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Géographie mondiale de l’emploi

Dans son atlas, Le Dessous des cartes, Itinéraires géopolitiques, Jean-Christophe Victor laisse à voir les puissances émergentes et les influences à l’oeuvr

Publié le 22/11/2011 Mise à jour le 20/04/2018

Un monde en train de se faire sous nos yeux… L’année 2011 sera marquée par l’influence des géographes, comme pour pallier à un sentiment de désorientation générale et de pensée fragmentée. Emblématique de cette discipline qui  s’affirme dans le pouvoir intellectuel français, l’exploration cartographique du monde proposée par  Jean-Christophe Victor, le géopoliticien et animateur du magazine Le Dessous des cartes sur Arte. Sous forme d’un atlas de 300 cartes, « Le Dessous des cartes, itinéraires géopolitiques » (Tallandier-Arte) expose, de façon rigoureuse et saisissante, le redéploiement des rapports de force entrepris par l’économie, la forte crise écologique et ses conséquences tout azimut, mais aussi l’extraordinaire complexité de la mondialisation. Contrairement à ce que l’on imagine trop souvent, cette mondialisation tient plus de la grande complexité des motifs d’un tapis persan que de la simplicité de l’album à colorier.
Jean-Christophe Victor scanne et analyse les basculements du monde en train de s’opérer, ses violences réelles et symboliques, et le jeu des frontières, visibles ou invisibles.

Le grand défi du savoir et de la connaissance

« Moins de conflits, plus d’enfants scolarisés, des budgets de santé plus élevés » font partie des bonnes nouvelles énoncées. Si dans certains domaines, le monde respire mieux (ou un peu mieux), des cartes laissent à voir également la formidable bataille autour de l’éducation et des savoirs actuellement redéployés dans le monde.
En l’occurrence, les changements s’avèrent impressionnants. En une petite décennie, l’enseignement supérieur est devenu un enjeu stratégique en termes d’économie et d’emplois. Selon l’UNESCO, le nombre d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur serait ainsi passé de 97 millions en 2000 à 159 millions en 2008. Cinquante et un pour cent de ces étudiants sont des femmes, mais elles sont 57% en Grande-Bretagne, 58% en Arabie Saoudite et seulement 38% en Corée du sud. Mais c’est à Séoul que le choix d’études supérieures sur les filières à fort potentiel technologique (ingénierie, industrie, construction, science) est le plus massif. On perçoit ainsi en creux, les secteurs d’activité professionnelle les plus dynamiques d’un pays, voire, explique l’auteur, « certains choix de politique nationale », les étudiants se trouvant parfois en résonance avec les choix d’investissement dans la R&D du pays.

« L’Asie est la principale région d’origine des étudiants internationaux en 2009 », avance le géographe. L’Union Européenne connaît la plus forte mobilité intra-européenne, tout juste suivie par les Etats-Unis, mais hors OCDE, des pays comme la Malaisie, Singapour, le Qatar et les Emirats sont en train de devenir des pôles d’excellences.

Les fragilités industrielles, entrepreneuriales et de recherche se dessinent également dans ces cartes : Sur les 10 premières entreprises les plus innovantes dans le monde, en nombre de brevets déposés, trois sont européennes (Pays-Bas, Allemagne et Suède). Championne de cette géographie de l’innovation, le Japon avec Panasonic et ses quelques 2154 brevets déposés en 2010, il est suivi du Chinois ZTE et 1868 brevets, talonné lui-même par l’américain Qualcomm et 1677 brevets. La Chine et la Corée du Sud se démènent dans le peloton. « Comparée aux deux autres Etats de la triade (Etats-Unis et Japon), l’Europe semble ralentir, comme le témoigne l’échec de la stratégie de Lisbonne qui avait été lancée en 2000 pour faire de l’UE la région du monde la plus compétitive en matière d’économie de la connaissance, rappelle Jean-Christophe Victor. L’objectif de consacrer 3% du PIB national à la R&D n’a été atteint que par deux Etats membres (Finlande et Suède) et la moyenne européenne (1,9%) reste largement en dessous des dépenses américaines et japonaises. » Un monde en train de se faire mais qui reste à dessiner.

Emmanuel Lemieux pour www.lesinfluences.fr

Le dessous des cartes, itinéraires géopolitiques, de Jean-Christophe Victor, Arte Editions-Tallandier, 224 pages, 29 €. Sortie : 17 novembre 2011
www.ddc.arte.tv

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