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Insertion professionnelle des jeunes : faut-il changer de méthode ?

Les écoles de production et de la deuxième chance connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt. À la clé, des méthodes d’apprentissage innovantes pour lutter contre le chômage des jeunes.

Faire pour apprendre plutôt qu’apprendre pour faire : c’est le credo des écoles de production. Si le concept est ancien – le premier établissement a ouvert en 1882 –, le développement de ces écoles d’un autre genre est récent : 25 structures sont désormais labellisées par la Fédération nationale des écoles de production (FNEP). Il n’y en avait qu’une dizaine jusqu’aux années 2000.
« Il y a eu une prise de conscience autour du décrochage scolaire et une profusion des dispositifs hors contrat », explique Corentin Rémond, délégué général de la FNEP. L’idée consiste à proposer une offre complémentaire au secondaire, entre le centre de formation d’apprentis et le lycée professionnel. Les élèves passent les deux tiers du temps en atelier, le reste en enseignement général, CAP, Bac pro ou un titre reconnu au Répertoire national des certifications professionnelles à la clef pour la grande majorité d’entre eux. Le tout en situation réelle de production. « Les élèves vendent de vrais produits à de vrais clients, sans faire de concurrence déloyale », explique Corentin Rémond, le tout dans un environnement plus protecteur que celui d’une véritable entreprise.

« Les écoles de la deuxième chance ont de très bons taux de résultats : 60% des jeunes ont un emploi ou une qualification qui leur permettra d’avoir un meilleur emploi. »

Une solution pour les décrocheurs

Chaque année, environ 100 000 jeunes quittent l’école sans diplôme en France, selon le Conseil national d’évaluation du système scolaire. Les écoles de production leur sont destinées. Elles forment chaque année 800 jeunes et ont fait leurs preuves. Le taux de réussite aux examens est de 93% selon la FNEP. Mécanique, bois, textile, numérique, restauration… Ces écoles représentent « le modèle de réussite de l’insertion professionnelle des jeunes », selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. D’ici 2022, leur nombre devrait ainsi doubler pour passer de 25 à 50 et le nombre d’apprenants atteindre les 2000. La méthode a par ailleurs les faveurs de nombreux industriels qui peinent, depuis la reprise en 2016, à trouver des candidats en phase avec leurs besoins. « Les résultats sont remarquables », notaient en février, dans une tribune publiée par Les Echos, une vingtaine de personnalités. Les écoles de production, ajoutaient-ils, sont « une solution innovante qui a largement fait ses preuves en matière d’apprentissage ». Selon la FNEP, 100% des élèves ont une « sortie positive » de l’école : 45% poursuivent des études, 55% obtiennent sous deux mois un emploi qualifié (avec jusqu’à cinq offres d’emploi par élève).

Un emploi ou une qualification à la clé

Créées il y a vingt ans à l’initiative d’Édith Cresson, alors commissaire européenne, les écoles de la deuxième chance (E2C) accueillent elles aussi des jeunes « décrocheurs » de moins de 26 ans sortis du système scolaire classique sans formation ni diplôme. 90 000 jeunes sont ainsi passés par une école de la deuxième chance en 2016. « Le but des écoles de la deuxième chance, c’est que le jeune puisse trouver soit un emploi, soit une qualification », a rappelé la ministre du Travail qui a annoncé en juin dernier la création de neuf nouveaux établissements, d’ici à 2022, et l’accompagnement de 6 000 élèves en plus des 15 000 accueillis aujourd’hui dans les 124 sites-écoles que compte la France.
Le parcours de ces écoles repose sur trois volets : une remise à niveau des connaissances de base (français, mathématiques, culture générale, bureautique, savoir-être), des stages en entreprise (qui représentent près de la moitié du parcours) et des activités culturelles et sportives. La scolarité dure entre quatre mois et deux ans, selon le niveau du jeune, avec un parcours moyen de six mois.

À la sortie d’une école de la deuxième chance, le stagiaire reçoit une attestation de compétences acquises. Il peut alors s’orienter vers la préparation d’un CAP ou d’un baccalauréat professionnel ou interrompre sa scolarité s’il a trouvé un emploi. Dans tous les cas, il ressort de l’établissement avec un projet professionnel précis.
« Les écoles de la deuxième chance ont de très bons taux de résultats : 60% des jeunes (qui en sortent) ont un emploi ou une qualification qui leur permettra d’avoir un meilleur emploi plus tard », a déclaré la ministre du Travail, à l’occasion du vingtième anniversaire de la première école de la deuxième chance en Europe, créée à Marseille en avril 1998. L’État devrait investir 12 millions d’euros dans le programme de formation et de modernisation des E2C.

N.S.

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