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Les professions du grand âge et de l’autonomie, au service des plus fragiles

Les métiers du grand âge et de l’autonomie sont indispensables aux personnes âgées et vulnérables, et aux premières loges des mutations de notre société.

Publié le 14/06/2021 Mise à jour le 16/06/2021

En 2025, la France comptera un million de personnes âgées supplémentaires ainsi que 100 000 personnes en perte d’autonomie. Des chiffres forts pour les professionnels qui travaillent auprès de ces publics, et qui doivent plus que jamais être en capacité d’accompagner au mieux les personnes vulnérables. Pour ce faire, un plan de mobilisation nationale en faveur de l’attractivité des métiers du grand-âge 2020-2024 a été initié en 2019 par Myriam El Khomri, alors ministre de la Santé. La formation, la qualité de vie au travail et les besoins en recrutement y apparaissent comme des stratégies clés du gouvernement et des parties prenantes pour accompagner les challenges de ce secteur. En ce début d’année, c’est Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, qui réalisait un premier point d’étape de cette feuille de route, aujourd’hui intitulée plan d’actions pour les métiers du grand âge et de l’autonomie. Tour d’horizon des grands axes de ce point d’étape.

Des campagnes de recrutement et une attractivité renforcées

Le point d’étape du gouvernement souligne que les premiers efforts pour relancer les recrutements et renforcer l’attractivité des métiers du grand âge et de l’autonomie sont concluants, et doivent être poursuivis sur les mois à venir. « Il y a aujourd’hui une gestion un peu plus individualisée des parcours des salariés, il y a aussi dans certains territoires des expérimentations avec des dispositifs innovants pour accompagner les personnes qui souhaitent se reconvertir dans le secteur par exemple », indique Amélie Gillette, Responsable Développement Ressources humaines de l’Union Nationale de l’Aide, des Soins et des Services aux Domiciles (UNA). Des campagnes de recrutement comme « cœur emplois » ou « un métier pour nous » ont été menées avec succès, et ces efforts semblent s’inscrire dans une démarche au long cours : le plan d’actions prévoit notamment de renforcer ces campagnes avec le concours de partenaires comme Pôle emploi ou encore la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Les différentes initiatives qui seront lancées sur les prochains mois auront aussi pour objectif de mieux faire connaître ces métiers et de valoriser les opportunités d’emploi que représente le secteur. « Nous devons lutter contre certaines idées reçues dont pâtit notre secteur. Nos professionnels savent qu’ils ont un rôle essentiel à jouer dans la société, cela a pu être constaté notamment avec la crise sanitaire, et il faut poursuivre les travaux engagés pour une meilleure reconnaissance de leur travail et aller dans le bon sens », précise Amélie Gillette.

« Nos professionnels savent qu’ils ont un rôle essentiel à jouer dans la société, cela a pu être constaté notamment avec la crise sanitaire. »

La formation, une priorité

La formation est un autre levier clé pour dynamiser les métiers du grand âge et de l’autonomie. Pour Amélie Gillette, « la formation est un enjeu essentiel. Certains cursus ouvrent plus de places et c’est très bien. Il faut aussi envisager une refonte du diplôme notamment pour les aides-soignants à domicile, car on constate aujourd’hui que la plupart des professionnels formés se tournent vers le secteur hospitalier et non vers les métiers de l’aide à domicile. Il faut aussi, d’une manière générale, renforcer le niveau des formations car les professionnels du secteur sont de plus en plus confrontés à la prise en charge de pathologies complexes ».

Le gouvernement prévoit ainsi de lancer un « Campus des Métiers et des Qualifications » pour les métiers du grand âge, d’inclure le recours à l’alternance à hauteur de 10 % dans la part des diplômes d’ici à 2025 ou encore de rapprocher les référentiels de formation des aides-soignants et des accompagnants éducatifs et sociaux. De plus, 16 000 places supplémentaires au sein des cursus des formations sanitaires et sociales sont prévues, dont 6 600 places d’aides-soignants, 6 000 places d’infirmiers, et 3 400 places d’accompagnants éducatifs et sociaux.

La qualité de vie au travail au cœur de la démarche

La qualité de vie au travail des professionnels des métiers du grand âge et de l’autonomie est aussi au cœur de la stratégie. « Les conditions de travail aujourd’hui ne sont plus toujours optimales. Certains dispositifs qui améliorent la qualité de vie au travail se sont avérés positifs, avec des salariés qui se sentent bien mieux dans leur poste. Il y a donc une volonté d’aller plus loin là-dessus », déclare Amélie Gillette. Pour ce faire, le gouvernement prévoit, entre autres, de mettre en place un plan national pour lutter contre la sinistralité du secteur et pour améliorer la qualité de vie au travail de ces professionnels, de lancer un baromètre sur la qualité de vie au travail et plus généralement de mieux former et sensibiliser toutes les structures du secteur. Le gouvernement prévoit également de revoir les conditions d’emploi et de rémunération pour les conventions collectives de l’aide à domicile et d’appliquer les mesures du Ségur de la Santé à l’ensemble des professionnels des EHPAD, entre autres.

« L’ensemble des acteurs doit continuer de travailler sur les enjeux de reconnaissance, de formation, et poursuivre les actions engagées car ces professions sont indispensables à la chaîne des soins » déclare Amélie Gillette. Le plan d’actions pour les métiers du grand âge et de l’autonomie semble donc plus que jamais attendu par les professionnels du secteur pour pouvoir répondre efficacement aux enjeux de demain en termes de soin et d’accompagnement.

C.S.

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