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L’intérim, une constante dans la logistique ?

A Noël, les cadeaux devront être livrés en temps et en heure sous le sapin. Pour gérer leur logistique avec souplesse et efficacité, les enseignes de l’e-commerce et du « retail » ont très souvent recours à l’intérim. Et dans ce domaine, la concurrence est également forte entre employeurs.

Livrer les bons produits, au bon endroit, le plus rapidement possible.

Dans un monde du commerce en mouvement, les performances logistiques des enseignes (physiques et en ligne) sont devenues de réels avantages concurrentiels. Et celles-ci passent aussi par une gestion optimale des effectifs, notamment lors des grands temps forts de l’année que sont le « Black Friday » et Noël. Chez Amazon, Cdiscount, Rue du Commerce, Boulanger, Cultura ou encore Veepee … du 29 novembre au 24 décembre, les ventes grimpent en flèche, ainsi que le nombre de colis à préparer et livrer, qui atteint les 4 millions (1) par jour.

Quand l’intérim devient la norme

Pour absorber ces montées en charge, les transporteurs comme La Poste, Fedex, DHL ou UPS triplent leurs effectifs pendant la période1. Mais qu’en est-il du côté des enseignes elles-mêmes ? En amont de la chaîne logistique dans leurs entrepôts et plateformes, celles-ci font très souvent appel à l’intérim. Chez certains distributeurs de produits culturels, électroniques et électroménagers, jusqu’à 90 % des effectifs peuvent être constitués d’intérimaires.

Ces derniers se chargent tout autant de la réception des marchandises, de la préparation des envois pour les transporteurs, que de la gestion de l’approvisionnement des points de vente physiques (où les clients peuvent aussi aller chercher leurs produits commandés sur le net). « Hormis l’encadrement, il y a peu de permanents sur les plateformes logistiques de notre client, précise un responsable d’agence intérim. Les fonctions de caristes, préparateurs de commandes ou d’administratifs en SAV sont quasiment exclusivement exercées par des intérimaires. Ils sont moins d’une dizaine à tourner en saison basse et jusqu’à un millier entre le Black Friday et Noël. »

Une concurrence forte entre les employeurs

Si les besoins en effectifs sont forts à cette période, il n’est pas forcément aisé de recruter pour les agences d’intérim spécialisées dans le retail. Sur le terrain de l’emploi, il existe aussi une forme de concurrence entre les enseignes : « Que j’aille en mission dans une enseigne ou dans une autre, les conditions sont globalement les mêmes, confie Yanis, un préparateur intérimaire de 35 ans. Après, ce qui fait la différence, c’est le « prestige » de l’employeur. Aujourd’hui, avoir une expérience chez Amazon sur son CV, c’est forcément une belle carte de visite, quand on travaille dans la logistique. »

Conscient de cette problématique, les acteurs de l’intérim activent différents leviers pour recruter et développer leur attractivité auprès des professionnels comme Yanis : « Nous avons fréquemment recours à la cooptation. Nos intérimaires nous recommandent souvent des personnes avec lesquelles elles ont déjà travaillé. Cela permet d’accélérer et sécuriser nos recrutements, poursuit notre responsable d’agence. Nous essayons de fidéliser les intérimaires, avec un système « à points ». Plus ils font d’heures chez nous, plus ils accèdent à des avantages, par exemple en matière de logement. Nous proposons aussi des « CDI intérimaires » à nos meilleurs éléments. Ils peuvent ainsi développer des expériences et leurs compétences dans différentes enseignes, tout en ayant un maximum de sécurité ».

Un modèle amené à évoluer ?

Pour répondre aux besoins de leurs clients du retail et de l’e-commerce, les agences d’intérim doivent « composer » très souvent dans l’urgence, notamment lors du Black Friday ou durant les fêtes. « Pour anticiper les besoins en effectifs, nous nous basons la plupart du temps sur les statistiques de l’année précédente, ce qui n’est pas toujours très précis. C’est d’autant plus compliqué, que nos clients veulent contenir le nombre d’intérimaires auxquels ils ont recours sur leurs plateformes logistiques, tout en préservant la qualité de service. Ce n’est pas toujours une équation simple à résoudre, confie notre responsable d’agence. Nous savons par ailleurs que ces prochaines années, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle vont prendre une place grandissante dans la logistique. De plus en plus de tâches vont être automatisées. Et cela va impacter la gestion des effectifs temporaires. C’est une nouvelle donne, à laquelle nous allons devoir très rapidement nous adapter. Dans le commerce, la vérité d’aujourd’hui, n’est pas forcément celle de demain. »

S.K.

Chiifres clés :

  • En France, les métiers de la logistique représentent 1,9 millions d’emplois dans le commerce, le transport et l’industrie (2) .
  • 22% des employeurs ont recours à l’intérim dans la logistique (2)
  • Lors du Black Friday de novembre 2019, les Français ont dépensé environ 6 milliards d’euros (3), dont 1,7 milliards d’euros en ligne . Soit 11 %(4) des ventes de l’année en 4 jours. Dès novembre, 49 % des Français(5) ont déjà commencé à faire leurs emplettes dans la perspective de Noël.
(1) larevuedudigital.com
(2) regionsjob.com
(3) Étude Ring Central, novembre 2019
(4) Fédération du e- commerce et de la vente à distance
(5) INSEE
(6) Kantar TNS pour eBay

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