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Marché du travail

Etude APEC : L’économie sociale et solidaire suscite un intérêt croissant chez les cadres

Acteur économique de premier plan, l’Économie sociale et solidaire représente 10% du PIB et près de 12,7% du total des emplois privés en France. L'Observatoire de l'emploi cadre de l'APEC a radiographié dans une étude le marché de l'emploi cadre dans le secteur, en partenariat avec le Conseil national des chambres régionales de l'économie sociale et solidaire (CNCRESS).

Selon les résultats de cette étude menée au mois d’octobre, l’ESS offre 16 800 offres d’emploi cadre à pourvoir. 66% d’entre elles sont publiées par des associations, 14% par des coopératives, 14% par des mutuelles et 6% par des fondations. A noter qu’en plus de ces quatre statuts qui constituent les piliers de l’ESS, la loi du 31 juillet 2014 a ajouté une cinquième pierre à l’édifice, celle des sociétés commerciales non coopératives de l’ESS (seulement 1% du total des offres d’emploi de cadre dans l’ESS).

Ces offres d’emploi dans l’ESS représentent 3,3% de l’ensemble des offres d’emploi de cadre, soit presque autant que la part des emplois cadres de la distribution généraliste, ou encore que celle dans les affaires comptables et juridiques. Parmi les principaux domaines professionnels qui composent le monde associatif, on trouve des activités culturelles et éducatives, ainsi que de nombreuses structures d’action sociale (ainsi, environ 60% des emplois du secteur médico-social se trouvent dans des associations).

Des emplois plus précaires, mais bien répartis sur le territoire</h »>

Deux caractéristiques distinguent les offres d’emploi de cadres dans l’ESS. D’une part, leur maillage territorial relativement homogène, incluant les zones rurales, du fait des nombreuses structures de proximité qui composent le secteur. Ainsi, la proportion d’offres d’emploi de cadres dans l’ESS par rapport à l’ensemble des offres d’emploi de cadres est plus élevée dans certaines régions, notamment la Bretagne (4,7%), la Normandie (4,7%) et les Hauts-de-France (4,4%).

D’autre part, ces emplois présentent souvent des conditions moins favorables que ceux du reste de l’économie, avec une part de CDI plus faible. Ainsi, en 2018, les offres d’emploi cadre proposées par les entreprises de l’ESS comptaient une part de CDD trois fois plus importante que celles publiées par les entreprises classiques, 19% contre 6%. D’après les auteurs, cela s’explique par le fait que les entreprises de l’ESS, et notamment les associations, doivent composer avec la pérennité incertaine de leurs financements (subventions, mécénat…). L’étude note également un léger différentiel de rémunération moyenne, puisque le salaire moyen des cadres en poste s’élève à 46 000 euros bruts annuels dans l’ESS, pour 50 000 euros chez l’ensemble des cadres.

Des valeurs qui se diffusent au-delà de l’ESS

Un dernier point soulevé par l’APEC est celui des valeurs promues dans l’ESS, telles que la solidarité et l’utilité sociale. Ces valeurs constituent un des principaux « leviers d’attractivité », mis en avant dans les offres du secteur. Aussi les auteurs évoquent-ils la nécessité pour les candidats de « posséder une bonne connaissance de l’écosystème de l’ESS » (modèles économiques, acteurs, fonctionnement, etc).

L’étude conclut en attirant l’attention sur la diffusion des valeurs « humaines » ou « sociétales » par des entreprises ne relevant pas des statuts de l’ESS, ainsi que sur les évolutions juridiques, intégrant des sociétés commerciales aux statuts de l’ESS. Ainsi, si les frontières de l’Economie sociale et solidaire sont parfois floues, les valeurs qu’elle déploie suscitent un intérêt qui traverse toute la société.

E.A.

https://corporate.apec.fr/home/nos-etudes/toutes-nos-etudes/les-besoins-en-competences-cadre.html

En savoir plus

La loi ESS du 31 juillet 2014 a rappelé les principes de fonctionnement de l’économie sociale et solidaire :

  • un but poursuivi autre que le partage des bénéfices
  • une gouvernance démocratique, définie et organisée par les statuts
  • une gestion qui consacre la majorité des bénéfices à l’objectif de maintien ou de développement de l’activité de l’entreprise, dont une partie est mise en réserves obligatoires impartageables

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