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Qui sont les nouveaux créateurs d’entreprise ?

Selon une étude de l'Insee (*) sur les créateurs d'entreprises en 2014, la frontière entre le salariat et l'entreprenariat est de plus en plus ténue.

C’est un fait. Le statut d’auto-entrepreneur, créé en 2009, a boosté la création d’entreprises en France. La dernière livraison des chiffres de l’Insee en atteste. En 2014, 551 000 immatriculations d’entreprises ont été enregistrées, dont 283 000 sous le régime de l’auto-entreprenariat. L’installation des auto-entrepreneurs est durable dans le paysage de la création d’entreprises, estiment les experts de l’Institut de la statistique. Et surtout des profils nouveaux émergent dont l’Insee a dressé le portrait-type (sept au total).

Créer son propre emploi

En 2014, le profil des « jeunes créateurs diplômés » connaît un essor particulier (8% des créateurs), confirmant un engouement certain des jeunes diplômés pour la création d’entreprise (1). « Leur entrée sur le marché du travail par la création d’entreprises, en majorité sous le régime de l’auto-entrepreneur, semble se confirmer comme une alternative au salariat », notent les experts de l’Insee. En effet, les deux-tiers étaient étudiants avant de créer leur entreprise. Pour 54% d’entre eux, créer leur propre emploi est leur motivation première.
Ainsi, une majorité d’entrepreneurs (55%) en 2014 cherchent avant tout à créer leur propre emploi. Les auteurs expliquent que « pour certaines personnes sans emploi, créer sa propre entreprise est en effet une solution pour trouver une activité rémunérée ». Près de 40% des fondateurs sont en effet chômeurs ou sans activité.

Salariat-entreprenariat, une frontière poreuse

Les autres créateurs d’entreprises sont plutôt à la recherche d’une activité et d’un revenu de complément (31% des créateurs). Trois profils correspondent principalement à cette catégorie : les « salariés en activité de complément », quasiment tous micro-entrepreneurs, les « retraités » et les « créatrices de l’enseignement et de la santé » (enseignantes, infirmières, sages-femmes). Enfin, 21% des créateurs sont, quant à eux, « expérimentés » et créent surtout des sociétés avec des moyens plus importants et avec des perspectives de développement plus favorables.

L’enquête de l’Insee confirme également « une certaine porosité entre le salariat et l’entreprenariat ». D’une part, les créateurs salariés qui développent une activité de complément deviennent à la fois salariés et entrepreneurs. D’autre part, pour les personnes exclues du marché du travail ou les jeunes qui y entrent, le régime de l’auto-entrepreneur offre une possibilité d’accéder à une activité rémunérée, « qui a les traits de l’entreprenariat classique mais peut s’accompagner d’un lien de dépendance proche du salariat », conclut les auteurs de l’étude.

N.S.

(*) Les créateurs d’entreprises : la frontière entre salariat et entreprenariat s’atténue, Insee Première n°1701, juin 2018

(1) En 2016, selon l’Observatoire de l’Agence France Entrepreneur (AFE), 32 % des jeunes de moins de 30 ans déclaraient vouloir se lancer dans une aventure entrepreneuriale

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