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Prospective

Quelques idées sur le futur du travail

Des évolutions technologiques d’aujourd’hui jusqu’aux mutations plus profondes de demain, Emploi parlons Net tient une veille de ces idées qui transforment tous les jours un peu plus le monde du travail.

Les drones sont au travail… mais pas là où on les attend !

Chris Anderson, le fondateur de Wired, le magazine de référence sur les nouvelles technologiques, et l’auteur de plusieurs études sur la gratuité d’Internet, a évalué l’impact des drones sur le marché du travail (1). L’article est passionnant car il détruit un certain nombre d’idées reçues.

Des drones pour mesurer le réel

Pour Chris Anderson, les drones n’ont guère d’utilité dans la livraison (« la livraison est l’usage le moins séduisant et le plus complexe du drone, faire voler un objet en autonomie dans un environnement encombré est un épouvantable casse-tête d’un point de vue technologique et législatif ») mais leur apport est majeur dans la récolte et la mesure des données pour l’industrie : « nous ne pouvons gérer que ce que nous pouvons mesurer » – or mesurer le réel est difficile. Les drones nous rendent la tâche bien plus aisé …

Dans le cadre de l’extension d’Internet au monde physique, qui est le grand projet du XXIe siècle, les drones sont la voie vers la troisième dimension – la hauteur. Pour faire simple, ils sont « l’Internet des objets volants ». Et il explique que « l’économie du drone est typiquement disruptive. Les drones accomplissent déjà en quelques heures des tâches qui demandent à l’homme plusieurs jours. Ils captent des données visuelles incroyablement précises pour une fraction du prix des mêmes données recueillies par d’autres biais. Ils deviennent essentiels à la sécurité sur les lieux de travail, en remplaçant l’homme lors des périlleuses interventions d’inspection des antennes-relais de téléphonie mobile, par exemple. Enfin, ils offrent, littéralement, de nouvelles perspectives aux entreprises : leur vol à basse altitude apporte à l’agriculture comme à l’industrie des informations des perspectives nouvelles ».

L’exemple le plus probant est celui de l’industrie du bâtiment, la deuxième au monde après l’agriculture qui représente 8 000 milliards de dollars par an : « elle est pourtant remarquablement inefficace. Selon McKinsey, une construction commerciale dépasse en général son budget de 80% et ses délais de 20 mois », écrit Chris Anderson. Le travail des drones devrait permettre de récupérer au moins 3 000 milliards de dollars par l’efficacité qu’il apporte.

1 https://www.hbrfrance.fr/magazine/2018/07/20720-les-drones-au-travail

Six scénarios d’un monde sans travail… tous ne sont pas tristes.

C’est dans la revue du CNRS que l’économiste Gilles Saint-Paul a essayé de voir comment, au XXIIe siècle, dans un monde où, selon les spécialistes de l’intelligence artificielle, les machines seront capables de remplacer les humains dans toutes les tâches. Un monde où la machine travaille et où le salaire est fixé par la productivité des robots et leur coût de fabrication. « Imaginons en effet que vous empaquetez des colis et que vous en faites vingt par heure, illustre l’économiste. Si un robot qui coûte 10 euros de l’heure en fait le double, votre salaire horaire s’élève à 5 euros. » Si le robot se perfectionne et passe à 80 colis de l’heure, votre salaire sera divisé par deux. Les humains ne pourront alors plus vivre de leur travail. Et taxer les robots, déjà largement déployés dans tous les secteurs d’un pays, redevient une éventualité économiquement viable, voire nécessaire.

Sous ces conditions, il y a six scénarios pour le monde de demain. Gilles Saint-Paul les décrit tous. Le plus humain ? Celui d’un État providence revisité où le fruit du travail des machines est redistribué à la population par l’État. Un scénario social-démocrate où, si le salaire d’une majorité de citoyens tombe en dessous du niveau de subsistance, ceux-ci pourraient en effet voter massivement pour le taux d’imposition qui maximise les recettes publiques. Le plus fordiste ? Celui où, afin de s’assurer une base de consommateurs et une certaine paix sociale, les entreprises maintiennent des emplois humains, peu utiles mais bien payés. Donner de l’argent d’une main pour récupérer de futurs clients de l’autre est la vieille idée du constructeur automobile Henry Ford et elle pourrait être revisitée avec l’intelligence artificielle. La plus dure ? Celle où les salaires tombent sous le niveau de subsistance et la population mondiale diminue rapidement. Seuls les propriétaires de robots survivent !
La version complète de l’article est sur https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01513006/document

1 https://lejournal.cnrs.fr/articles/six-scenarios-dun-monde-sans-travail

L’industrie 5.0 invente les « emplois plaisir » !

Elle est très profitable aux ouvriers et c’est Esben Østergaard, le cofondateur d’Universal Robots qui l’annonce (1). Pour lui, l’industrie 4.0 « débouchera sur un environnement de production de biens sans travailleur humain et la production de biens industriels avec une qualité constante et des prix attractifs pour les consommateurs ». Mais la tendance du « retour de la touche humaine », motivée par le besoin de l’humain de se connecter aux autres, ne sera jamais satisfaite par une fabrication à grande échelle ou des petits artisans. « Pour y répondre, l’industrie 5.0 devra fabriquer des produits avec une forte valeur ajoutée, c’est-à-dire avec une « touche humaine » caractérisée notamment par l’implication d’un expert ou la fabrication de machines avec un guidage humain. Les employés requis par cette industrie sont ceux avec une valeur ou une expertise particulière à ajouter au produit, pour lui donner le degré de contact humain exigé par le marché. Ces emplois, qui n’auront rien à voir avec les emplois d’usine d’aujourd’hui, ressembleront davantage à des « emplois plaisir » ».

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0302024134989-comment-la-robotisation-peut-ameliorer-les-emplois-2195465.php

Tesla ou « comment la machine n’a pas réussi à fabriquer la machine »

« L’automatisation excessive était une erreur », a jugé Elon Musk pour la production de sa nouvelle voiture (1). Selon le Wall Street Journal, 1 028 robots avaient pourtant été entassés à Fremont, pour déplacer les pièces et les composants, les assembler, les souder, etc. Sans parler des robots commandés pour la Gigafactory de Reno (Nevada), où sont assemblées les batteries.

« Si Tesla est parvenu tout début juillet à atteindre le rythme de 5 000 Model 3 produites par semaine, la machine n’a pas réussi à fabriquer la machine », écrivent Les Echos, « La production à Fremont a connu plusieurs coups d’arrêt, et Elon Musk a enchaîné les difficultés ». Elon Musk a donc reconnu que les humains pouvaient, tout compte fait, être utiles. « Nous avions ce réseau dingue de convoyeurs, et il ne marchait pas, nous nous en sommes débarrassés », a-t-il indiqué, annonçant alors l’embauche de plusieurs centaines de personnes supplémentaires.

Selon le MIT au-delà d’un certain niveau, la robotisation est « chère, et inversement corrélée à la qualité ». « Les robots ne détectent pas les filetages pas droits, les boulons mal ajustés, les fixations pas alignées ou les joints défectueux. Les humains sont vraiment bons à ça ». Résultat : mi-juin, une tente immense, grande comme deux terrains de football, a fait son apparition sur le parking de l’usine de Fremont et c’est là que des humains assemblent la Model 3.

1 https://www.lesechos.fr/industrie-services/automobile/0301899478796-tesla-les-lecons-dune-robotisation-a-outrance-2188983.php

 

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