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Marché du travail

L’accès à l’emploi des seniors peut encore s’améliorer

Le taux d’emploi des seniors, les 55-64 ans, est en hausse mais progresse plus lentement en France que dans les principaux pays européens. Deux enquêtes l’expliquent par des dispositifs de maintien en activité peu compréhensibles et des discriminations à l’embauche peut être plus fortes en France qu’ailleurs.

L’emploi des seniors monte mais pas encore assez. Plusieurs études font le point des nouvelles tendances. D’abord celle de France Stratégie « Les seniors, l’emploi et la retraite » (1), où Emmanuelle Prouet et Julien Rousselon essaient de comprendre pourquoi, « malgré une nette hausse du taux d’emploi des seniors depuis une vingtaine d’années, la France se caractérise encore par un faible taux d’emploi des 60-64 ans, qui reste inférieur à 30% en 2017, contre plus de 42% en moyenne dans l’Union européenne » et que ces taux peuvent monter à 60% en Allemagne et approcher 70% en Suède. Pourtant, les conditions globales sont les mêmes, aussi bien sur les questions de formation, de rémunérations que de fonctionnement du marché du travail.

« Le défi du changement des stéréotypes est d’autant plus crucial que les représentations négatives sont souvent internalisées par les seniors eux-mêmes. »

Des dispositifs incitatifs encore peu assimilés

La première différence tient au système de retraites : la proportion de retraités chez les 55-64 ans en France est parmi les plus élevées de l’Union européenne, le système de retraite étant plus incitatif. Mais, malgré les différentes réformes, notamment celle de 2010, il semble qu’il n’y ait eu aucun effet mécanique poussant à des départs plus tardifs. Les deux auteurs estiment que les nouvelles « règles peuvent ne pas être pleinement comprises ou même connues, l’information individualisée des assurés sur les droits accumulés ne répondant que partiellement à ce défi de lisibilité ». Dit autrement, les seniors ne comprennent pas grand-chose à tous les nouveaux dispositifs d’incitation à la poursuite d’activité. À cela s’ajoute le fait que « même des règles coercitives, telles que le relèvement de l’âge d’ouverture des droits, se heurtent à l’hétérogénéité des situations de fin de carrière ». À tel point que « l’âge d’ouverture des droits à 62 ans, s’est traduit pour la moitié des personnes concernées par des situations de non-emploi, chômage, maladie, invalidité ou sans activité » (2).

Les préjugés demeurent

Enfin, il semble que les enquêtes auprès des employeurs et des salariés mettent en évidence la persistance de préjugés en défaveur des seniors, plus prononcés en France qu’à l’étranger.
« Le défi du changement des stéréotypes est d’autant plus crucial que les représentations négatives sont souvent internalisées par les seniors eux-mêmes, et peuvent se combiner à des discriminations sur l’apparence, la santé ou le handicap. Autant de facteurs qui rendent la discrimination par l’âge difficile à caractériser ».

Lutter contre les discriminations à l’embauche des seniors

Ensuite, le rapport du CESE (3) qui a mis en avant cette discrimination forte en France vis-à-vis des seniors. « Pour l’ensemble des employeurs potentiels, la propension à recruter des personnes de plus de 50 ans est très faible, explique le rapporteur Alain Cordesse. En France, le taux d’embauche des seniors, calculé en rapportant les salariés de 55 à 64 ans avec une ancienneté de moins d’un an à tous les salariés de 55 à 64 ans, est de l’ordre de 5%. En fait, à de rares exceptions, le taux d’embauche des seniors est faible dans tous les pays de l’OCDE… Mais notre pays est, en outre, plus mal positionné que la moyenne pour le maintien en emploi des seniors ». Le CESE a fixé dans ce rapport comme priorité la lutte contre les discriminations à l’embauche des seniors et relevé les arguments régulièrement entendus pour justifier le refus de ces candidatures : « trop expérimenté pour le poste », « trop cher », « des difficultés d’intégration à prévoir dans des équipes plus jeunes », « une maîtrise insuffisante des nouvelles technologies », « moins adaptables » et « plus fréquemment malade ».

L’enquête de la DARES sur « Les seniors et le marché du travail » (4) enfin. La série statistique sur 2017 montre quand même que le taux d’emploi des 55-64 ans est passé d’un peu moins de 37% en 2003 à près de 52% fin 2017 : 15 points de plus en quinze ans.

N.S.

1 http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs_rapport-seniors-emploi-retraite_01102018_0.pdf

2 https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0302335681245-pourquoi-le-taux-demploi-des-seniors-tarde-a-grimper-2209880.php

3 https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Rapports/2018/2018_14_emploi_seniors.pdf

4 https://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/tdb_seniors_28_sept_2018.pdf

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