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La disruption numérique enfin créatrice d emplois

Innovation & Société

La disruption numérique enfin créatrice d’emplois ?

Plus on innove, plus on « disrupte »,... plus on embauche. C’est la disruption numérique. Les nouveaux entrants semblent en tout cas très confiants.

Publié le 04/07/2016 Mise à jour le 13/03/2018

La disruption[1] numérique va-t-elle (enfin) créer des emplois ? 

Le cabinet de conseil EY (groupe Ernst & Young Global Limited) s’est attaqué au sujet dans son enquête annuelle sur l’emploi et la réponse semble être positive. Dans 12 pays étudiés, dont la France, six chefs d’entreprise sur 10 (59% exactement) disent qu’ils vont embaucher dans les 12 prochains mois. Une augmentation saisissante puisqu’en 2015, les mêmes chefs d’entreprise n’étaient que 47% à dire vouloir embaucher. EY a interrogé les chefs d’entreprises du digital dans les dix principaux secteurs économiques, de la santé au commerce en passant par le tourisme ou l’éducation, tous touchés par la disruption numérique. Et ce sont ces nouveaux entrants qui embauchent le plus, certains ayant même, en France particulièrement, des difficultés à trouver les développeurs, marketeurs et commerciaux dont ils ont besoin. Et il s’agit là de CDI puisqu’EY n’étudie pas les embauches en contrat atypique ou sans contrat.

Question de confiance !

Ils ressort de l’étude qu’il sont, en 2016, relativement optimistes : 67% des entrepreneurs français du numérique ont confiance dans l’économie du pays et le pourcentage monte à 78% au Royaume Uni (l’enquête a été réalisée avant le Brexit) et 79% en Chine (ce qui représente, toutefois, une forte diminution par rapport à l’année précédente). D’ailleurs 13% des entrepreneurs interrogés déclarent avoir, sur les 12 derniers mois, dépassé de 20% leurs prévisions d’embauche et 45% ont recruté autant que ce qu’ils avaient annoncé. Il y aurait donc une forte hausse des intentions d’embauche et, surtout, une hausse forte de la concrétisation de ces intentions. Dans la chimie, la biotech et les nouvelles technologies comme l’agrobusiness tout particulièrement, les prévisions ont été largement dépassées, jusqu’à 30%. Tous ceux qui embauchent le plus le font d’abord parce qu’ils estiment que leur marché est porteur.

La France bien placée au palmarès des entrepreneurs disruptifs

L’étude de l’EY, qui entre un peu en contradiction avec celle de l’OCDE réalisée il y a quelques mois, explique en fait que plus les entrepreneurs sont innovants et plus ils ont envie d’agrandir leur équipe. Autrement dit, plus l’entreprise est disruptive, plus elle a l’intention d’embaucher. 68% des entrepreneurs les plus « disruptifs » se trouvent dans ce cas, et ils ont prévu une augmentation de leurs effectifs de 18% en moyenne. C’est parmi eux que l’on retrouve les plus confiants et, contrairement aux idées reçues, la France en fait partie. Elle compte une forte proportion d’entrepreneurs disruptifs (22%), autant qu’en Grande-Bretagne et en Inde, elle se place même devant la Chine, les États-Unis et l’Allemagne.

Le Vieux Continent a raté la première révolution numérique mais, avec une deuxième génération d’entrepreneurs ayant compris les erreurs de leurs aînés au début des années 2000, il semble bien mieux positionné.

Jean-Pierre Royer d’EY explique ainsi dans Le Figaro que les Français sont peut-être en train d’acquérir une vision plus anglo-saxonne de l’aventure entrepreneuriale. «Culturellement les Français ne sont pas aptes à l’échec, pourtant innover signifie prendre des risques», observe-t-il. «Il faut partir du principe que si vous avez essayé, vous avez tiré des leçons de votre expérience. Il faut plus de souplesse, chercher ce qu’il y a d’innovant et changer de modèle jusqu’à trouver le bon».

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[1] Disruption : Approche stratégique proposée en 1996 par Jean-Marie Dru, cofondateur de l’agence BDDP (aujourd’hui intégrée au sein du groupe TBWA), consistant à identifier les conventions culturelles dominantes puis à les remettre en question, pour construire et mettre en oeuvre une innovation en rupture, par opposition à l’innovation incrémentale, qui se contente d’optimiser l’existant. 

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