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Insertion professionnelle des Bacs pro : des progrès peuvent encore être faits

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Insertion professionnelle des Bacs pro : des progrès peuvent encore être faits

Tandis que les étudiants ont pris connaissance des résultats du baccalauréat, jetons un coup d'oeil sur l’insertion professionnelle des Bacs pro !

En France, un tiers des bacheliers sont des bacheliers professionnels. En 2015, ils étaient 176 646 à avoir obtenu ce sésame qui ouvre la voie désormais à la poursuite d’études plus qu’au marché du travail.

A l’occasion des 30 ans du diplôme, la revue Formation et Emploi (N°131) s’est interrogée, entre autre chose, sur la finalité professionnelle du dernier-né des baccalauréats français. Car, désormais, plus d’un tiers (35 %) des bacheliers des filières professionnelles accède à une poursuite d’étude (majoritairement dans une section de technicien supérieur (STS) pour préparer un BTS). Une évolution qui remettrait en cause, selon certains, la « légitimité professionnelle » du diplôme, conçu à l’origine pour favoriser l’insertion immédiate des jeunes sur le marché du travail.

Le Bac pro est-il vraiment professionnel ?

Le passage, en 2009, d’un cursus de quatre à trois ans a, certes, rendu les bacs pro plus attractifs pour certains et a permis à d’autres de reprendre goût aux études. Mais ces succès ne concernent qu’une partie des jeunes. Pour les universitaires Pierre-Yves Bernard et Vincent Troger, « la réforme a créé de nouveaux clivages entre ceux qui intègrent avec succès des formations supérieures, et d’autres qui alternent emplois précaires et formations de remédiation ». Ainsi, en février 2015, sept mois après l’obtention de leur diplôme, 43 % des bacheliers professionnels sont au chômage (Depp 2015). Selon l’enquête du Cereq Génération 2010, réalisée en 2013, trois ans après l’obtention d’un bac pro, un jeune sur cinq est encore en recherche d’emploi.

« Quel que soit le niveau de formation, obtenir le diplôme demeure déterminant dans l’insertion des jeunes », souligne Nathalie Marchal à la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Education nationale. En février 2015, sept mois après la fin de leurs études professionnelles, le taux d’emploi  était de 44,3 % pour les diplômés contre 30,2 % pour les jeunes qui n’avaient pas obtenu leur bac pro.

Des emplois majoritairement à durée déterminée

Outre le manque de débouchés, la qualité des emplois est en cause également. Deux tiers des emplois occupés sept mois après la sortie du lycée sont des emplois temporaires. En février 2015, les bacheliers professionnels occupent principalement un emploi à durée déterminée (42 % des cas), sont en intérim (19 %), en contrat de professionnalisation (9 %) ou en contrat aidé (3 %). Lorsqu’ils travaillent, un quart des anciens lycéens sont embauchés sur des emplois à temps partiel. Le temps partiel concerne particulièrement les jeunes filles (44 %) qui s’orientent principalement vers les filières du tertiaire et de la vente.

Des mesures d’aide à l’insertion

Dans un rapport rendu public le 8 juin dernier, le conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) lance un appel pour « réinventer l’enseignement professionnel ». Le gouvernement a d’ores-et-déjà mis en place une politique de quotas pour donner la priorité aux bacheliers professionnels en STS. C’est effectivement dans ces filières qu’ils réussissent le mieux : près de six bacs pro sur dix (59,4 %) se présentant à l’examen obtiennent le BTS (85,2 % pour les bacheliers généraux). De nouvelles mesures (préparation à l’arrivée en milieu professionnel, possibilité de revenir sur les choix d’orientation…) sont en préparation pour la rentrée 2016. Pour mieux insérer les jeunes dans l’emploi, « c’est tout le système d’alternance qui doit être mobilisé », déclarait la ministre de l’Education nationale le 29 janvier dernier, lors des journées nationales portes ouvertes des lycées professionnels.

 

NS

 

Plus de détails sur le rapport du Cnesco : www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2016/06/Preconisations_EP.pdf

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