Innovation & Société

Jobijoba, ou le Big Data au service de l’emploi

Agrégateur d’offres d’emplois, Jobijoba, a mis au point des algorithmes qui permettent aux candidats de trouver les meilleures annonces par rapport à leur profil et aux recruteurs de trouver leur perle rare. 

Peut-on proposer aux internautes les offres d’emploi les plus pertinentes par rapport à leurs compétences et leurs profils ? C’est la mission que s’est fixée Jobijoba. Agrégateur d’offres d’emplois, la plate-forme réunit sur son site 95% des offres du marché. « Mais notre ambition, prévient d’emblée le fondateur Thomas Allaire, n’est pas d’être le plus gros mais de rendre le meilleur service. » Le site, accessible également sur mobile ou tablette, regroupe les offres de 400 sites partenaires et s’est largement développé grâce aux technologies du big data. En fonction de la demande et du profil de l’internaute, il analyse et trouve en quelques secondes l’offre dans le bon secteur, avec les bons types de contrat, de salaire, d’expérience, de localisation, enlève les offres qui doublonnent ou élimine les discriminantes… A l’inverse, les algorithmes  peuvent débusquer dans plus d’un million de candidatures référencées, les compétences souhaitées par le recruteur. Un point d’importance qui différencie Jobijoba des autres sites agrégateurs d’offres d’emplois.

« Notre force, poursuit Thomas Allaire est à la fois de très bien connaître la donnée offre d’emploi et d’identifier et d’extraire de manière ultra pertinente les compétences requises. Par rapport à la recherche exprimée, on peut faire des suggestions à plus de deux millions de visiteurs uniques par mois en fonction de l’analyse de leur profil, de leur navigation, de leurs compétences mais aussi des lieux  où ils ont eu des expériences pour leur proposer des opportunités auxquelles ils n’auraient pas forcément pensé naturellement. » Facteur chez les manchots ou chauffeur de la reine d’Angleterre, comme le suggère le site… « Il y a énormément d’offres auxquelles on ne songe pas pour lesquelles on peut avoir des compétences. Grâce aux outils du big data on peut automatiser la personnalisation et permettre à tout le monde de découvrir la perle rare au milieu d’une multitude d’annonces. »

Les profils de candidats très analysés et « requalifiés » par Jobijoba sont redirigés vers le site emploi initial. Des sites généralistes classiques comme Monster ou Région Job, d’autres très spécialisés dans certains secteurs, des sites institutionnels comme celui de Pôle emploi, mais aussi ceux de petites annonces gratuites (Vivastreeet) ou la presse quotidienne régionale. C’est à ce moment-là qu’intervient la rémunération de Jobijoba. Ce sont les sites qui paient, pas les candidats. Chaque clic généré sur le site partenaire rapporte entre 5 et 20 centimes selon le profil recherché. Plus l’offre se situe dans un marché tendu plus la rémunération sera élevée. Un business modèle qui oblige Jobijoba et ses partenaires à être extrêmement précis et à proposer des candidatures de qualité aux recruteurs. L’usage du site est étudié à la loupe et un flux automatique, mis à jour quatre fois par 24 heures, donc quasiment en temps réel, est mis en place avec les sites partenaires afin que Jobijoba ne reçoive que les annonces réellement valides.

Mais la croisade de Jobijoba en faveur de l’emploi, ne s’arrête pas là. Un conseiller virtuel aide le candidat dans la rédaction de son curriculum vitae, dans ses démarches avec les recruteurs, à passer un entretien d’embauche, à mesurer sa e-reputation, à estimer et négocier son salaire… « Nous n’avons pas vocation à remplacer les conseillers emploi qui feront toujours mieux que nos algorithmes, précise Thomas Allaire. Mais nous souhaitons fournir à tous en libre accès des outils utiles. C’est un premier accompagnement. »

Jobijoba peut donc orienter les candidats en fonction de l’état du marché mais étudie également les nouvelles tendances professionnelles afin de réorienter éventuellement les internautes dans le choix de leurs études ou les demandeurs d’emploi dans leurs recherches. Un outil pour maximiser l’employabilité des candidats.Un baromètre de l’emploi, déjà en place en Rhône-Alpes, Aquitaine et Midi-Pyrénées, et prochainement en Ile de France, permet en outre de donner une vision complète du marché. Une façon de compléter les études de Pôle emploi, plus orientées vers les prévisions d’embauches des entreprises. La région Aquitaine s’en est par exemple servie pour affiner son catalogue de formation.

L’Aquitaine, berceau de Thomas Allaire, ingénieur en informatique et statistiques. Spécialiste du traitement de la donnée, il a mis ses compétences au service de l’emploi et s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire et internationale.Y compris de biostatisticiens qui appliquent certaines pratiques et techniques d’épidémiologie et de séquences ADN au marché de l’emploi.

Le succès de l’entreprise bordelaise ne se dément pas. Avec une croissance de 50% annuelle depuis trois ans, elle s’est également déployée dans une dizaine de pays en fonction des besoins et des opportunités. Dix autres pays sont déjà l’étude pour cette petite multinationale de 30 salariés qui va quasiment doubler ses effectifs dans les mois à venir. Via le big data bien sûr !

Cécile Antoine

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