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Marché du travail

Formation dans les TPE : des pratiques très diverses

Selon le Cereq, le recours ou non à la formation continue dans les petites entreprises dépend en grande partie de leurs stratégies de développement.

Le constat est connu : les petites entreprises forment moins leurs salariés que les plus grandes. Mais à y regarder de plus près, leurs pratiques de formation se révèlent très hétérogènes. Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) a récemment apporté un éclairage nouveau sur les pratiques de ces petites entreprises. Le volet employeur de l’enquête Defis dessine ainsi trois configurations de TPE selon leurs stratégies de développement. Les TPE « managériales et formatrices » visent avant tout la croissance et sont les plus proches des grandes entreprises. Les TPE peu formatrices sont réparties en deux. D’un côté, les « traditionnelles » qui se limitent aux formations réglementaires, de l’autre, les « entrepreneuriales », spécialisées, qui privilégient l’apprentissage au travail, faute de trouver les formations recherchées sur le marché.

Les « managériales » n’ont rien à envier aux grandes

Les entreprises « managériales » rassemblant 37% des petites entreprises, se caractérisent par un profil de dirigeants bien spécifique : « très majoritairement diplômés du supérieur, ils visent avant tout la croissance de l’activité de leur entreprise », notent les auteurs de l’étude. Ces entreprises sont plus d’une sur trois à être insérées dans un groupe, un réseau d’enseigne ou une franchise. « Leur positionnement sur des stratégies innovantes et des services spécialisés, contribue à faire du développement des compétences de leurs salariés un enjeu central », poursuit l’étude. Dès lors, ces entreprises se distinguent par une politique de formation tout aussi développée et institutionnalisée que celle de grandes entreprises, ce qui se traduit par exemple par la désignation d’une personne dédiée à la formation (71%). Dans ces entreprises, l’attention portée à la formation peut être également liée au dynamisme de l’emploi : plus d’un quart de ces entreprises ont un effectif en hausse depuis trois ans, et les trois quarts ont recruté de nouveaux salariés.

Développer les compétences par le travail

Dans les petites entreprises « traditionnelles », les dirigeants, peu diplômés, cherchent surtout à maintenir l’activité. Cela se traduit par un recours moindre à la formation : seul un salarié sur quatre a accédé en 2014 à la formation, et pour des raisons principalement réglementaires (41%). Caractérisées par une main-d’œuvre principalement ouvrière (45%), ces entreprises sont présentes dans l’ensemble des secteurs où se concentrent les petites structures, notamment la restauration, le BTP et la réparation automobile. « Elles sollicitent moins fréquemment les OPCA, CCI ou consultants, et s’adressent à leur expert-comptable lorsqu’il s’agit de remplir les obligations administratives », expliquent les auteurs de l’étude.
Dans la 3ème catégorie d’entreprises, les « entrepreneuriales », les dirigeants accordent une place importante à la formation obligatoire mais, comme dans les « traditionnelles », ils cherchent à développer les compétences dans et par le travail, plutôt que dans un cadre organisé. 57% d’entre eux considèrent que les compétences s’acquièrent principalement dans le travail. Ces entreprises ont davantage recours à l’apprentissage (34% contre seulement 23% pour les traditionnelles).

N.S.

(*) Bref n° 369, La formation dans les petites entreprises, reflet de leurs orientations stratégiques, Cereq, décembre 2018

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