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On peut prévoir les emplois du Grand Paris jusqu’en 2020

Dans un secteur particulièrement morose, le bâtiment, les grands travaux boostent l’emploi. Entre le réseau du Grand Paris et la transition énergétique, il va falloir trouver près de 55 000 emplois nouveaux en Ile-de-France d’ici 2020. Mais avec une révolution culturelle pour certains métiers dont 35 liés à la croissance verte.

54 019 emploi nouveaux dans le bâtiment d’ici 2020. C’est l’estimation de la Direccte d’Ile de France qui a entrepris d’étudier le plus précisément possible l’impact de la réalisation du réseau de métro express du Nouveau Grand Paris, des programmes immobiliers prévus autour des nouvelles gares, et des travaux liés à la transition énergétique, sur l’emploi et l’évolution des compétences de plusieurs métiers à l’horizon 2020. La Direccte a travaillé sur une hypothèse basse de 0,5 point de croissance par an sur la période, évalué le nombre de logements nouveaux liés au Grand Paris (14 600 en moyenne) et de logements rénovés dans la cadre de la loi Grenelle et de la transition énergétique (84 600 en moyenne) et a calculé les emplois qui allaient s’ajouter à ceux qui se seraient créés si la situation avait continué d’évoluer « normalement ». Le résultat ce sont ces 54 019 emplois (répartis à peu près également entre ceux engendrés par le Grand Paris et ceux par la transition énergétique), chiffre auquel il faut ajouter les quasi 60 000 emplois qui vont, eux, devoir être renouvelés durant la période pour cause de départs à la retraite.

Ces créations et renouvellements vont bien sûr être progressifs (un peu plus de 9 000 cette année mais près de 17 000 pour l’année 2020), mais surtout ils font émerger un nouveau modèle auquel le bâtiment n’est peut-être pas entièrement préparé, celui de la performance énergétique et environnementale qui induit, lui, des évolutions professionnelles assez importantes. C’est le deuxième intérêt de l’étude : mettre en évidence les compétences que vont devoir acquérir aussi bien les ouvriers du bâtiment que surtout les dirigeants des entreprises. Les TPE et PME seront par ailleurs amenées à travailler davantage en réseau, et de façon coordonnée, afin de proposer une offre globale en matière de travaux de performance énergétique, notamment pour améliorer l’étanchéité à l’air des bâtiments. Et il va falloir aussi bien informer et sensibiliser les professionnels sur la transition écologique et énergétique par le biais des organisations professionnelles, que former les effectifs en place.

Surtout les demandes des maitres d’ouvrage allant évoluer, les dirigeants d’entreprise vont devoir élargir leurs compétences et proposer une offre globale couvrant le diagnostic, l’audit et le conseil. Il faut donc des technico commerciaux d’une autre nature et c’est, pour cette fonction, « une profonde mutation organisationnelle et culturelle ». Certaines autres professions vont aussi être passablement bouleversées. La Direccte en a dénombré 35. Les chefs de chantier et conducteurs de travaux vont devoir désormais être capables d’intégrer des compétences nécessitant la coordination d’une liste impressionnante de corps d’état dont ils n’avaient peut-être pas la connaissance jusqu’à présent. La démarche qualité liée à la transition énergétique et son appropriation par l’ensemble des intervenants sur un chantier est en tout cas un enjeu essentiel. Et la question est : l’offre de formation est-elle aujourd’hui à la hauteur de l’enjeu de la transition énergétique ? Pas sûr. Mais il y a encore un peu de temps pour réformer, car, la Direccte montre bien que la hausse des besoins en emplois sera surtout forte en 2020 car se combineront à ce moment-là trois facteurs : la montée en puissance du Grand Paris, de la loi de Transition énergétique et le renouvellement générationnel. L’une des idées est d’arriver à créer des « viviers de candidats potentiels » qui, au moment où les chantiers du Nouveau Grand Paris se déclencheront, pourront répondre à la demande des entreprises. Donc anticiper sur des décisions qui vont de toute façon être prises mais sans que personne ne sache très précisément quand elles le seront. Condition de base : que les prescripteurs (l’Etat, les établissements publics en charge et les collectivités) jouent le jeu et présentent aux demandeurs d’emploi les opportunités les métiers de la rénovation énergétique. Il est, en effet, essentiel d’appréhender l’évolution du nombre et du contenu des emplois, afin de préparer une offre de formation adaptée. Une dizaine de métiers ont déjà été identifiés comme allant particulièrement progresser, du conducteur de bus aux installateurs sanitaire, thermique et climatique.

Antoine Clause

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