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Marché du travail

Jobs étudiants : les applis en première ligne

70% des étudiants français travaillent pour financer leurs études et 30% pour se faire de l'argent de poche. Ils utilisent de plus en plus les plateformes en ligne.

Fini le bon vieux CV et la lettre de motivation ? Aujourd’hui, c’est sur Student Pop, Side, Cornerjob ou encore Brigad que les étudiants vont chercher leurs jobs pour l’été ou durant l’année universitaire. La tendance est déjà bien installée. Qu’elles soient géolocalisées ou non, généralistes ou spécialisées sur certains secteurs d’activité, les applications qui permettent de mettre en relation employeurs et étudiants se sont multipliées ces dernières années. Et plutôt que de faire la tournée des restaurants et magasins de vêtements, CV à la main, les étudiants se tournent de plus en plus vers elles pour décrocher le sésame.

Multiplier les expériences professionnelles

Avec sa plateforme en ligne, Top Graduate, une jeune pousse marseillaise, réinvente ainsi la collaboration entre étudiants et entreprises via la promotion du freelancing (les étudiants sont tous autoentrepreneurs). « Avec la mutation du monde de l’entreprise, nous assistons aujourd’hui à l’émergence de nouvelles formes de travail où le freelancing s’impose comme un des modèles de référence », explique Christopher Jean, cofondateur de Top Graduate, née à Kedge Business School. La plateforme s’adresse aux étudiants en master (bac +4/5) qui souhaitent multiplier les expériences professionnelles. Après leur inscription sur le site, les futurs freelance réalisent un entretien afin d’identifier leurs expériences, motivations et compétences. De leur côté, les entreprises expriment leurs besoins en se connectant directement sur la plateforme, et en faisant part de leurs attentes (nature de la mission, objectifs, compétences attendues…).

56% des étudiants déclarent ressentir un manque d’expérience lors de leur entrée sur le marché de l’emploi.

Une fois ces étapes accomplies, les étudiants freelance accèdent directement aux offres d’emploi et soumettent leurs candidatures aux entreprises. Si leur proposition de collaboration est acceptée, ils peuvent démarrer leur mission. Dans un contexte où près de 56% des étudiants déclarent ressentir un manque d’expérience lors de leur entrée sur le marché de l’emploi, l’objectif affiché est de contribuer à une meilleure insertion professionnelle de ces derniers. La jeune pousse qui compte déjà un portefeuille de 500 étudiants est en phase de croissance.

La génération Z en pointe

Student Pop a un fonctionnement différent : les candidats sont sélectionnés en amont, puis on leur propose des jobs qu’ils pourront décrocher à coup sûr. Pour mieux cerner leur profil, les étudiants doivent répondre à une série de questions avant de pouvoir s’inscrire sur la plateforme. Ensuite, ils sont convoqués à un entretien, en présentiel ou par Skype pour ceux qui n’habitent pas en Île-de-France. « On les briefe sur la start-up et le fonctionnement de l’appli, puis l’entretien dure environ 15 minutes, afin de cerner ce qu’ils ont envie de faire, ce qu’ils ont déjà fait, s’ils parlent bien… », explique Ouriel Darmon, l’un des fondateurs de la start-up créée en 2016. En moyenne, 80% des candidats sont retenus. Ils reçoivent ensuite des offres d’emploi, qu’ils peuvent accepter ou non.

Les offres vont de la vente en magasin, à la distribution de flyers, en passant par la promotion en magasin ou la préparation de commande. Plus de 12 000 étudiants sont inscrits sur l’appli et gagnent en moyenne 245 euros par mois.

« Ce sont de nouveaux outils qui, quand ils sont bien faits, permettent de faire gagner du temps à la fois aux candidats et aux directions des ressources humaines qui opèrent une présélection, assure Jean-Noël Chaintreuil, expert en stratégie et RH. Ces applications correspondent parfaitement à la nouvelle génération, dont le rapport au travail est plus volatil. Avec ces applis, on finit par chercher du boulot tout le temps et partout, à tous les moments creux de la journée, en attendant à La Poste, dans les transports… ». « D’ici à 2020, les millennials représenteront 50% de la population active, et recruter les générations Y et plus encore les Z impose de nouvelles méthodes : il faut adopter une approche multicanale permettant de s’adapter aux nouveaux usages des candidats », écrit Hélène Mouiche, analyste chez Markess dans son « livre blanc sur le recrutement numérique ».

« Ce sont des dispositifs très souples qui permettent de trouver facilement des emplois. Le principal est que chacun s’y retrouve, même si de nombreuses questions se posent aujourd’hui en termes juridiques et de protection des travailleurs », conclut Véronique Revillod, secrétaire générale adjointe de la CFDT en charge des « nouveaux travailleurs ».

N.S.

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