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L’Emploi store, l’outil de recrutement 2.0

Regrouper sur une unique plateforme les principaux services consacrés à l'emploi : tel est le pari de Pôle emploi avec Emploi Store lancé en juillet 2015. L'occasion d'en savoir un peu plus sur cette offre et ses partenaires. 

Pôle emploi innove et se renouvelle à travers une plateforme lancée début juillet et appelée Emploi Store. L’institution y propose des services à destination des demandeurs d’emplois et des salariés en cours de mobilité professionnelle. Les étudiants et les stagiaires de formation continue sont aussi concernés par ces nouveaux services.

L’offre s’organise autour de quatre thématiques principales : choisir un métier, se former, préparer une candidature et trouver un emploi.

Via ce site unique, les utilisateurs ont accès à une centaine de services complémentaires à la recherche d’emploi. Par exemple, les demandeurs d’emploi peuvent répondre à un quizz à l’issue duquel ils obtiennent une représentation graphique de leur profil. Une fonctionnalité qui permet de les orienter vers des pistes de métiers auxquelles ils n’auraient pas forcément pensé.

Parmi les autres services fournis sur le portail, on trouve des outils d’E-learning, des serious games, des outils de création de CV ou encore un simulateur d’entretien.

Une cinquantaine de partenaires

Pour satisfaire au mieux le public ciblé, l’Emploi store apparaît comme une vitrine mettant en avant les partenaires références de Pôle emploi, soit une cinquantaine d’acteurs privés et publics. Parmi eux, la Poste met à disposition des offres d’emplois, mais aussi un coffre-fort numérique pour centraliser tous les documents du candidat. De son côté, Talenteo permet de retrouver l’actualité des missions handicap, et de découvrir leurs opportunités d’emploi.

Lancé depuis deux ans, MonkeyTie, premier site de recrutement affinitaire, propose sur l’Emploi store de mettre en relation candidats et entreprises en utilisant des outils originaux. « Ils permettent de prendre en compte la personnalité du candidat d’un côté, et la culture de l’entreprise de l’autre », affirme Jérémy Lamri, patron de MonkeyTie.

Plus de transparence

Pour lui, rejoindre l’Emploi Store était une évidence. « Monkey a toutes les valeurs d’une entreprise sociale, assure le dirigeant. L’Emploi store entend rétablir de la transparence sur le marché du travail et donner à tous la même chance ». Pour le dirigeant, cette plateforme permet de nettoyer le secteur de l’emploi en ligne, et d’éliminer des acteurs malveillants.

« Loin d’un faire-valoir, l’Emploi Store constitue un bon moyen de centraliser l’information pour tous les candidats », estime pour sa part Paul Cassarino, à la tête de Seekube. Plus besoin de chercher de sites en sites, tout est regroupé au même endroit. « Il est important que les acteurs significatifs du marché du travail se regroupent pour aider efficacement les gens en recherche d’emploi, estime Pascal Lasserre, directeur général des marques Keljob, Cadremploi entre autres. Nous avons été séduits par le côté one stop shopping ».

L’Apec, elle aussi « partenaire naturel » de l’Emploi Store, s’est engagée avec la même optique, n’oubliant pas son rôle d’opérateur de l’emploi. « Nous apportons crédibilité et fiabilité des informations, nous ne sommes pas que dans la communication et l’Emploi store ne regroupe que des entreprises fiables », assure Jean-Marie Marx, son directeur général.

Cap sur le numérique

L’Emploi store permet aussi à l’Apec d’asseoir davantage sa place d’acteur de référence sur la Toile, notamment face aux technologies toujours plus innovantes et nombreuses. L’institution collabore avec Pôle emploi, tant sur l’orientation de publics, la diffusion des offres d’emplois que sur l’Emploi store. L’Apec y met à disposition des ressources pour cadres, comme un simulateur d’entretien ou de rémunération.

L’Apec mise pleinement sur l’interactivité. Depuis un an, elle fait un important travail de matching, destiné à mettre en lien des compétences recherchées ou à disposition. « Une tendance nouvelle rompant avec le traditionnel rapprochement terme à terme », selon son dirigeant.

Une stratégie numérique, l’AFPA en a développé une parallèlement à celle de Pôle emploi. L’organisme de formation pour adultes, qui prend en charge jusqu’à 150 000 personnes par an dont 83 000 demandeurs d’emploi, a « pour ambition d’aider les personnes à mieux identifier et formaliser leurs compétences ». Sur l’Emploi Store, l’AFPA donne accès à toutes les informations pour trouver la formation la plus adéquate selon le profil des candidats.

Toucher de nouveaux publics

Selon Pascal Lasserre, « les gens étant hyperconnectés, il est de notre devoir de les aider à s’y retrouver car il existe de très nombreux services avec plus ou moins de notoriété. »

Seekube fait partie de ceux-là. Le site propose des salons thématiques et met en avant des entreprises peu visibles physiquement, comme Cartier, Dior ou Chanel. « Nos salons permettent aux candidats de pouvoir passer un entretien de partout, même de son lit ou de l’étranger pendant son année de césure, et aux entreprises d’optimiser leur temps sans se rendre partout en France, ce qui coûte cher. »

Paul Cassarino voit dans cette nouvelle plateforme l’occasion pour son entreprise de toucher de nouveaux publics. Le site de salons virtuels de recrutement permet aux recruteurs de trouver des candidats hors des sentiers battus. « L’Emploi store va permettre de toucher des candidatures plus diversifiées », assure-t-il.

Loin d’une compétition

Malgré la présence d’une cinquantaine d’opérateurs différents, l’Emploi store ne rime pas avec compétition entre eux. Pour Jérémy Lamri, il s’agit plutôt de coopétition, une compétition saine, permettant de regrouper tous les services de l’emploi en une plateforme.

Pour tous, l’Emploi store constitue une étape de plus dans le développement de la recherche d’emplois sur la Toile. Pour Jean-Marie Marx, d’autres évolutions sont à prévoir.

Le numérique change les conditions du recrutement, assure Isabelle Dubose de l’AFPA. « L’enjeu pour nous est celui d’offrir aux candidats une meilleure identification des compétences, explique-t-elle. Il est aujourd’hui impossible de ne pas penser numérique. »

Pour autant, Jean-Marie Marx ne parie pas sur une réelle révolution. Selon lui, le CV traditionnel évoluera sur la forme mais il faudra bien toujours mettre en avant des compétences ou des besoins. Le numérique est avant tout un outil. « In fine, le recrutement reste une matière RH et humaine, précise Pascal Lasserre. On peut mettre tous les robots du monde, la différence se fera toujours dans la rencontre entre deux personnes. »

Barbara Leblanc

 

 

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