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Le temps partagé se développe à partir de 40 ans

Femme, entre 40 et 49 ans, cadre, c’est le portrait de la personne en travail partagé. Mais on ne sait encore que peu de choses sur la progression du temps partagé qui concerne pourtant au moins deux millions de personnes.

Publié le 24/06/2015 Mise à jour le 23/03/2018

Pourquoi travaille-t-on en temps partagé ? D’abord, parce que l’on veut exercer un métier pour lequel on se passionne. C’est la première conclusion d’une enquête d’une promotion d’étudiants du Groupe IGS à la demande de  l’Association Nationale des Directeurs de Ressources Humaines et de l’APEC. Et cette « volonté d’exercer un métier passion » est en général difficilement compatible avec un mode de travail conventionnel.  Le travail partagé permet en effet aux employeurs de trouver du personnel sans pour autant recruter un salarié à temps plein et aux salariés ou aux travailleurs indépendants la possibilité de cumuler plusieurs contrats pour un même métier. Un dispositif relativement souple et, sans que l’on ait encore de chiffres précis, un dispositif qui est en train de monter en puissance. Pendant six mois, des étudiants de l’IGS Ressources Humaines, accompagnés de chercheurs du Laboratoire Innovations Sociales et Performance d’Entreprise, ont mené l’enquête sur ces personnes qui « cumulent au moins deux activités professionnelles distinctes de façon concomitante ou bien étant salariée d’un groupement d’employeurs ou d’une entreprise de travail à temps partagé ».

Première raison du temps partagé, trouver une forme de liberté

Premier constat : 64% sont des femmes pratiquent le temps partagé. Le résultat est un peu à relativiser car plus de femmes que d’hommes ont répondu à l’enquête en ligne mais la tendance est là.  Deuxième constat : 46% de salariés en temps partagé ont entre 40 et 49 ans. Un résultat significatif du fait que, « arrivant vers la cinquantaine les salariés commencent à rencontrer des difficultés dans l’entreprise » et ont pour certains « plutôt envie d’anticiper les difficultés plutôt que de les subir ». Troisième constat : 77% des personnes en temps partagé déclarent avoir vécu un événement important dans leur carrière, rupture de contrat de travail majoritairement. L’enquête montre enfin que les parents d’un enfant ou de trois enfants ou plus, sont surreprésentés au sein des salariés en temps partagé.  Le choix du temps partagé se fait donc fréquemment en fonction des aléas de la vie, mais pas pour n’importe quel métier : la première raison du choix du travail en temps partagé, est la possibilité d’exercer un métier qui passionne et de trouver une forme de liberté.

Les entreprises semblent en tout cas y trouver leur compte pour des postes plutôt qualifiés : 44% des entreprises interrogées déclarent avoir recours au temps partagé pour recruter des cadres. Mieux : 14% des entreprises qui utilisent le temps partagé s’en servent pour le management de projet tandis que 11% y ont recours pour le management d’équipe. Les recruteurs estiment qu’ils obtiennent ainsi de façon souple un apporte de compétences ou « l’intervention d’un professionnel en fonction des fluctuations de l’activité de l’entreprise ». Ce sont des professionnels qu’ils n’auraient pas pu recruter pour 25%  des entreprises

Le travail en temps partagé commence à poser un problème car s’il est de plus en plus encadré (par exemple sous la forme du multisalariat ou le salarié signe des contrats à durée indéterminée directement avec plusieurs employeurs) il est encore peu étudié. C’est une forme d’emploi souvent subie pour les métiers les moins qualifiés (et rangée dans les catégories du temps partiel) et on ne sait toujours pas combien de personnes en France sont en travail partagé. La dernière estimation de l’INSEE date de 2007 et le phénomène concernait à l’époque environ 2 millions de personnes.

Antoine Clause

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