Pôle emploi - Emploi Parlons Net

Marché du travail

Les compétences pour booster la croissance

Qualité des emplois et politique d’inclusion doivent guider les réformes sur le marché du travail, estime l’OCDE dans une étude récente (*). La croissance durable est à ce prix.

Croissance et qualité des emplois iraient de pair. C’est la principale conclusion d’une vaste étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiée début décembre. Les pays qui affichent les meilleurs résultats en terme de croissance durable sont ceux qui valorisent la qualité des emplois et incluent le plus grand nombre dans le marché du travail. Ainsi, le Danemark, l’Islande, la Norvège ou la Suède, qui valorisent autant l’inclusion que la flexibilité du marché du travail, font mieux en terme de croissance durable que ceux qui privilégient uniquement la flexibilité.

En France, une disparité moins prononcée

Un point positif pour la France : les disparités de genre en termes de salaires sont moins prononcées dans l’Hexagone que dans d’autres pays de l’OCDE. Mais notre pays se classe dans le tiers inférieur des pays de l’OCDE en ce qui concerne les trois indicateurs relatifs à la quantité d’emploi (emploi, chômage, sous-emploi global). Le taux d’emploi (71%) est en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE (72,1%).

Le taux de pauvreté est largement en deçà de la moyenne de l’OCDE.

Les taux de chômage (8,8% selon les normes du Bureau international du travail) et d’inactivité sont structurellement élevés, en raison de la forte proportion de travailleurs peu qualifiés, précise l’OCDE. Elle se classe cependant au-dessus de la moyenne en termes de qualité de revenu d’activité. Un bémol : le chômage de longue durée encore trop élevé en France et la multiplication des contrats précaires pèseraient à terme sur la croissance durable.

Sur le plan de « l’inclusivité », la France enregistre également des résultats « en demi-teinte », note l’OCDE. Le taux de pauvreté est largement en deçà de la moyenne de l’OCDE. Néanmoins, les écarts de taux d’emploi de certains groupes défavorisés, comme les jeunes, les travailleurs âgés ou les immigrés, sont supérieurs.

Investir dans l’éducation et la formation

Dès lors, quels remèdes pour booster sa croissance ? L’OCDE recommande aux instances publiques d’investir dans un système d’enseignement et de formation « efficace », qui dote les travailleurs des compétences requises. Les formes atypiques d’emploi – emplois temporaires et travail indépendant – étant amenées à se développer, les responsables publics doivent veiller à ce que « chacun ait accès à la protection sociale et soit couvert par les principales réglementations du marché du travail », poursuit l’étude.

L’organisme préconise également de renforcer l’égalité des chances et de permettre aux travailleurs de concilier plus facilement obligations professionnelles, familiales et sociales, ce qui débouchera, selon l’OCDE, sur une hausse du taux d’activité et une réduction des inégalités entre les sexes.

Selon l’organisme, il est « indispensable » de susciter l’adhésion aux réformes pour qu’elles aboutissent, grâce à une « communication efficace » et à « des mesures visant à atténuer les effets défavorables à court terme ». Les partenaires sociaux ont un rôle « déterminant » à jouer, précise notamment l’étude, pour favoriser l’inclusivité en protégeant les travailleurs et en mettant en place des systèmes efficaces de négociation collective.

N.S.

(*) Des emplois de qualité pour tous dans un monde du travail en mutation, La nouvelle stratégie de l’OCDE pour l’emploi, OCDE, décembre 2018

Également à lire

Marché du travail

03 juin 2019

Europe : l’égalité hommes-femmes progresse lentement

Selon la Commission européenne, attirer davantage de femmes sur le marché du travail pourrait accroître le PIB européen de 820 milliards d’euros d’ici 2050.

en savoir plus