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Marché du travail

Les seniors à l’assaut de la création d’entreprise

Sur un marché de l’emploi souvent décrit comme hostile aux seniors, la cinquantaine est vécue par les créateurs d’entreprise comme le moment idéal pour se lancer.

La création d’entreprise version quinqua a-t-elle de beaux jours devant elle ? En 2018, plus de 66 000 « seniors » ont créé une entreprise individuelle (EI) soit 17% du total des créations en EI, selon l’Insee. Et cette tendance ne fait que croître. Tout d’abord parce que les carrières sont très loin d’être finies à cet âge. Mais aussi parce que les progressions de carrière proposées ne sont souvent plus en adéquation avec les envies des quinquas. En outre, en France, le marché du travail ferme malheureusement trop souvent ses portes aux salariés après 50 ans : le taux d’emploi chez les seniors est de 62,1% pour les 55 à 64 ans, bien inférieur à nos voisins de l’OCDE. Il chute surtout au-delà de 60 ans. Alors, plutôt que de se morfondre dans un placard plus ou moins doré ou attendre d’être embauché, certains n’hésitent pas à faire fructifier leur expérience. Que ce soit après un licenciement ou après une démission, la création donne l’opportunité aux quinquagénaires de rebondir.

Le succès entrepreneurial et la prospérité n’ont pas de limite d’âge.

« Une force sous-utilisée »

Créer son entreprise est devenu également la meilleure solution pour les seniors qui n’arrivent pas à se faire une place sur le marché du travail. En 2018, 50% des créateurs d’entreprise seniors étaient chômeurs ou inactifs au moment de la création, selon l’Insee.

Selon un rapport du Global Entrepreneurship Monitor (GEM), en 2017, 18% des adultes entre 50 et 64 ans et 13% des 65-80 ans sont des travailleurs autonomes, alors qu’ils ne sont que 11% chez les 18-29 ans. « Le succès entrepreneurial et la prospérité n’ont pas de limite d’âge, estime Mike Herrington, directeur général du GEM. Alors que la perception traditionnelle de l’entrepreneuriat est celle d’une activité portée par des jeunes, les données nous montrent qu’à bien des égards, les personnes âgées sont une force entrepreneuriale importante. Mais une force négligée et sous-utilisée ».

Une décision pas facile à prendre

Expérience, capacité intellectuelle, crédibilité, argent : l’âge a du bon quand il s’agit de créer son entreprise. « Les entrepreneurs de plus de cinquante ans sont réfléchis et prudents. C’est un atout tant qu’ils restent dynamiques », affirme le business angel Arnaud Boullery. Ayant moins de contraintes familiales que les plus jeunes, souvent plus à l’aise financièrement, les porteurs de projet quinquas peuvent tirer leur épingle du jeu, et notamment en exploitant leur expérience et leur réseau. Ainsi, ils sont plus nombreux dans des secteurs comme l’industrie, ou encore à reprendre une entreprise. Mais se lancer n’est pas toujours une décision facile à prendre, notamment pour des raisons financières. « L’allocation chômage, c’est ce qui m’a permis de tenir pendant deux ans », affirme Monique Duroy qui a créé sa société de conseil en communication à 52 ans. « Je n’ai pas le droit à l’échec, car retourner sur le marché du travail à 55 ans aujourd’hui, c’est no way ! », conclut Monique Duroy.

N.S.

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