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Marché du travail

Garantie jeunes : le travail d’abord

La multiplication des expériences de travail privilégiée par le dispositif, généralisé en 2017, semble faire ses preuves.

Offrir aux « décrocheurs scolaires » ayant entre 18 et 25 ans, qui sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, et en situation de grande précarité sociale, un accompagnement renforcé assorti d’un revenu équivalant au RSA. Tel est l’objectif de la garantie jeune. Il s’agit d’un contrat d’un an entre un jeune et une mission locale. Le bénéficiaire reçoit une allocation mensuelle d’un montant maximum de 480,02 €. En échange, il doit suivre les conseils de la mission locale pour retrouver un emploi. Le suivi par les missions locales est collectif les premiers mois, puis individuel, il comprend des périodes d’immersion en entreprise.
Selon une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 178 200 jeunes en ont bénéficié entre le début de l’expérimentation en 2013 et sa généralisation en 2017. Le gouvernement prévoit de quintupler ce chiffre d’ici la fin du quinquennat en y consacrant 3 milliards d’euros.

Tous les États membres doivent garantir aux jeunes de moins de 25 ans une offre d’emploi ou une formation dans les quatre mois suivant une perte d’emploi ou la sortie du système éducatif.

Développer l’autonomie des jeunes

Le principe de ce programme d’accompagnement est d’assurer « l’emploi d’abord » (logique dite du « work first ») par la multiplication des mises en situations professionnelles. « L’objectif de l’accompagnement est de créer des liens directs, immédiats et privilégiés entre les jeunes et les employeurs », peut-on lire dans le cahier des charges de la Garantie jeunes.
Au-delà des seuls effets sur l’emploi, la Garantie Jeunes vise plus largement à favoriser l’accès des jeunes à une plus grande autonomie. Selon Catherine Ehrel et Jérôme Gautié* : « la Garantie jeunes repose sur le pari que la mise en situation professionnelle peut se faire sans préalable ou presque, et que c’est de la multiplication de ces expériences que résulteront la mise en évidence de compétences et l’acquisition de savoirs, la construction de l’autonomie et l’émergence d’un projet, conditions d’une insertion sociale et professionnelle réussie ». Le contact avec les entreprises n’est donc plus un aboutissement, mais une étape du parcours lui-même.

Une précédente étude de la Dares** révèle de son côté que les jeunes décrochent un entretien d’embauche chaque mois de l’année qui suit l’entrée en Garantie jeunes. Cette « fréquence est plus élevée que dans les autres dispositifs », souligne-t-elle. « L’accompagnement collectif par un binôme, dans le cadre d’ateliers au cours des premières semaines, a été souvent perçu comme la plus grande innovation du dispositif par rapport aux pratiques existantes », notent par ailleurs les auteurs de l’étude.
L’étude quantitative confirme qu’un peu plus d’un quart (23%) quitte le dispositif avant les 12 mois, 11% des bénéficiaires sortent du dispositif pour cause de sanction, et 6% abandonnent.

La France, bien placée en Europe

En Europe, tous les États membres doivent garantir aux jeunes de moins de 25 ans une offre d’emploi ou une formation dans les quatre mois suivant une perte d’emploi ou la sortie du système éducatif. Les pays scandinaves ont été les premiers à instaurer des dispositifs de garantie jeunesse dès les années 1980-1990. Un soutien financier européen (via l’Initiative européenne pour la jeunesse, dotée initialement de 6,4 milliards d’euros) a ainsi été mis en place pour les régions où le taux de chômage avait dépassé 25% en 2012. Selon la Dares* : « les dispositifs mis en œuvre dans les pays peuvent varier, mais le principe commun est de mettre en avant la notion de garantie et donc de droits pour les jeunes, tout en offrant une gamme de mesures actives de politique de l’emploi ». Il en ressort « une position plutôt favorable de la France, que ce soit en termes de niveau de dépenses, de couverture des populations cibles ou encore, d’un point de vue qualitatif, de mise en œuvre d’un suivi spécifique pour ses bénéficiaires », conclut l’étude.

N.S.

(*) La Garantie jeunes : éléments d’évaluation et de comparaison internationale, Travail & Emploi 2018/1 (n°153), Dares
(**) Rapport final d’évaluation de la Garantie jeunes, février 2018

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