), définit les métiers verts comme les « emplois dans l’agriculture, l’industrie manufacturière, la recherche et développement, l’administration et les services qui contribuent de manière substantielle à préserver ou à restaurer la qualité de l’environnement ». En revanche, les métiers verdissants sont ceux qui ne sont pas directement liés à l’environnement, mais intègrent les contraintes environnementales à leur pratique.

C’est notamment le cas pour des activités comme le secteur du bâtiment ou de l’industrie dont les professionnels doivent se former pour répondre aux exigences de la protection de la planète. « Depuis 2012, une nomenclature claire des différentes métiers autour de l’environnement existe, et on peut ainsi identifier des formations qui correspondent à ces emplois-là »,

explique Chantal Labruyère, chargée de mission sur la mesure de l’impact de la transition écologique sur l’emploi et la formation, au Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications).

La RSE omniprésente

Ces formations sont proposées par les écoles et universités du CAP au master 2, en passant par le BTS. « Lors d’une étude sur la prise en compte du développement durable dans les diplômes d’encadrement, on constate que la notion de Responsabilité sociétale et environnementale (RSE) s’intègre toujours plus dans les dénominations des diplômes ou dans les modules, indique Chantal Labruyère. Par ailleurs, les financeurs des organismes de formations comme les Régions mentionnent la nécessité d’intégrer cette notion dans leur cahier des charges ».

En outre, des nouveaux métiers se créent, et dans tous les secteurs. De l’économe de flux (personne chargée d’optimiser la dépense énergétique d’une entreprise), aux métiers du commerce équitable ou éthique, le développement durable pénètre le monde de la formation. Même si la crise économique n’a pas épargné le monde du développement durable, avec une insertion professionnelle légèrement plus lente pour les jeunes diplômés et un ralentissement d’activité pour certaines entreprises, l’impact reste assez léger. « L’évolution de ce secteur d’activité est permanente, et des nouveaux besoins sont incessants », explique Caroline Renoux, fondatrice du cabinet de recrutement Birdeo, spécialisé dans les métiers du développement durable.

Evolution permanente

Il y a une vraie géolocalisation de certains emplois : si le plus gros d’entre eux se trouve à Paris, en raison de la présence de nombreux sièges sociaux d’entreprises qui verdissent leur pratique, les emplois dans les énergies renouvelables, par exemple, seront plus nombreux dans le sud du pays. Avec tous les secteurs touchés par la nécessité de verdir leurs pratiques,  avec les politiques de développement de l’éolien en mer, de la rénovation thermique, avec la mutation des centres urbains en villes intelligentes, … la promesse de création d’emplois un peu partout semble vouloir être tenue. « Ce sont des métiers où, si la formation est nécessaire pour maitriser les compétences requises, être tourné vers l’extérieur est encore plus important, conseille Caroline Renoux. Les évolutions technologiques sont si rapides que s’en tenir constamment informé est fondamental ». Selon elle, fréquenter les conférences, les festivals et autres événements tournés vers le développement durable et l’écologie, favorisent la rencontre, qui favorise l’emploi. « Dans ces métiers plus qu’ailleurs, je crois, argue-t-elle, le réseau est important, mais la motivation l’est encore plus : j’ai déjà vu des embauches liées à une rencontre ».

Et si, en marge des négociations étatiques, la COP21 se révélait être un lieu de recrutement…

Amandine Ascensio

Pour en savoir plus sur les formations aux métiers verts sur Pole-emploi.fr 

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