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Internet est une bonne nouvelle pour le marché du travail

Internet est, à priori, une très bonne nouvelle pour le marché du travail. Pour le Conseil d’Orientation pour l’Emploi, si quelques régulations sont mises en œuvre et si chacun, demandeur d’emploi ou pas, est formé à son utilisation, le marché du travail sera beaucoup plus efficace.

Publié le 30/03/2015 Mise à jour le 20/04/2018

Le marché du travail est désormais sur Internet, reste à savoir s’il va pour autant mieux fonctionner. C’est le dossier auquel s’est attelé le Conseil d’Orientation pour l’Emploi qui, depuis 2005 étudie les causes du chômage et le fonctionnement du marché du travail.  Sa présidente Marie-Claire Carrère-Gée explique dans un entretien avec Emploiparlonsnet que si « l’évolution est bonne, il ne  faut absolument pas oublier de commencer à réguler ce marché ». Dans une première partie, le COE se livre à une très longue analyse de la manière dont le marché du travail s’est retrouvé en quelques petites années sur Internet.  La messe est dite. Rien ne sert de vouloir contrecarrer l’évolution, l’offre d’emploi se cherche aujourd’hui presqu’entièrement sur Internet, pas ailleurs. Reste à savoir si c’est une bonne chose ou non pour le marché du travail. Le COE pense qu’ « à priori, la réponse est positive».

Quelles informations sur Internet pour un marché du travail efficace ?

L’idée générale de la théorie économique est en effet qu’en augmentant le volume d’informations mises en circulation, ce que fait Internet, on améliore le fonctionnement du marché du travail. Sauf que… c’est peut être « un raccourci trompeur… car le traitement objectif et rationnel de l’information ne va pas de soi ».  Dit autrement, pour que le marché fonctionne de manière optimale, il est « essentiel d’apporter aux candidats une meilleure information afin de rapprocher leur perception de la réalité du marché du travail et de leur permettre de prendre les bonnes décisions ». « D’abord, le volume de l’information disponible explose. Pour les offres comme pour les demandes. Ensuite l’accès à l’information s’est considérablement simplifié ; les offres sont disponibles 24 heures sur 24, tout le monde y a accès et les réponses peuvent être immédiates. Enfin, troisième tendance, le marché du travail s’élargit. »

Marie-Claire Carrère-Gée, président du COE

Pour que les décisions des offreurs comme des demandeurs soient rationnelles « cela suppose de réfléchir aux types d’informations utiles pour les demandeurs d’emploi ainsi qu’à la forme sous laquelle ces informations devraient leur être transmises, étant prouvé que celle-ci influence fortement la prise en compte de l’information par les agents économiques ». Et là Internet est en train d’apporter « une solution vraiment nouvelle aux éventuels dysfonctionnements ou opacités du marché du travail avec plus d’information, plus de transparence, plus de concurrence » et « favorise un meilleur rapprochement de l’offre et de la demande »

Comment Internet peut faire correspondre offre et demande ?

La question essentielle qui peut être résolue avec Internet et le big data, est d’abord celle de l’appariement des offres et des demandes. Pour l’instant on est au stade du balbutiement. D’un côté les recruteurs se plaignant encore d’une hausse du nombre de candidatures reçues en réponse aux offres publiées et de l’augmentation du nombre de candidatures non pertinentes. Ce phénomène, réel ou supposé, serait a minima aggravé par Internet, qui, en facilitant l’acte de candidature, inciterait les candidats à postuler plus largement qu’auparavant. De l’autre les candidats face à la démultiplication de l’information ont de la peine à trouver les bonnes opportunités. D’un côté comme de l’autre « cette information démultipliée demande des capacités de traitement de la part des candidats et des recruteurs, d’autant plus que la plus grande transparence du marché du travail s’accompagne d’une augmentation du « bruit », c’est-à-dire de l’information non pertinente ». L’enjeu est donc dans l’appariement et la capacité de savoir s’y retrouver dans un marché de plus en plus vaste et de plus en plus touffu. C’est l’une des recommandations les plus fortes du COE : «la bonne utilisation requiert néanmoins de connaître les codes de la recherche d’emploi sur Internet et d’être familier des outils numériques, ce qui suppose des apprentissages nouveaux, sauf à créer de nouvelles inégalités liées à la plus ou moins grande maîtrise d’Internet. ». « De nouvelles inégalités sont en train de germer : il existe des gens loin de l’emploi et loin d’internet, d’autres près de l’emploi mais loin d’internet, d’autres encore parfaitement familiers de l’internet mais avec d’énormes problèmes d’accès au marché du travail »

Marie-Claire Carrère-Gée, président du COE

En clair, ce que Marie Claire Carrère Gée explique dans l’entretien, formation de tous, demandeurs d’emploi comme actifs en poste aux techniques du numérique et des réseaux sociaux.

Quelles conséquences concrètes sur le marché du travail ?

Car, souligne le COE, des travaux menés aux Etats-Unis ont montré que « les personnes qui cherchent du travail sur Internet trouvent désormais, toutes choses égales par ailleurs, plus vite que ceux qui recherchent hors ligne…  S’il est très difficile d’évaluer les effets d’un phénomène aussi global et diffus, il est probable qu’Internet induit déjà ou induira à moyen terme une concurrence renforcée sur le marché du travail y compris dans la fixation des salaires, une plus grande mobilité internationale mais aussi interrégionale grâce à la meilleure diffusion de l’information sur les secteurs et régions qui recrutent. A terme, grâce à l’exploitation des nombreuses données sur le marché du travail, Internet devrait ainsi favoriser la réduction du nombre d’emplois vacants ».

Jean-Pierre Gonguet

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