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Le web, un atout pour le recrutement des personnes handicapées

La recherche d'emploi prend rapidement l'aspect d'un calvaire pour les personnes souffrant de handicap Avec Internet, les outils se multiplient pour leur permettre de trouver un poste plus facilement. 

Internet constitue un atout de taille pour le recrutement de personnes handicapées. Des sites spécifiques leur sont dédiés, à l’instar de handicap.monster.fr, lancé en 2003 par le spécialiste du recrutement en ligne.

C’est pourquoi Pôle emploi a noué des partenariats avec deux sites d’information et de recherche d’emploi pour personnes handicapées handicap.fr et jobinlive.com

Sans surprise, les entreprises du secteur du numérique ont lancé à leur tour un site d’information, appelé handi-numérique.com, regroupant leurs métiers et des formations du milieu à destination des personnes handicapées.

Des forums virtuels spécifiques

Outre ces sites, plusieurs entités proposent désormais une rencontre virtuelle entre le candidat et l’employeur éventuel. Des salons de recrutement virtuels sont destinés exclusivement à ces profils. Le principe est simple : le forum permet de mettre en relation des entreprises en recherche et des candidats handicapés, sans avoir besoin de se déplacer, à l’aide de rendez-vous calés en amont.

« Ces forums permettent aux candidats d’être plus à l’aise, car ils savent que l’entreprise est ouverte au handicap, explique Marion Querat, chef de projet chez Mozaik RH. Pour les entreprises, ce genre d’initiatives permet de mettre en valeur leur engagement sur le handicap. »

Ainsi, en juin 2015, le salon virtuel encontrat regroupait des recruteurs et des personnes souffrant de handicap et à la recherche d’un contrat en alternance. Parmi les groupes présents, BNP Paribas, Bouygues ou Total proposaient des postes ouverts dès Bac +2.

L’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) parraine de son côté le salon Handi2day, dont le principe est de mettre en relation 40 000 candidats atteints de handicaps avec 70 entreprises de manière virtuelle, à travers des visioconférences.

Sur le même principe, les Monster edays, salon virtuel du recrutement que Monster organise pour ses clients, « permettent de s’affranchir des contraintes physiques, les personnes n’ayant pas besoin de se déplacer » estime Karl Rigal, responsable éditorial du site de recrutement en ligne.

« Avec Internet, le premier contact va être distancié, il met à l’aise et permet ensuite de déclencher une rencontre physique moins brutale » selon Cristel Muñoz, directrice opérationnelle chez CED handicap.

Pour aller plus loin sur Pole-Emploi.fr : Comment rechercher des offres pour travailleur handicapé ?

Prise de conscience

Le digital permet aux entreprises de pouvoir avoir une portée plus large et plus pratique pour les personnes handicapées dès l’étape du recrutement. Poussés par la loi de 2005, imposant aux entreprises d’intégrer des quotas de personnes souffrant de handicap, les groupes ont pris conscience de l’intérêt de mettre en place une politique handicap.

« Les entreprises ne veulent plus de tabous face aux situations de handicap. Certaines SSII n’hésitent plus à envoyer des personnes handicapées chez des clients, sans aucune inquiétude » affirme Cristel Muñoz. Accenture fait partie de celles-là. « Leur politique handicap est très efficace et leur communication aussi» assure-t-elle.

Microsoft a, de son côté, annoncé en avril le lancement d’une politique de recrutement de personnes autistes. Sa vice-présidente, Mary Ellen Smith, elle-même mère d’un enfant autiste, expliquait alors que ces personnes « apportent des forces utiles à l’entreprise. Chaque individu est différent, certaines ont une capacité incroyable à retenir des informations, réfléchissent à un niveau élevé de détail et de profondeur, ou excellent en programmation informatique. »

Encore des préjugés

Malgré tout, de réels freins persistent encore pour les personnes en situation de handicap à la recherche d’un emploi. Le premier d’entre eux reste les nombreux préjugés persistants autour du handicap. « Du côté des entreprises, certains dirigeants pensent encore que les personnes handicapées bénéficient d’un statut protégé ou qu’il est difficile de les intégrer dans une équipe » précise Marion Querat.

Certains forums virtuels ne sont pas accessibles à l’ensemble des personnes handicapées (visuels, malentendants…). Par ailleurs, « les candidats doivent être bien préparés car ces entretiens virtuels ne sont en aucun cas plus faciles. Ils doivent apprendre à bien parler de leur handicap et valoriser leurs compétences. » Certains freins viennent du candidat lui-même qui manque de confiance en lui ou qui ne sait pas parler de son handicap de manière positive.

Pour les aider dans cette démarche, Mozaik RH propose des accompagnements qui permettent aux candidats de mieux contrôler leurs émotions, d’améliorer leur présentation ou la gestion des réseaux sociaux.

Pour aller plus loin sur Pole-emploi.org : Handi2day accélère le retour à l’emploi de milliers de personnes handicapées

La qualification en question

L’autre souci majeur réside dans le faible niveau de qualification des personnes. handicapées. « 80% des personnes bénéficiant de la reconnaissance de la qualité travailleurs handicapés ont tout juste le niveau bac » selon Marion Querat. Pour Karl Rigal de Monster, « les employeurs sont demandeurs de plus de candidatures provenant de  personnes en situation de handicap, mais la vraie limite est celle de la sous-qualification par rapport aux besoins exprimés par les entreprises. »

Certaines entreprises ont cherché à résoudre le problème par elles-mêmes en créant leurs propres cursus de formation correspondant aux métiers en pénurie de candidats. C’est le cas de Capgemini ou du secteur de la banque via le site handiformabanques.

Pour Karl Rigal, Internet peut venir là encore en aide aux personnes handicapées. « Internet reste un excellent moyen pour développer, à distance et sans contrainte de déplacement notamment,  leur offre de compétences. Le développement des MOOCS en est un exemple : ils permettent d’acquérir et de valider ses expertises dans de multiples domaines et contribue à ce que la demande et l’offre de compétences puissent se rencontrer. »

Face à tous ces défis, Marion Querat assure qu’il faut continuer « la sensibilisation, par exemple en favorisant l’embauche en alternance comme première étape vers l’acceptation du handicap. » Dans ce même objectif, CED handicap organise des événements, comme un tournoi de golf, et des rencontres entre personnes valides et handicapées, avec pour objectif de montrer qu’une personne souffrant de handicap peut être, par exemple, un très bon manager.

Barbara Leblanc

 

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