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La cybersécurité, une filière d’avenir

Pour faire face à la multiplication des cyber-attaques, les entreprises, les administrations et l’État recherchent des profils de plus en plus experts.

La cybersécurité recrute ! Si aujourd’hui la filière emploie déjà 24 000 salariés (70% rien qu’en Île-de-France), dans les entreprises du numérique, de l’ingénierie, des études, du conseil et de l’événement, ce chiffre devrait bondir dans les prochaines années. La dernière enquête du cabinet Ernest & Young en 2017 met en exergue que 60% des entreprises visées par une cyberattaque ont augmenté leurs dépenses en cybersécurité, et que ces dernières estiment que leurs effectifs dans cette branche devraient augmenter de 6% dans les trois ans, soit 1 400 créations d’emplois prévues d’ici à 2020. Selon l’OPIIEC (l’observatoire d’étude des métiers et formations de la branche Ingénierie, Etude et Conseil, Numérique, Métiers de l’événement), les entreprises de la branche présentent une forte diversité tant en termes de taille (de très grands groupes mais aussi de nombreuses PME, plus de 50 000 entreprises ont moins de 2 emplois) qu’en termes d’activités (énergie, immobilier et construction, distribution, commerce en ligne…).

Pour travailler dans la cybersécurité, il faut de solides connaissance en informatique mais surtout, il faut « pouvoir s’adapter, être polyvalent, à l’écoute ».

Un besoin de main-d’œuvre criant

Pour autant, la pénurie des talents en matière de cybersécurité se fait déjà sentir et risque de s’intensifier dans les prochaines années. Car, la plupart des informaticiens ne dispose pas des qualifications requises pour exercer dans la cybersécurité, qui fait appel à des compétences et des certifications qui lui sont extrêmement spécifiques. Seuls 25% des postes sont pourvus pour cause de manque de candidats ou de professionnels qualifiés. La très large majorité de ces postes sont pourtant des offres de CDI à temps complet, et les salaires sont plus importants que ceux proposés dans d’autres branches du domaine informatique. Un jeune diplômé peut ainsi espérer être recruté sur un salaire mensuel moyen compris entre 2500 et 3000 € net !

La principale cause de ce manque de candidats reste sans nul doute la méconnaissance des métiers et des carrières proposées par la filière. Les métiers liés à la cybersécurité sont très divers et couvrent un large champ d’activités et de compétences. Ils sont aujourd’hui structurés en cinq grandes familles qui vont du « pilotage, organisation de la sécurité et gestion des risques » au « conseil, audit et expertise en sécurité » en passant par le « management de projets de sécurité ». Les plus forts besoins en recrutement se concentrent sur une poignée de métiers : consultant cybersécurité, analyste SOC, chef de projet sécurité, architecte sécurité, administrateur sécurité.

Être polyvalent et curieux

« Dans un monde où les technologies, les menaces et les usages sont en perpétuelle évolution, le marché de la cybersécurité offre de nombreuses opportunités de carrière. Ces nouveaux métiers vont permettre de répondre aux besoins d’aujourd’hui et d’anticiper ceux de demain », résume Guillaume Poupard, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Pour travailler dans la cybersécurité, il faut de solides connaissance en informatique et une bonne maîtrise de l’anglais mais surtout, il faut « pouvoir s’adapter, être polyvalent, à l’écoute et très curieux », explique Solenne Lefranc, consultante en cybersécurité pour Orange Cyberdefense, filiale du groupe dédiée à la cybersécurité. « Dans mon métier, on ne peut pas se contenter d’un seul domaine d’expertise. Côté technique, il faut de solides connaissances réseaux, de bonnes bases en cryptologie car on passe notre temps à vouloir protéger des données, et cela comprend du chiffrement. Enfin, il faut connaître la réglementation », poursuit l’experte.

Si les grands groupes ont aujourd’hui conscience des risques et intégré les problématiques en cybersécurité à leur stratégie d’entreprise, ce n’est pas encore le cas des TPE-PME. Pour ces dernières, les choses avancent plus lentement. Encore non équipées ou mal protégées, les petites entreprises constitueront vraisemblablement l’un des enjeux fort pour la cybersécurité, et représentent en ce sens un potentiel de croissance important pour la filière. Un autre facteur de croissance à plus long terme réside dans la forte expansion des objets connectés, considérés parmi les priorités des entreprises en matière de digital. À l’horizon 2020, le monde sera équipé de quelques 21 milliards d’objets connectés. Leur sécurité va devenir un enjeu pour les années à venir.

N.S.

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