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Handicap invisible : comment se faire entendre ?

Rencontre avec Victoria Lahouel ambassadrice pour la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH).

Victoria Lahouel a 27 ans et déjà un long parcours professionnel derrière elle, fait de nombreuses embuches et de beaucoup de frustration. Elle souffre d’un handicap invisible, l’hypersomnie idiopathique, autrement dit une somnolence excessive et persistante. Ayant finalement décroché un CDI avec le concours de LADAPT, une association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, elle a décidé de s’engager auprès de l’association en endossant le titre d’ambassadrice pour la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH).

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter d’être l’ambassadrice de la SEEPH 2019 ?

C’est une cause qui me tient, bien entendu, à cœur. Même si on est reconnu comme travailleur handicapé, il faut encore et toujours dire que nous sommes capables d’avoir un emploi, comme tout le monde. Il est important de le faire comprendre. Il ne faut pas avoir peur de nous recruter !
Cette année est axée plus spécifiquement sur le handicap invisible, un sujet qui me touche particulièrement, pour y être confrontée au quotidien.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel ? Quelles difficultés avez-vous le plus souvent rencontrées ?

Mon parcours a été très difficile. Nous avons mis un nom sur ma pathologie à 19 ans et j’ai été reconnue comme travailleuse handicapée. J’ai eu un premier poste mais mon employeur n’arrivait pas à comprendre que je souffrais d’un handicap. Au bout d’un an, mon contrat n’a pas été renouvelé. J’ai accumulé ensuite des expériences, mais elles n’ont pas été concluantes. Il y avait toujours une excuse pour ne pas me garder, sans reconnaissance de mon handicap. Si j’arrivais à me faire recruter, mon poste n’était pas aménagé en fonction de ma pathologie. J’ai parfois dû travailler 35 ou même 50 heures par semaine et j’étais tellement fatiguée que j’ai souvent due être hospitalisée.
Puis, j’ai fait des démarches auprès de LADAPT. L’entretien a été concluant. Au bout d’un mois, j’ai trouvé un poste d’hôtesse de caisse dans un supermarché, en CDI. Je travaille aujourd’hui 25 heures par semaine, avec la possibilité de prendre des pauses.

Qu’est-ce qui a changé pour vous ?

J’ai repris confiance en moi. J’ai la sensation d’être écoutée et soutenue, et cela fait du bien. Je suis vraiment accompagnée à toutes les étapes. Avant, lors du recrutement, je me sentais dans l’obligation de parler de mon handicap, par honnêteté mais aussi pour des raisons de sécurité. Les entretiens étaient une véritable corvée pour moi, c’était très dur. Aujourd’hui, étant désormais dans un dispositif d’emploi accompagné, c’est tout autre chose. Je suis accompagnée et mon employeur aussi. C’est une relation gagnant-gagnant, car je suis d’autant plus motivée et investie dans mon travail si mes conditions de travail me le permettent et que je me sens reconnue.

Qu’auriez-vous envie de dire à d’autres personnes en situation de handicap qui sont en recherche d’emploi ?
Qu’il ne faut surtout pas se décourager. Des outils et dispositifs sont mis en place à destination des personnes handicapées, comme l’emploi accompagné. Il ne faut pas hésiter à en profiter. Et de manière générale, il faut foncer, aller droit devant, c’est comme ça qu’on fait bouger les choses !

S.B.

80 % des personnes en situation de handicap souffrent d’un handicap dit invisible
50 % des personnes en situation de handicap à la recherche d’emploi sont des femmes
7 % des personnes en situation de handicap ont un statut de cadre, alors que ce taux est de 18 à 20 % pour le reste de la population

La SEEPH était axée cette année sur 3 thématiques majeures : le handicap invisible, les femmes et l’apprentissage. Entre le 18 et 24 novembre 2019, LADAPT a organisé des manifestations dans toute la France, et notamment :

  • Des Handicafé© dans des villes comme Bourges, Fougères, Nantes ou Lille, permettant la rencontre entre candidats et recruteurs autour d’un café, dans un cadre « rassurant »
  • Des Handi Mouv’Emploi©, pendant lesquels des personnes en situation de handicap font du porte à porte dans les entreprises pour sensibiliser et recueillir des offres d’emploi
  • Profil’Screening, une plateforme en ligne de recrutement pour mettre en relation l’offre et la demande.

Découvrir tous les événements et les dispositifs mis en place pour la SEEPH

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