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Marché du travail

Pénurie mondiale de talents ?

Dans son enquête annuelle, Manpower Group, montre que près de la moitié des employeurs dans le monde disent ne pas trouver les talents qu’ils recherchent. Et de plus en plus fréquemment, ils lancent leurs propres plateformes d’apprentissage en interne.

Jamais les employeurs n’ont été aussi nombreux à rencontrer des difficultés de recrutement. Selon la dernière livraison de l’enquête annuelle Manpower (1), 45% des employeurs interviewés (près de 40 000) dans 43 pays différents disent ne pas trouver les profils qui leur font défaut. Si aucun secteur n’est épargné, le constat est plus alarmant encore dans les entreprises de plus de 250 employés où 67% des employeurs affirment cette année ne pas trouver tous les talents qu’ils recherchent. Ce sont les plus forts taux depuis 2006, année de lancement de cette enquête.

Pourtant, Manpower le constate, après dix années de croissance faible, les employeurs semblent de nouveau optimistes, avec des velléités de recrutement plus fortes. Conjuguée à l’évolution des besoins en compétences, les pénuries de talents ont atteint un niveau record depuis le lancement de cette étude, en 2006. Tous les pays ne souffrent pas autant de cette pénurie : au Japon, à cause du manque de main-d’œuvre, du vieillissement de la population et des politiques de restriction des flux migratoires, l’insatisfaction des entreprises frôle les 90% alors qu’en Angleterre, en Irlande ou en Chine, moins de 20% des entreprises font état de leurs grandes difficultés à recruter.

Les entreprises commencent à lutter contre les problèmes de pénuries de talents en formant et en développant les compétences de leurs effectifs existants.

Quels sont les profils recherchés ?

Que ne trouvent pas les chefs d’entreprises ? Des électriciens, des soudeurs, des mécaniciens, des commerciaux, des ingénieurs ou des chauffeurs. Pour ces derniers, le phénomène s’explique par l’explosion du consumérisme liée à la croissance de l’e-commerce et donc des besoins de logistique et de service client. Le souci est que, si le métier de chauffeur ou de chargé de clientèle n’est pas neuf, ces métiers sont différents de ce qu’ils étaient il y a dix ans et continuent d’évoluer, ce qui requiert de nouvelles compétences et formations. Ces métiers « semi-spécialisés » qui, selon l’OCDE, représentent 40% des postes, aujourd’hui sont de plus en plus recherchés.

Près d’un tiers des employeurs disent ne même pas trouver de candidats et 20% de ces derniers ne possèdent pas l’expérience requise. Un employeur sur trois, selon Manpower, estime que l’inadéquation entre offre et demande est imputable à un manque de compétences techniques ou de qualités comportementales des candidats et plus de la moitié considèrent que les compétences en matière de communication écrite et verbale sont les compétences les plus recherchées, suivies par la capacité à collaborer et à résoudre les problèmes. Alors que la qualité du service client fait désormais figure de priorité pour les entreprises de presque tous les secteurs, il importe de disposer du bon mix de compétences.

Les compétences attendues par les entreprises

Cette enquête de 2018 montre en fait que les employeurs ont pris conscience que les connaissances que leurs salariés engrangent au fil de leur carrière revêtent davantage d’importance que leurs acquis initiaux. La nouveauté est donc que les entreprises commencent à lutter contre les problèmes de pénuries de talents en formant et en développant les compétences de leurs effectifs existants : plus de la moitié d’entre elles investissent dans des plateformes d’apprentissage et des outils de développement pour construire leur propre vivier de talents, alors qu’elles étaient seulement 20% à le faire en 2014. Et 6 employeurs sur 10 forment et développent les compétences techniques de leurs salariés tout autant que l’acquisition pour les services client, les ventes ou la communication.

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