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La création d’entreprise aujourd’hui

Quelles sont les structures des entreprises qui se créent aujourd'hui ? Qui sont les nouveaux entrepreneurs ? Quelles sont les spécificités des demandeurs d'emploi créateurs ? Emploi Parlons Net décrypte ce phénomène grâce aux études de l’Insee et de Pôle emploi.

Pourquoi les créations d’entreprises explosent-elles ?

Le grand retour de la micro-entreprise

Le nombre de créations d’entreprises a explosé en 2017 selon l’Insee (1) avec 591 000 entreprises créées. Cela représente une augmentation de 7% sur un an. Depuis quelques années, la création de micro-entreprises fait le yoyo : en fort recul en 2015 (-21% par rapport à 2014), en tout petit recul en 2016 (-0,3%) mais de nouveau en progression en 2017 (+0,9%). Les micro-entrepreneurs sont donc les plus nombreux parmi les créateurs d’entreprise (41%), devant les sociétés et les entrepreneurs individuels classiques.

On note également une prédilection de plus en plus nette des créateurs pour la SAS. Les sociétés par actions simplifiées confirment leur croissance, tant l’attrait pour la liberté laissée aux actionnaires semble fort.

Autre tendance, l’essor du secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques qui, avec 103 000 nouvelles entreprises en 2017, devient le premier secteur en nombre de créations. Il passe devant le commerce qui occupait la première place depuis le début des années 2000. Dans cette catégorie, ce sont les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion qui constituent la locomotive : elles sont d’ailleurs en très grand nombre des micro-entreprises et, surtout, une sur deux est créée par un moins de 30 ans. Il faut également noter la nette décélération des créations dans le transport de voyageurs par taxi et VTC : après deux années de très forte hausse (+47% en 2015), le nombre de créations est retombé dans le négatif.

Des créateurs de plus en plus jeunes

Toujours selon l’Insee, l’âge moyen des créateurs d’entreprises individuelles ne cesse de diminuer : il est actuellement de 36 ans, contre 37 ans en 2016 et 38 ans en 2015. Logiquement, la part des moins de 30 ans parmi les créateurs d’entreprises individuelles augmente : elle est de 37% en 2017, contre 35% en 2016 et elle atteint 50% dans les activités de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion. Le secteur des transports et de l’entreposage reste celui où les créateurs sont les plus jeunes, avec 28 ans de moyenne.

La part des femmes stable

Quatre créateurs d’entreprises individuelles sur dix sont des femmes. Mais, alors que la part des femmes dans la création d’entreprise était en constante progression depuis 30 ans, elle semble stabilisée depuis 2015. Les femmes sont toutefois majoritaires dans la santé humaine et l’action sociale (73%) et les services aux ménages (69%).

57% des retraités créateurs n’auraient jamais créé d’entreprise sans le régime de micro-entreprise.

Quel profil des créateurs d’entreprises ?

Il existe, depuis la création du régime de l’auto-entreprise en 2009, quatre grandes catégories de créateurs qui, pour l’Insee, appartiennent à 7 profils types (2) : les jeunes diplômés qui entrent sur le marché du travail (8% des créateurs), les entrepreneurs qui recherchent une activité de complément (31%), les entrepreneurs qui veulent créer leur propre emploi (40%) et les créateurs expérimentés (21%).

Les « jeunes créateurs diplômés » ont, pour 90%, moins de 30 ans

Pour la plupart, il s’agit de leur première expérience, les deux tiers étant étudiants avant de créer leur entreprise. Ils sont en général porteurs de projets modestes mais leur niveau de formation est élevé (54% sont à bac +3) et ils optent dans trois cas sur quatre pour un métier concordant avec leurs études. Ils sont surreprésentés dans les activités spécialisées scientifiques et techniques. La proportion de femmes y est importante (42%, contre 33% pour l’ensemble des créateurs) et ce profil-type est surreprésenté en Île-de-France.

Les « salariés en activité de complément » sont des salariés du privé

Cette deuxième catégorie est composée de micro-entrepreneurs en activité de complément, dont les deux tiers n’auraient jamais créé d’entreprise sans ce régime. Les trois quarts conservent en parallèle une activité rémunérée dans une autre entreprise. La moitié souhaite augmenter ses revenus grâce à ce complément d’activité : c’est deux fois plus que pour l’ensemble des créateurs. 71% des créateurs exercent une activité qui ne correspond pas à leur métier principal.

Les « retraités » privilégient l’activité de complément

57% des retraités créateurs n’auraient jamais créé d’entreprise sans le régime de micro-entreprise. Ils souhaitent principalement augmenter leurs revenus (45% d’entre eux) et aussi conserver une activité intellectuelle (42%). Leur investissement initial est faible (72% investissent moins de 1 000 euros) et ils montent leur projet seuls dans 66% des cas.

Les « créatrices de l’enseignement et de la santé » sont fortement diplômées

Elles sont 8% des créateurs et se concentrent dans l’enseignement, la santé et l’action sociale. C’est le secteur où le niveau de formation est le plus élevé, avec 82% de diplômés du supérieur. Il est partagé entre des entrepreneurs qui souhaitent augmenter leurs revenus (43%) et ceux qui souhaitent créer leur propre emploi (54%). Dans l’enseignement, 86% choisissent le régime de micro-entrepreneur, majoritairement en activité de complément, mais la motivation première, dans la santé, est la création de son emploi (71%).

Les chômeurs assurent leur propre emploi

Les chômeurs sont 27% des créateurs. Un tiers sont des chômeurs de longue durée. Sept sur dix créent une entreprise pour créer leur propre emploi et six sur dix soulignent leur désir d’indépendance ou de créer leur propre entreprise. Ils privilégient la création d’entreprises classiques : 33% de sociétés et 28% d’entreprises individuelles. Les micro-entrepreneurs y sont essentiellement en activité principale. La majorité (62%) exerce son métier principal, dans lequel ils sont généralement très expérimentés mais la plupart n’ont pas de diplôme du supérieur.

Les « créateurs expérimentés » sont très souvent des serials créateurs

Ils sont 21% des créateurs et leur pourcentage est stable dans le temps. La moitié d’entre eux a déjà créé une entreprise. Leur entreprise correspond le plus souvent à leur métier principal (64%) et leur permet de créer leur propre emploi (59%). Leur âge médian est relativement élevé : 44 ans contre 37 ans pour l’ensemble des créateurs. C’est le profil-type le moins féminisé, avec seulement 19% de femmes.

Quelles spécificités des demandeurs d’emploi créateurs ?

Pôle emploi a interrogé un panel de 20 000 demandeurs d’emploi créateurs d’entreprises en décembre 2015, puis en septembre 2017. (5)

Le désir d’autonomie est leur principale motivation

La majorité est écrasante : 91% des demandeurs d’emploi déclarent avoir opté pour l’indépendance ou la création d’entreprise afin d’être autonomes (91%), pour être « leur propre patron » (85%) ou encore avoir des responsabilités (76%). La souplesse des horaires de travail et l’augmentation des revenus sont en dessous des 50%.

L’ACCRE décisive

La moitié des demandeurs d’emploi, créateurs d’entreprise ont bénéficié d’aides financières. Dans près de trois quarts des cas (72,1%), elles ont été dispensées par Pôle emploi. Près de trois demandeurs d’emploi créateurs d’entreprise sur dix ont bénéficié d’une formation et, pour une large partie, de formations longues : la moitié supérieure à 15 jours, un tiers supérieur à un mois.

Les entreprises passent le cap des trois ans

Les trois quarts des entreprises créées sont toujours en activité 3 ans après la validation du projet. C’est donc l’accès à un emploi durable. Même la structure juridique est durable, puisque 95% sont restés en micro-entreprises. En revanche, le nombre moyen d’emplois salariés créés par les entreprises a fortement progressé entre les deux enquêtes passant de 2,8 à 4,3.

La survie est possible en dehors de la micro-entreprise

Selon Pôle emploi, « toute forme juridique autre que celle correspondant au régime de la micro-entreprise augmente la probabilité de survie de 10%. Le secteur d’activité s’avère également déterminant pour la probabilité de survie ; ainsi, les activités exercées dans les secteurs de l’agriculture et de la construction donnent plus de chances de survie (+16% et +10% respectivement), comparées à celles exercées dans le secteur des services. Par ailleurs, si le motif à l’origine de la création de l’entreprise était la recherche de souplesse des horaires de travail ou l’augmentation des revenus, la probabilité de survie est légèrement négative (-5%) ; en revanche, si la création d’entreprise était mue par la seule recherche d’autonomie, l’effet sur la survie est nettement positif (+22%) ».

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1 https://www.insee.fr/fr/statistiques/3314444
2 https://www.insee.fr/fr/statistiques/3572474
3 http://ism.infometiers.org/ISM/Barometre-de-l-artisanat/
4 https://solutions.lesechos.fr/business-development/c/marche-de-reprise-dentreprise-404/
5 – Les entreprises créées par les demandeurs d’emploi résistent au temps et consolident leur activité. Par Anita Bonnet, Nicolas de Visme et Nicolas Prokoras. Direction des Statistiques, des Études et de l’Évaluation de Pôle emploi. ÉCLAIRAGES ET SYNTHÈSES n° 45 Mai 2018