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Numérique et high tech, c’est aussi en Provence

Oubliez les cigales, la plage et le pastis. La Provence, ce n’est pas seulement cela. Malgré un chômage important et un faible degré d’industrialisation, c’est aussi un territoire où fleurissent des entreprises de haute technologie. 

Ainsi, Wiko Mobile, véritable réussite marseillaise. Cette société toute récente, créée en 2011, fabrique des téléphones mobiles et smartphones vendus nus, sans forfait ni engagement. C’est donc une marque qui ne manque pas d’attrait auprès des jeunes, notamment depuis l’arrivée de Free sur le marché. Aujourd’hui, la moitié des mobiles sont vendus nus.

En 2014, la start up a affiché un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros, dont la moitié en France, où elle a conquis 15% du marché, le reste des ventes se faisant surtout en Europe (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Portugal) et dans des pays asiatiques.

Des réussites marseillaises

La marque est désormais deuxième sur le marché français des smartphones, derrière Samsung, mais devant Apple. Elle est vendue sur internet et en grande distribution. Wiko a développé une offre très séduisante sur le plan marketing. Techniquement, les mobiles sont fabriqués par l’entreprise chinoise Tinno, qui détient 95% du capital de Wiko. Très innovante, la société multiplie les modèles et ne devrait pas tarder à  lancer sa montre connectée.

La petite start-up marseillaise progresse ainsi à pas de géant. De trois salariés en 2011, elle devrait dépasser les 160 cette année. Il y a des postes à pourvoir dans la téléphonie à Marseille !

Wiko n’est d’ailleurs pas le seul exemple de réussite en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Dans un tout autre domaine, Innate Pharma, entreprise biotechnologique basée dans le quartier de Luminy à Marseille, a récemment fait parler d’elle, puisqu’elle a été dotée d’un milliard d’euros par le laboratoire pharmaceutique Astra-Zeneca pour développer un anticorps anti-cancer.

Former des développeurs

Autant dire que l’on peut trouver en PACA autre chose que des emplois saisonniers dans le tourisme ou l’agriculture, même si ceux-ci restent le gros de l’offre. Le numérique au sens large représente 9.600 entreprises dans la région,  plus de 35.000 emplois et un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros en 2012.

Pour faciliter les recherches d’emplois,  la structure Medinsoft , qui regroupe plus de 150 éditeurs et intégrateurs de logiciels d’Aix – Marseille, vient de créer le site Medinjob (accès gratuit), qui présente les offres d’emploi, stages et formation en numérique de la région. Quoique tout récent, on peut y constater que les offres de CDI y sont majoritaires, pour des emplois qualifiés. Le 23 avril, à peine lancé, le site Medinjob proposait 57 offres: 13 stages, 2 apprentissages, 10 CDD et 32 CDI.

Cette démarche fait suite à la mise en place, en juillet 2014, d’une commission formation  par les membres de Medinsoft. Ceux-ci avaient constaté qu’ils ne trouvaient pas toujours les profils dont ils avaient besoin en région PACA et étaient désireux de collaborer avec les écoles et les universités locales pour développer les formations nécessaires. Aussi ont-ils multiplié les  rencontres avec les écoles et les universités, ainsi qu’avec  Pôle Emploi, et organisé des rencontres de type speed dating entre étudiants et entreprises.

Une métropole  French Tech

La commission a aussi l’intention de miser sur un public moins favorisé, mais très motivé, en créant une structure permettant de former en six mois des développeurs venus des quartiers défavorisés et sans appel aux fonds publics. Elle cherche, avec Pôle Emploi et les Organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA), à mettre au point des formations permanentes adaptées à leurs besoins.

De son côté, le contrat de plan état-région (CEPR) 2015-2020, actuellement présenté au public et qui devrait être validé fin mai, comprend des aides pour les TPE et PME innovantes, à travers le fonds de 20 millions d’euros du Programme d’investissement d’avenir et la Stratégie régionale de l’innovation. Le CPER soutient aussi le développement des infrastructures numériques, telles que les centres de données, avec une enveloppe de 760 000 euros, qui concerne notamment la démarche French Tech. La French Tech désigne tous les acteurs qui travaillent dans ou pour des start-up françaises.

Aix-Marseille a obtenu le label  French Tech fin 2014. Et se rêve en Silicon Valley française : les start-up, le soleil, le cadre de vie sont déjà là. Ne manquent que les grandes réussites qui ont fait de la Californie la capitale mondiale du numérique…

Marie-Laure Cittanova

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