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Marché du travail

Quand l’apprentissage va…

Sous l’effet de la loi « avenir professionnel » et l’ouverture du dispositif à des publics plus âgés, l’apprentissage pourrait connaître à l’avenir un regain d’intérêt.

C’était le 29 août à l’Université d’été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines). La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, se réjouissait que « cette année, les demandes d’orientation vers l’apprentissage en sortie de 3e ont grimpé de 45% ». Depuis septembre, la ministre est une infatigable VRP de sa réforme, inscrite dans la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » récemment adoptée au Parlement. « Nous allons mettre le paquet, insiste la ministre. Dans quelques années, l’apprentissage sera plus souple, des passerelles seront créées entre diplômes ». Dernière mesure en date. Une plateforme en ligne pour renseigner les jeunes et leurs familles sur la filière de l’apprentissage (formations, métiers, centres). Elle sera mise en place d’ici la fin de l’année. S’y ajoutera un chatbot ouvert 24h sur 24h (logiciel qui permet de mener des conversations en ligne) pour poser des questions plus précises.

L’apprentissage, une filière d’avenir

La filière de l’apprentissage est considérée par le gouvernement comme un tremplin vers l’emploi – son taux d’insertion est de 70% – mais reste trop souvent dénigrée. Avec l’apprentissage, le jeune alterne cours théoriques en centre de formation d’apprentis (CFA) et pratique en entreprise. La nouvelle loi prévoit notamment 54 heures consacrées à l’orientation dans le secondaire chaque année, elle introduit plus de modularité et de sur mesure : durée des contrats de six mois à trois ans, en fonction des parcours précédents et des besoins, développement d’Erasmus pour les apprentis, augmentation de la rémunération, une aide de 500 € pour passer son permis de conduire, la possibilité d’entrer en apprentissage tout au long de l’année… Dans le cadre du Plan pauvreté, une prépa apprentissage a même été lancée le 4 octobre dernier. De quelques semaines à quatre mois, ce dispositif devrait permettre à des jeunes d’être accompagnés afin de faciliter leur entrée en apprentissage et de « sécuriser le parcours » de ces futurs apprentis. Dès 2019, les jeunes, en particulier les plus fragiles – qui ne sont ni en études, ni en formation, ni en emplois, qui vivent dans les quartiers prioritaires de la ville, en zone de revitalisation rurale, ou qui sont en situation de handicap – seront accompagnés. D’ici deux ans, 75 000 jeunes pourraient bénéficier de ce dispositif.

Une expérimentation en cours dans 9 régions

En 2017, 294 800 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés, soit une hausse de 2,1% par rapport à 2016. Selon la Dares, l’organisme statistique du ministère du Travail, « de juin 2017 à mai 2018, la hausse des recrutements est plus marquée : +5,3% sur l’ensemble des contrats ». Une expérimentation introduite en 2017 a en effet ouvert l’apprentissage sans condition aux 26-30 ans dans neuf régions. Le nombre d’apprentis de 26 à 30 ans a ainsi été multiplié par trois. Plus âgés, ces nouveaux apprentis sont majoritairement d’anciens salariés ou demandeurs d’emploi et sont plus diplômés que les apprentis plus jeunes. Ils sont souvent titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat ou supérieur (76% contre 48% pour les 15-25 ans). Pour 86% des nouveaux apprentis, le contrat d’apprentissage s’inscrit dans la poursuite d’une formation soit par voie scolaire (59%) soit en apprentissage (27%). Avec cette nouvelle campagne, la ministre du Travail entend « changer le regard sur l’apprentissage » et lever le « frein culturel ».

N.S.

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