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La robotisation s’accélère très fortement dans le monde

Les études les plus récentes montrent une explosion en 2017 et 2018 de la robotisation dans les industries chinoises, coréennes ou japonaises. L’Allemagne suit, la France moins bien. Cette robotisation ne semble pas toutefois avoir des conséquences sur l’emploi, mais aurait tendance à quand même augmenter les inégalités.

Publié le 08/11/2018 Mise à jour le 12/11/2018

La robotisation s’accélère. Vraiment. Le dernier rapport de la fédération internationale de robotique, publié à Tokyo mi-octobre, le montre (1) : 2017 a battu un record en matière d’implantations de robots industriels avec 381 000 nouvelles unités installées, soit une progression de 30% par rapport à l’année précédente. L’industrie mondiale a dépensé 16,2 milliards de dollars en achats de robots en 2017, soit une augmentation de 21% par rapport à 2016. Et selon la fédération internationale de robotique, au cours de l’année 2018, ce seront au moins 421 000 nouveaux robots qui vont être installés. Et au cours de l’année 2021, ce seront 630 000 robots, près du double du record de l’année 2017.

En Europe, si l’on compare la densité de robots par nombre de travailleurs, l’Allemagne est de loin le premier pays européen, avec 322 robots pour 10 000 travailleurs.

L’Asie toujours leader incontesté

Si le rapport a été publié à Tokyo, c’est pour une raison simple : la Chine, le Japon et la Corée du Sud sont les principaux acheteurs de robots, devant les États-Unis et l’Allemagne, et très loin devant la France. Mais si la Chine a installé à elle seule plus de robots que l’Europe et les États-Unis réunis (essentiellement d’ailleurs des robots fabriqués en Europe, aux États-Unis ou au Japon), le Japon confirme, année après année, sa place de leader mondial de la robotique. En Europe, si l’on compare la densité de robots par nombre de travailleurs, l’Allemagne est de loin le premier pays européen, avec 322 robots pour 10 000 travailleurs, tandis que la moyenne européenne est à 106 robots pour 10 000. La France est, quant à elle, à 137 robots pour 10 000, à peu près le niveau de la Finlande et loin de la Belgique ou même de l’Espagne.

Les géants du commerce en ligne ont acheté pour 6,6 milliards de dollars de robots dans le monde et les deux tiers de ces machines étaient pour la seule logistique.

Les secteurs les plus consommateurs ?

Mais, au-delà des pays, quels secteurs économiques sont les plus équipés ? L’automobile en premier, qui engouffre 33% des robots mondiaux. L’électronique la talonne avec 32%. Elle a longtemps été en retard mais elle devrait passer devant l’automobile rapidement. Les Echos prennent l’exemple de Samsung : « Le plus grand groupe d’électronique de la planète, Samsung Electronics, a ainsi augmenté ses commandes de robots pour ses usines de smartphones au Vietnam, au point que le pays en développement est désormais le septième plus grand marché mondial de la robotique ». En Chine, Foxconn, le géant de l’assemblage (de produits Apple surtout) va robotiser au moins 30% de sa production d’ici 2020. Le potentiel de développement robotique de la Chine (« seulement » 97 robots pour 10 000 travailleurs) est, selon la fédération internationale, considérable.
Un secteur industriel risque toutefois de supplanter tous les autres assez rapidement, celui de la logistique du e-commerce. Les géants du commerce en ligne ont acheté pour 6,6 milliards de dollars de robots dans le monde et les deux tiers de ces machines étaient pour la seule logistique. Les Echos sont ainsi plongés dans ce qui va être le plus grand entrepôt de France, celui de Conforama au sud-est de Paris (3), « un bâtiment de tôle et béton de 177 500 mètres carrés de plain-pied… soit la surface de 26 terrains du football », où le transport des colis lourds de meuble va être automatisé et dans celui d’Amazon dans l’Essonne où, « pour la première fois en France, les deux étages supérieurs seront garnis d’au moins 2 000 robots fabriqués en interne ».

Les effets sur l’emploi ?

Discutables et discutés selon l’économiste François Bourguignon, professeur à Paris School of Economics (4). Trois études, menées avec les données de la fédération internationale de robotique, montrent que les prévisions alarmistes sur les destructions d’emplois ne sont pas vraiment confirmées. En revanche, explique-t-il, « si ces chiffres paraissent éloignés des anticipations alarmistes qui circulent, plusieurs raisons invitent à la prudence », la première étant bien évidemment que « le mouvement de robotisation est susceptible de s’accélérer dans le futur, amplifiant les effets précédents ». Mais surtout, selon lui : « en estimant un effet nul ou négatif sur les salaires et l’emploi, les études disponibles confirment, comme on pouvait s’y attendre, un gain net de la robotisation essentiellement en faveur du capital et donc une hausse certaine des inégalités ».

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