Pôle emploi - Emploi Parlons Net
Les femmes cantonnées à l’emploi atypique dans le monde

Marché du travail

Les femmes cantonnées à l’emploi atypique dans le monde

Les formes atypiques d’emploi (temps partiel, travail temporaire, à la demande…) concernent majoritairement les femmes dans le monde et riment souvent avec précarité. La preuve par l’OIT.

Publié le 17/01/2017 Mise à jour le 15/03/2018

La présence accrue des femmes sur le marché du travail mondial s’est accompagnée d’un développement important des formes atypiques d’emploi (AFE – Aide Forfaitaire à l’Employeur). Choisi ou subi, il est principalement l’apanage des femmes, des jeunes et des migrants. C’est ce qui ressort du récent rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’emploi atypique (*). Et si les femmes représentent moins de 40 % de l’emploi total, à l’échelle mondiale, leur proportion parmi les employés travaillant à temps partiel est de 57 %. « Nombre d’entre elles travaillent à temps partiel pour pouvoir concilier travail rémunéré et responsabilités familiales », avancent les auteurs du rapport.

En 2014, plus de la moitié des femmes travaillaient à temps partiel aux Pays-Bas et en Suisse ; elles représentaient un tiers des travailleurs en France. Les femmes sont aussi plus présentes dans les emplois à horaires de travail très courts (moins de 15 heures par semaine).

Un moyen d’accéder au marché du travail

Le rapport de l’OIT apporte quelques explications à cette disparité entre hommes et femmes dans le travail à temps partiel : rôle traditionnel choisi ou subi des femmes en tant que pourvoyeuses de soins (enfants, parents en perte d’autonomie…), cadres institutionnels différents, poids relatif des secteurs économiques, ségrégation professionnelle. Dans les pays développés, la surreprésentation des femmes dans les emplois à temps partiel s’explique en grande partie par le développement du secteur des services où le travail à temps partiel est monnaie courante et qui emploie de nombreuses femmes. La plus forte présence de femmes dans les emplois à horaires très courts est aussi liée à leur présence dans des professions qui recrutent habituellement à la demande.

Les femmes sont également surreprésentées dans les emplois temporaires. Cette forte présence féminine dans le travail temporaire a plusieurs causes, selon l’OIT : les réformes visant à libéraliser l’usage des contrats à durée déterminée dans le but de faciliter la participation accrue des femmes au marché du travail ; le rapport de force peut parfois pousser les femmes à accepter un emploi moins bien rémunéré et moins stable ; la perception selon laquelle les femmes dépendent en partie du revenu familial et donc moins du travail salarié. Les auteurs du rapport indiquent que « le travail temporaire et le travail à temps partiel ont accru le taux d’activité des femmes et, dans certains cas, leur ont permis d’intégrer la population active ».

A l’échelle mondiale, plus de femmes que d’hommes déclarent être sous-employées – ce qui veut dire qu’elles souhaiteraient travailler davantage mais ne le peuvent pas. Beaucoup d’emplois très rémunérateurs ne se sont pas accessibles à temps partiel, et les femmes qui souhaitent travailler à temps partiel doivent parfois accepter un emploi moins qualifié.

Des conditions d’emplois plus précaires

Le travail temporaire ou à temps partiel contraint se traduit par des salaires plus faibles et plus imprévisibles ; des possibilités de formation et des perspectives de carrière réduites ; et de plus forts risques de discrimination au travail, ce qui exacerbe les inégalités sur les marchés du travail. « Des horaires insuffisants ou un travail précaire peuvent aussi se traduire par des cotisations de sécurité sociale insuffisantes, ce qui rend les femmes plus vulnérables que les hommes face au chômage, aux problèmes de santé et à la retraite », notent les auteurs du rapport. En revanche, dans les pays où prévaut l’égalité de traitement entre travailleurs à temps partiel et à plein temps, et où il est facile de passer de l’un à l’autre grâce à la loi ou dans le cadre de conventions collectives, le travail à temps partiel est généralement de meilleure qualité et souvent très recherché par les femmes comme par les hommes. C’est le cas notamment aux Pays-Bas.

NS

(*) Rapport : L’emploi atypique dans le monde, identifier les défis, ouvrir des perspectives, OIT, novembre 2016

Également à lire

Marché du travail

08 septembre 2021

L’illettrisme, un défi encore à relever

Du 6 au 12 septembre 2021, se tiendra la 8ème édition des Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI). Focus sur deux initiatives qui veulent aller plus loin.

en savoir plus