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Marché du travail

Prospective : le travail et l’emploi dans vingt ans

Un nouveau rapport du Centre d’analyse stratégique se penche sur les scénarios de l’évolution de l’emploi et lance des pistes de réflexion.

Publié le 12/07/2011 Mise à jour le 19/03/2018

Le constat est violent. Aujourd’hui, le marché de l’emploi est complètement chamboulé par les mutations des trente dernières années, les trente « piteuses », comme on les nomme parfois, qui ont sérieusement mis à mal l’organisation du travail. En France, en 1995 déjà, moins de 40 % des actifs travaillaient en un lieu fixe et uniquement du lundi au vendredi. Une fragmentation qui se double d’une segmentation accrue du marché du travail, avec un emploi concentré sur la population des 30-45 ans et un essor des contrats atypiques, dans un contexte de mondialisation des échanges et de globalisation financière, fragilisé par la crise économique et sociale de 2008-2009.

En parallèle, les entreprises comme l’ensemble de la société font face à de nouvelles attentes : égalité entre femmes et hommes, diversité, meilleure articulation vie privée/vie professionnelle, ancrage territorial des entreprises, exigences du développement durable et de la responsabilité sociale des entreprises.

La grande question est de savoir comment les transformations démographiques, économiques, technologiques et sociétales peuvent dessiner plusieurs avenirs possibles pour le travail et l’emploi, avec l’espoir de vaincre le chômage de masse persistant depuis plus de trente ans et d’améliorer la qualité du travail. Un enjeu au centre du dernier rapport du Centre d’analyse stratégique, qui a piloté durant un an un groupe de travail présidé par Odile Quintin, afin de chercher à répondre à cinq questions concrètes sur le travail en 2030 : pourquoi, pour qui, comment, quand et où travaille-t-on ? « Parce que cela détermine largement à la fois la force de notre économie et la cohésion de notre société, les politiques publiques doivent relever ces défis », estime Vincent Chriqui, directeur général du CAS.

Deux scénarios pour quatre propositions

Le Centre d’analyse stratégique a élaboré deux scénarios possibles. Le premier est un scénario dit «d’accélération technologique et sociétale», marqué par une économie de la connaissance, numérique et verte, avec un marché du travail plus segmenté mais avec également de nouvelles formes de régulation, notamment non étatiques. Le second scénario «de rééquilibrage et de volontarisme des acteurs» est fondé sur des évolutions du contexte international, qui allègent la pression sur l’emploi et le travail (notamment son coût) et donnent des marges de manoeuvre aux acteurs pour nouer des partenariats efficaces. Ce scénario est plus collaboratif, mais sans doute aussi plus fragile.

Dans les deux cas, les modes d’intervention des acteurs, notamment de l’Etat, devront évoluer, face aux enjeux d’emploi, de mobilité et de qualité du travail ou, plus globalement, de compétitivité et de cohésion sociale. Pour répondre à ces défis, le groupe de travail formule quatre propositions principales visant à faire évoluer les politiques de l’emploi, pour favoriser et sécuriser la mobilité professionnelle et améliorer la qualité du travail, dans le souci d’anticiper et de préparer les évolutions à venir.

Pascale Colisson-www.lesinfluences.fr

Les quatre propositions du CAS

1. En matière de politique de l’emploi, disposer d’une panoplie d’outils réversibles pour gérer les chocs conjoncturels (dispositifs “dormants”, mesures types réactivables aisément, voire mesures conditionnées au franchissement de seuils macroéconomiques).

2. Passer progressivement à une politique de l’emploi davantage centrée sur l’appariement offre/demande sur le marché du travail et plus directement en lien avec les besoins des branches et des territoires.

3. Mettre en place un “compte individuel social” de droits portables, de façon progressive et négociée, à partir du couple CET-DIF (compte épargne-temps, droit individuel à la formation).

4. Développer la responsabilité sociale de l’entreprise, par la communication et le travail de conviction, mais aussi par l’élaboration concertée d’un cadre de référence faisant l’objet d’un véritable “label RSE”.

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