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Pourquoi nous travaillons ?

Est-il possible de réconcilier les individus avec le travail et rendre les organisations plus efficaces ? C’est la question à laquelle tente de répondre le psychologue américain Barry Schwartz.

Publié le 10/12/2015 Mise à jour le 23/03/2018

« Why we work » (Pourquoi nous travaillons ) est le titre d’un livre d’un psychologue américain, Barry Schwartz, qui vient de paraitre aux Etats Unis (Éditions Simon & Schuster/TED, septembre 2015). « Il s’agit, écrit Charly Gordon dans la revue Esprit Critique, d’une critique de la vision du travail dans l’économie classique et, par extension, une critique des méthodes de gestion et gouvernance issues des théories scientifiques du travail ». Barry Schwartz est un psychologue américain connu pour ses éditoriaux dans le New York Times et ses participations aux TED Talks. Au départ, un sondage Gallup auprès de 240 000 travailleurs dans 142 pays visant à déterminer la proportion d’individus qui considère son travail comme stimulant. Et, pour près de 90 % de la population interrogée, le travail est plutôt source de frustration que de satisfaction. Selon Esprit Critique « les causes, d’après l’auteur, sont à chercher dans notre conception du travail et la façon dont notre perception vient structurer les organisations et leurs méthodes de gestion des ressources humaines. ».

Et Barry Schwartz entreprend de critiquer toutes les approches du travail depuis Adam Smith qui, le premier, a développé les premiers préjugés sur le travail en particulier celui « que le travail n’est que besogne contre rémunération. Le travail, nous explique Adam Smith, est naturellement ingrat et chacun s’y adonne dans l’unique but de subvenir à ses besoins grâce aux avantages financiers qu’il procure. » Et cette vision du travail a déteint sur l’organisation scientifique du travail et les mentalités occidentales et «  Barry Schwartz propose une analyse intéressante des raisons pour lesquelles l’Organisation scientifique du travail aurait pour conséquence de créer un environnement professionnel préjudiciable au bien-être psychologique ». Taylor est toujours là et il est la cause du désenchantement actuel dans le monde professionnel. Le taylorisme a eu deux conséquences néfastes pour le travailleur. La première est un transfert de pouvoir depuis le travailleur vers l’organisation pour laquelle il travaille… La division accrue du travail implique que l’Homme devienne étranger à son travail et perde toute autonomie vis-à-vis de l’organisation pour laquelle il travaille… La seconde conséquence est une déqualification du travail qui passe par la perte d’habilité du travailleur et par un appauvrissement des tâches requises par l’organisation… Selon Barry Schwartz, le travailleur, dans l’impossibilité de s’approprier son activité, de la développer et de la réinventer finirait par se désintéresser de son poste et par lui devenir étranger. Ces thèses ont déjà été défendues (Simone Weill) mais Barry Schwartz se pose la question de « remédier au désengagement des travailleurs et revaloriser le travail ». Pour Barry Schwartz, il faut donner à chaque travailleur les moyens et conditions nécessaires pour créer un sentiment d’appartenance à l’organisation et son objectif. Et il étudie pratiquement les moyens de la faire dans des secteurs aussi divers que celui de l’hôpital, du textile ou de la grande distribution. Et montre à quel point il devient « essentiel que les organisations mettent en exergue leur mission d’intérêt général pour susciter l’engouement des forces productives ».

« Why we work? » est un peu un livre de néo-management. Barry Schwartz appelle donc à repenser le travail salarial pour accroître le bien-être au travail tout en augmentant la productivité des organisations. Mais il reste dans l’approche classique, ne prenant pas en compte  les transformations du travail hors entreprise.

 

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