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Marché du travail

Quel avenir pour le Compte personnel de formation ?

En 2016, près de 4 millions de personnes ont activé leur espace personnel sur le portail en ligne du CPF. L’objectif à terme est d’en faire profiter ceux qui en ont le plus besoin.

Publié le 20/03/2018 Mise à jour le 26/03/2018

Une étude de la Dares (*) sur l’utilisation du compte personnel de formation montre que les cadres recourent trois fois plus que les ouvriers aux droits personnels à la formation (1,7% des cadres ont utilisé leur CPF en 2016, contre 0,5% des ouvriers) alors qu’ils figurent parmi les salariés les plus diplômés. On apprend par ailleurs que les salariés des grandes entreprises sont mieux lotis  que ceux des TPE : 1,2% des salariés des entreprises de 250 à 499 salariés ont mobilisé leur CPF en 2016, contre 0,3% des salariés des entreprises de moins de 10 salariés.

Selon l’organisme statistique du ministère du Travail, le dispositif connaît néanmoins une montée en charge progressive. Entré en vigueur au 1er janvier 2015, le CPF est attaché à l’individu et alimenté chaque année par un capital d’heures de formation, dans la limite d’un plafond de 150 heures (ou de 400 heures pour les personnes les moins qualifiées). Il est par ailleurs distinct des plans de formation mis en place à l’initiative de l’employeur, pour les besoins de l’entreprise.

Les opérateurs publics en 1ère ligne

Près de 500 000 dossiers ont ainsi été acceptés en 2016, si l’on prend en compte les demandeurs d’emploi et les salariés, soit une augmentation de 137% par rapport à l’année 2015. La progression est encore plus forte chez les seuls salariés du privé (+276%). Les demandes de formation sont, la plupart du temps, activées par un opérateur (Pôle emploi, missions locales, etc.) quand il s’agit d’un demandeur d’emploi. Mais un tiers des dossiers ont été initiés directement par le bénéficiaire, qui est le plus souvent dans ce cas de figure un salarié en emploi.
En 2015 et 2016, les formations les plus fréquemment suivies par les salariés étaient des formations en langue telles que le Toeic ou le Bulats (43%) ou dans le domaine des transports, de la manutention et du magasinage (11%), note la Dares. Pour les demandeurs d’emploi, il s’agissait des formations dans le domaine des transports également, telles que la préparation aux certificats d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces, 21%), mais aussi de formations généralistes relevant essentiellement du socle de connaissances et de compétences professionnelles (Cléa, 11%).

800 euros par an pour les personnes sans qualification

Entamé en octobre dernier, la réforme tant attendue de la formation professionnelle devrait aboutir prochainement. Répondra-t-elle aux véritables enjeux du monde du travail ? La ministre du Travail en a annoncé début mars les grandes lignes. Le CPF y tient une place de choix. Tous les salariés verront ainsi leur CPF crédité de 500 euros par an, plafonnés à 5000 euros. Les personnes sans qualification auront, de leur côté, 800 euros, avec un plafonnement à 8000 euros. Les salariés à temps partiel auront, quant à eux, les mêmes droits que ceux à temps plein, une mesure qui va surtout « bénéficier aux femmes », selon le ministère, « puisque 80% des salariés à temps partiel sont des femmes et 30% des femmes sont à temps partiel ».

 

(*) Le compte personnel de formation, une montée en charge rapide surtout au profit des personnes en recherche d’emploi, Dares Résultats n° 004, janvier 2018