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Grand Paris : comment former pour des emplois que l’on ne connait pas encore ?

L’énorme chantier du Grand Paris peut générer jusqu’à 300 000 emplois indirects. Quels emplois ? Le Conseil régional lance un audit et s’accorde au moins un an pour peaufiner les formations des métiers du futur.

Toutes les régions sont chargées de l’élaboration des schémas pour la formation professionnelle et continue. C’est de leur compétence. Mais caler des schémas de formation pour des emplois dont on ne connait pas toujours la nature et dont ne sait pas précisément quand ils verront le jour dans les 15 ou 20 prochaines années, est un challenge assez rare. Il l’est encore plus lorsque le nombre de ces emplois créés est évalué entre, hypothèse basse, 115 000 et, hypothèse haute, 315 000 emplois. C’est le challenge que va affronter le Conseil régional d’Ile de France avec la création du Grand Paris.

C’est du jamais fait encore. D’autant qu’à cette estimation de créations emplois liées au regain de développement économique du à la révolution des transports, il faut ajouter les 57 000 emplois induits directement par le chantier en lui-même. L’impact du Grand Paris sur les emplois dans le BTP est en effet considérable, puisque d’ici 2018, 18 000 emplois devront être pourvus dans le secteur, dont 12 800 sont liés à l’augmentation d’activité attendue par les travaux du Nouveau Grand ParisTraduction, hors BTP, pour les + de 5 000 organismes de formation divers en Ile de France : une manne de 750 000 heures de formation supplémentaires. L’affaire n’est pas mince et le conseil régional lance dès cet automne, alors qu’aucun coup de pioche n’a encore été donné pour le nouveau réseau de transports (32,5 milliards au minimum d’ici 2030) une étude pour identifier d’une part les métiers qui seront les plus sollicités par le projet du Grand Paris et d’autre part les « nouveaux métiers » potentiels liés notamment aux évolutions économiques (économie verte, économie numérique, services à la personne, etc.). Il va donc établir une typologie et un phasage des besoins de main d’œuvre et définira un plan de formation et proposer dans la foulée des méthodes de travail transversales entre les branches professionnelles qui interviennent sur le Grand Paris.

Le dossier ne s’annonce pas facile. D’abord à cause de l’impressionnante liste d’organismes à mettre dans la boucle et à coordonner : Etat, Région, partenaires sociaux et entreprises via  les OPCA, Pôle emploi, l’AFPA, les autorités académiques, le CESER, les branches professionnelles, la Société du Grand Paris, les opérateurs de transport, les organismes fournisseurs d’étude, les chambres consulaires, les opérateurs de l’orientation, de la formation et de l’emploi, etc… Ensuite à cause d’une particularité de l’Ile de France qui est la seule région où les financements dévolus à la formation continue des actifs occupés (795 millions d’euros en 2010) sont plus importants que ceux ciblés vers la formation des demandeurs d’emploi (499 millions d’euros en 2010). Les responsables de la Région n’ont jamais compris totalement la raison de cette particularité (la forte présence de sièges sociaux en Ile de France semble toutefois assez déterminante), mais elle posera éventuellement un souci. Ne serait-ce que la priorité que veulent donner les pouvoirs publics à l’embauche des chômeurs et des jeunes dans les villes ou seront les 57 nouvelles gares du Grand Paris. Enfin, à cause des inconnues qui pèsent sur la nature même des entreprises et des emplois proposés par ceux que le Grand Paris va entrainer. Des chaînes logistiques qui se développent entre Roissy et le Bourget aux start up et PME qui vont se greffer autour du pôle de Paris Saclay, l’éventail est extrêmement large.
 
Le Conseil régional va donc s’engager prudemment dans la réflexion : après une première phase de concertation en ce moment pour un premier diagnostic partagée, il va démarrer en décembre un groupe de travail sur la « Mesure d’impact « emploi – formation » du NGP » vise à élargir le groupe de travail initial, en fédérant l’ensemble des acteurs de l’emploi et de la formation concernée. Phase 1 on cadre, phase 2 on quantifie, phase 3 on partage et on discute. Tout cela pour une analyse que la Région veut pertinente à moyen (2020) comme à long terme (2030). C’est en tout cas l’un des plus importants chantiers de réflexion sur la formation mené par une région.

Antoine Clause

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