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Marché du travail

Métiers en tension : que font nos voisins ?

Nos voisins européens connaissent les mêmes problèmes que la France à pourvoir les emplois des secteurs en tension. Appel à la main-d’œuvre étrangère, prime accordée aux demandeurs d’emploi se formant spécifiquement pour ces postes... Deux exemples de politique avec la Belgique et l’Allemagne.

Comme la France, la Wallonie, en Belgique, connaît des métiers en pénurie de main-d’œuvre : plus de 31 000 postes restent vacants alors que 190 000 demandeurs d’emploi ne trouvent pas de place. Pour inciter les chômeurs à se tourner vers ces professions qui recrutent, la région a donc pris des mesures dans le cadre d’une action baptisée « Coups de poing pénurie ». La plus emblématique reste la mise en place depuis le 1er septembre d’une prime de 350 euros. Elle est versée aux chômeurs, résidant sur le territoire de la région wallonne de langue française, qui terminent une formation dans un métier où les professionnels font défaut. Cette prime est cumulable avec les indemnités perçues.

Des besoins en magasiniers, bouchers ou boulangers

Le service public wallon de l’emploi et de la formation (Forem) a dressé la liste des formations professionnelles ou sous contrat de formation en alternance éligibles à cette prime. Elles doivent durer au minium quatre semaines, avec 40 heures par semaine. La palette de ces formations est large, car elles concernent aussi bien les secteurs de l’industrie, du commerce, du numérique, que de la construction. Concrètement, elles forment aux métiers de magasinier, peintre en carrosserie, charpentier, développeur informatique, boucher ou encore boulanger. Une fois la formation achevée, les demandeurs d’emploi bénéficient en plus d’un accompagnement pour les préparer aux entretiens d’embauche. Ils ont aussi la garantie d’être au moins reçu par un employeur. Ces plans de formation ont déjà fait leur preuve, puisque le taux d’insertion est de 97,8% dans les 12 mois et de 98,2% dans les 18 mois. Pour mieux répondre aux attentes des entreprises, le Forem promet aussi d’examiner la création de formation dès que huit postes pour un même métier (proposés par une ou plusieurs entreprises) restent vacants.

Faciliter l’immigration d’une main d’œuvre qualifiée

En Allemagne les partis de la coalition au pouvoir sont tombés d’accord début octobre pour légiférer sur l’immigration. Ils se sont entendus sur l’adoption courant 2019 d’une loi pour faciliter l’accès au marché du travail allemand aux étrangers extracommunautaires qualifiés. Les demandeurs d’emploi de l’extérieur de l’UE – en particulier évoluant dans des secteurs sous tension comme la cuisine, les mathématiques ou l’informatique – pourront obtenir un permis de séjour en Allemagne de six mois qui sera prolongé s’ils trouvent un emploi. Une condition néanmoins : ils devront faire preuve d’un niveau d’allemand suffisant.

Quelque 338 200 emplois étaient non pourvus en septembre en Allemagne dans les seuls secteurs de l’informatique, des mathématiques et des technologies de l’information, selon le quotidien économique Handelsblatt, qui cite l’Institut économique allemand, basé à Cologne. Pour faciliter l’accès à son marché du travail, l’Allemagne avait déjà pris des mesures en 2016. Elle avait suspendu pour trois ans et dans une grande partie du pays, une règle qui donnait la priorité à l’emploi aux travailleurs allemands et européens. Les autorités avaient également instauré la règle « 3+2 », qui permet à un demandeur d’asile qui commence une formation (trois ans) de la terminer et de travailler ensuite deux ans dans une entreprise, conformément au système dual d’apprentissage allemand. Enfin, l’Allemagne a étendu aux réfugiés une série d’instruments existants, prévus notamment pour les chômeurs de longue durée ou les travailleurs d’origine étrangère, en les combinant à des cours d’allemand.

Selon l’Institut allemand de recherche sur l’emploi (IAB), un peu plus d’un quart des personnes en âge de travailler, venues de Syrie, d’Afghanistan, d’Érythrée, d’Irak, d’Iran, du Nigeria, du Pakistan ou de Somalie, et arrivées sur le territoire depuis début 2015, ont aujourd’hui un emploi. Pour beaucoup, des postes dans l’hôtellerie-restauration et les services, des secteurs qui manquent cruellement de bras.

N.S.

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