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Le coworking à l’heure de la maturité ?

Et si l’immobilier d’entreprise se faisait lui aussi uberiser? L’explosion du coworking et d’une société comme WeWork montre en tout cas que les entreprises comme les travailleurs, indépendants ou non, sont de plus en plus attirés par des formes de travail innovantes et conviviales.

Publié le 02/07/2018 Mise à jour le 13/07/2018

WeWork est actuellement valorisée à hauteur de 20 milliards de dollars. Si les négociations avec les japonais de Softbank aboutissent, sa valorisation atteindra les 35, voire les 40 milliards de dollars. Cela en ferait, selon les Echos, la deuxième start-up américaine la plus chère au monde, derrière Uber, mais devant AirbnB et Space X (1). Les dirigeants de Softbank sont d’ailleurs prêts à des injections massives de fonds dans WeWork car ils la voient bien atteindre les 100 milliards de dollars de valorisation dans les toutes prochaines années. Un phénomène. D’autant plus que WeWork est le leader d’un secteur qui semblait, il y a peu, avoir du mal à démarrer : le coworking, les espaces partagés de travail. L’explosion, depuis deux ans, de cette start-up, fondée en 2010 avec l’ambition affirmée de « révolutionner le monde du travail », traduit vraisemblablement une modification profonde de la relation au travail. Certes la start-up a encore des pertes supérieures à son chiffre d’affaires, mais 260 000 membres louent ses emplacements et il devrait y en avoir 400 000 d’ici la fin de l’année.

L’explosion récente du coworking en France

En France, le marché, inexistant il y a deux ou trois ans, a explosé en 2017. À Paris, 140 000 m2 de bureaux en coworking ont été loués l’année dernière. La location de ces espaces de travail est à la fois le fait de travailleurs indépendants (un tiers des utilisateurs), de start-up débutantes ou de cadres nomades et, de plus en plus, le fait d’entreprises qui louent par gros paquets. C’est la conjonction des deux phénomènes qui, depuis 2016, explique le boom. Les premiers, les freelances, sont actuellement 830 000 en France et ils utilisent les espaces de coworking de manières variables car ils travaillent depuis chez eux en moyenne 3,5 jours par semaine, le reste du temps étant passé chez leurs clients ou dans des espaces de travail collaboratif entre 2 rendez-vous. C’est le fonds de commerce du coworking ; ce marché n’est pas forcément très stable, même si 4 Français sur 10 sont séduits par l’idée qu’en 2030 les travailleurs seront tous nomades et que ce sera la fin du bureau comme lieu de travail principal. Le mouvement de fond est bien là et le succès des espaces de coworking confirme l’importance accordée au networking, au travail collaboratif, à l’innovation, à la communauté ou encore au bien-être. Dans toutes les enquêtes, les notions de collaboration et d’échange arrivent très largement en tête chez les jeunes et il y a tout à parier que ceux qui travaillent aujourd’hui comme cela et seront les décideurs des toutes prochaines années continueront à vouloir travailler ainsi et que les entreprises vont devoir suivre le mouvement.

Un marché pour les entreprises

Les entreprises ont rejoint le mouvement. Selon une étude que vient de réaliser JLL, la taille des espaces loués ne cesse de croître et elle est actuellement de 4 000 m² en moyenne à Paris (2). Mais, de manière assez étonnante, les conseils en immobilier d’entreprise constatent que les entreprises qui louent des espaces de coworking ne le font pas par accident, parce qu’elles n’auraient rien trouvé d’autre. Elles l’ont voulu, leur démarche est stratégique. Elles sont très critiques vis-à-vis de l’immobilier traditionnel, peu flexible, trop cher et trop compliqué. Elles veulent une offre simple avec des espaces hybrides et ce sont surtout les TPE et petites PME qui sont dans ce cas : à 66%, elles plébiscitent la flexibilité et à 56% la simplicité. Quant aux grandes entreprises elles viennent au coworking d’abord pour l’image moderne qu’il véhicule (70% d’entre elles la placent en premier pour expliquer leurs choix) « La place qu’occupe cette motivation de modernité et d’innovation illustre la recherche actuelle des entreprises en ce qui concerne la réinvention des modes de travail, et peut-être une sensibilité plus forte à l’effet de mode », explique JLL. En tout cas, des entreprises comme Airbus, Thalès ou BNP Paribas y sont venues.

Ces entreprises vont-elles rester dans le coworking ?

4 sur 10 déclarent ne pas avoir d’échéance fixée, quelle que soit la taille des entreprises sondées. 3 sur 10 indiquent vouloir en faire leur unique solution et 2 sur 10 indiquent vouloir développer leur usage aux côtés des bureaux traditionnels. Venues pour l’image innovante, elles semblent séduites par leur expérience au point d’être une majorité (certes courte) à envisager un recours accru à cette solution pour l’avenir. C’est un bouleversement qui explique la folie des investisseurs autour de WeWork : une anticipation très forte sur la croissance des « sans bureau fixe » dans les prochaines années (3). Et comme les start-up du digital ont toujours une longueur d’avance, WeWork prévoit déjà de se développer en fournissant une offre globale aux entreprises allant jusqu’à la gestion de leurs espaces de travail traditionnels et la possibilité de leur mettre en place des réseaux internes de collaboration.

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