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Insertion : un bon cru pour la promo des jeunes diplômés du supérieur 2018. Quid de la promo 2020 ?

Dans son baromètre 2020 de l'insertion des jeunes diplômés, l’APEC pointe une très bonne insertion de la promotion 2018 des jeunes diplômés du supérieur, tout en notant pour certains la précarité de leurs statuts et un chemin compliqué d’accès à l’emploi. Sans surprise, la crise sanitaire du Covid-19 fragilise cette tendance favorable pour les promotions suivantes.

Chaque année, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) publie un Baromètre de l’insertion des jeunes diplômés, 12 mois après l’obtention de leur diplôme. Dans le cadre de ce suivi, ont été interrogés 500 jeunes diplômés de niveau Bac +3/4 et 1000 jeunes diplômés de niveau Bac +5 ou plus, ayant obtenu leur diplôme en 2018 et résidant en France métropolitaine.

Une insertion élevée des jeunes diplômés de la promo 2018

Le premier enseignement du baromètre est le niveau élevé d’accès à l’emploi dans les deux catégories interrogées : 94 % des jeunes ont déjà connu une première expérience professionnelle dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme. Un taux d’insertion stable depuis 2016.

12 mois après l’obtention de leur diplôme, 85% des jeunes diplômés de niveau Bac +5 sont employés, démontrant ainsi une insertion très favorable dans un contexte jusqu’alors porteur et stable. Ce taux s’élève à 82% pour les diplômés Bac +3/4.

La réponse à une offre d’emploi demeure le premier canal d’accès à l’emploi occupé (26% pour les Bac +5 et plus, 23% pour les Bac +3/4). Preuve de son efficacité, la candidature spontanée arrive en seconde position pour les Bac +5 et plus, et ex aequo avec l’offre d’emploi pour les Bac +3/4 (23%). Suivent ensuite le dépôt de CV sur Internet (respectivement 14% et 16%), la suite d’un stage (11% et 8%), le réseau (10% et 7%). La suite d’une alternance arrive en 7ème position (6% et 7%).

Des conditions d’emploi favorables et une satisfaction élevée

Après deux années de hausse, l’accès au contrat à durée indéterminé se stabilise à 69% pour les Bac +5 et plus, 63% pour les Bac +3/4. La rémunération est en hausse de 6,5 % (vs la promotion 2017), pour atteindre 32.000 euros brut/an. Côté statut, 57% sont cadres ou fonctionnaires de catégorie A, 26% agents de maitrise et 17% employés (ou fonctionnaires de catégorie C).

Le niveau de satisfaction des jeunes diplômés rejoint ce contexte favorable d’insertion. 79% d’entre eux déclarent être satisfaits de leur emploi, qui « correspond à leurs aspirations personnelles », un chiffre qui se ressent dans la stabilité professionnelle. En effet, 65% des jeunes interrogés occupent toujours ce premier poste 12 mois après l’obtention de leur diplôme (+7 points par rapport à la promotion 2017).

Des différences selon la taille des entreprises et les types de contrats

Cependant, pour certains de ces jeunes diplômés, des points de fragilité subsistent. Le processus d’accès à l’emploi peut s’avérer fastidieux, se prolongeant parfois, sans pour autant donner accès à un poste correspondant à la discipline de formation et/ou au niveau de qualification (17% de la promotion 2018 a recherché pendant 5 mois ou plus).

Autre difficulté, le fait de ne pas pouvoir accéder à un emploi correspondant à leur formation, à leur niveau de diplômes ou à leurs aspirations. 2 sondés sur 10 décrivent ainsi leur emploi comme un « job alimentaire ». A noter cependant, le sentiment d’inadéquation entre l’emploi d’une part et la qualification, la formation et les aspirations d’autre part est moins prégnant qu’en 2015, 2016 et 2017.

Les jeunes diplômés peuvent également voir leur insertion professionnelle fragilisée par des conditions précaires : temps partiel non choisi pour 8% d’entre eux, contrats non durables tels que des CDD dans 25% des cas, statut non-cadre pour 26% (employé ou catégorie C dans la fonction publique).

Enfin le début de parcours est plus fragmenté dans les TPE-PME : 22% (contre 18% dans les Entreprises de taille intermédiaire/Grandes Entreprises) ont occupé deux emplois ou plus pendant les 12 mois suivant l’obtention de leur diplôme. Un chiffre qui contraste avec la situation dans les Grandes Entreprises de 5000 salariés ou plus, dans lesquelles 86% des jeunes diplômés occupent toujours leur emploi dans leur première année professionnelle. En cause, une situation plus favorable en termes de revenu, de statut et de contrat.

Quelles perspectives suite aux impacts de la Covid-19 ?

La potentielle crise économique faisant suite à l’épidémie de Covid-19 est de nature à renverser la tendance positive de l’insertion des promotions 2019 et 2020. L’APEC envisage pour elles des situations contrastées, entre opportunités pour les jeunes diplômés disposant de « compétences fraiches et pointues », notamment dans le secteur technologique, et des freins majeurs dans les disciplines les moins recherchées au sein d’un marché de l’emploi saturé par la génération supérieure, elle-même en difficulté dans sa recherche d’emploi. Les secteurs concernés sont ici les sciences humaines et sociales, les lettres, langues et arts ou les sciences fondamentales.

D’après une étude récente de l’APEC, les conséquences se font déjà sentir pour les jeunes diplômés du supérieur, avec des périodes d’essai arrêtées, des CDD non renouvelés et des embauches gelées… Le nombre d’offres d’emploi leur étant destinées a chuté de 69 % en avril 2020 par rapport à la même période de l’année précédente. Les secteurs les plus touchés sont la communication et les médias, l’hôtellerie, la restauration, l’automobile et l’aéronautique. Mais les secteurs habituellement les plus pourvoyeurs d’emplois pour les jeunes diplômés du supérieur n’échappent pas à la règle (ingénierie, conseil, gestion des entreprises, informatique).

Pour Philippe Dialynas, directeur général adjoint de l’APEC, « même si nous ne pouvons pas faire de pronostics sur les recrutements de cadres, nous savons que les besoins structurels vont probablement perdurer. En outre, la digitalisation des entreprises, qui s’est accélérée pendant le confinement, va continuer d’offrir des opportunités, notamment aux jeunes issus des filières technologiques. Dans ce contexte, nous devons inciter les entreprises, une fois les conditions de la reprise d’activité atteintes, à ajuster leurs critères de recrutement, afin de ne pas écarter du marché de l’emploi les plus fragilisés, notamment les plus jeunes. »

M.C.

https://corporate.apec.fr/home/nos-etudes/toutes-nos-etudes/barometre-2020-de-linsertion-des.html

https://corporate.apec.fr/home/espace-medias/covid-19-et-insertion-profession.html

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/13/la-crise-percute-la-trajectoire-des-jeunes-diplomes_6042738_3234.html#xtor=AL-32280270

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