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L’illettrisme, un défi encore à relever

Du 6 au 12 septembre 2021, se tiendra la 8ème édition des Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI). Focus sur deux initiatives qui veulent aller plus loin.

En mars 2021, la Fondation ADP proposait aux enchères les lettres qui ornaient les façades sud et ouest de l’aéroport Paris-Orly. Objectif de cette vente : soutenir la lutte contre l’illettrisme. Les bénéfices de la vente devaient être entièrement reversés à deux associations : « Lire pour en sortir », une association qui lutte contre l’illettrisme en prison et « Coup de pouce » qui mène un travail de prévention de l’illettrisme chez les enfants. « Lire pour en sortir » et « Coup de pouce » font partie des nombreuses structures associatives engagées dans la lutte contre ce fléau qui touche aujourd’hui 2,5 millions de personnes en France métropolitaine.

Un jeune sur 10 concerné

Selon les évaluations effectuées à l’occasion de la Journée de défense et de citoyenneté, 9,5 % des jeunes (*) sont en difficulté de lecture. Ceux qui rencontrent les problèmes les plus sévères et qui représentent 4,6 % de l’ensemble, se caractérisent par un déficit important de vocabulaire. Le plus souvent, ils n’ont pas installé les mécanismes de base de traitement du langage écrit et peuvent être considérés en situation d’illettrisme. Avec un niveau lexical oral correct, les autres ne parviennent pas néanmoins à comprendre les textes écrits.

Les résultats de cette enquête révèlent également que les garçons ont plus de peine à lire que les filles. En 2020, près d’un un garçon sur dix était considéré comme étant en difficulté avec la lecture contre un peu plus d’une fille sur 20 en moyenne. Les difficultés de lecture diminuent à mesure que le niveau d’étude s’élève : elles se rencontrent chez 43,5 % de ceux qui n’ont pas dépassé le collège mais qui ne représentent que 2,6 % des jeunes. Près d’un tiers de ceux qui ont un niveau CAP ou BEP.

La formation mobilisée

Dans le cadre du déploiement du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), Pôle emploi pilote une initiative en Auvergne-Rhône-Alpes en partenariat avec des acteurs locaux de l’emploi et de l’insertion. Dans cette région qui compte pas moins de 300 00 personnes en situation d’illettrisme (la moitié d’entre elles sont en emploi), il s’agit pour l’opérateur public de mettre en place une « démarche sur-mesure » qui « débute par un diagnostic individuel, encourage les petits progrès et valorise les autres compétences des stagiaires ». Depuis septembre 2020, conseillers Pôle emploi, missions locales, centres de ressources illettrismes, etc. peuvent mobiliser ces différentes formations. Pôle emploi expérimente par ailleurs, dans trois agences de la région, un module « afin d’aider les prescripteurs à détecter et orienter les personnes qui ne se signalent pas à prime abord », précise Dominique Bidault, cheffe de projet PIC en Auvergne-Rhône-Alpes.

Innover face à l’illettrisme

« Parce qu’il est difficile d’entrer en formation, parce qu’il est difficile de rester en formation et parce qu’il est difficile de réinvestir durablement ses acquis en formation », l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) a décidé de son côté, d’aller plus loin et « d’agir pour que les personnes concernées soient mieux accompagnées vers et dans les formations aux compétences de base ». Comment ? A travers « La coopérative des solutions », un programme qui propose de décliner localement, sur les territoires, un ensemble de solutions pour favoriser le repérage des personnes illettrées et les orienter vers des formations.

Sur 30 territoires prioritaires, l’ANLCI propose avec l’aide du Fonds Social Européen, « d’accompagner un travail en commun, une coalition constructive d’acteurs, de personnes concernées et de décideurs, pour inventer et installer des solutions collectives inédites ». La méthode de « La coopérative des solutions » se décline en quatre étapes : identifier, prototyper, tester et partager. Avec pour ultime objectif de (re)donner aux personnes en situation d’illettrisme, la confiance et l’autonomie indispensables à leur vie quotidienne, sociale et professionnelle.

N.S.

(*) Plus de 437 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans, de nationalité française, ont participé à cette journée en 2020

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