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Ralentir pour mieux avancer

Si la communication et l’information vont de plus en plus vite, il faut apprendre à lâcher prise et remettre l’humain au centre de l’entreprise. Le "slow management" peut permettre de retrouver un temps juste.

Mode ou nécessité ? Si le slow management fait encore sourire certains, de plus en plus nombreuses sont les entreprises à comprendre que la course perpétuelle à la performance a peut-être un peu de plomb dans l’aile. Non seulement elle peut entraîner des drames humains mais, bien souvent, elle freine l’entreprise dans son développement. Et lui revient très cher.

Selon le dernier baromètre du cabinet de conseil Alma Consulting, en 2013 l’absentéisme a coûté au secteur privé 8,83 milliards d’euros pour 15,6 jours d’absence par employé et par an. Un pourcentage légèrement inférieur à celui de 2012 mais qui engendre un coût direct supérieur car cet absentéisme touche davantage les catégories socioprofessionnelles basses, davantage remplacées, alors que les cadres le sont très rarement.

Pour la première fois, Alma Consulting a poussé plus loin l’étude de ce baromètre révélateur du climat social et du niveau d’engagement des salariés dans l’entreprise, en interrogeant le personnel sur l’efficacité des actions pour réduire cet absentéisme. Pour près des deux tiers d’entre eux cela passe par l’organisation de réunions et de temps d’échange entre managers et collaborateurs, par une participation des collaborateurs à l’organisation du travail ainsi que, pour une grande majorité, par un projet d’entreprise clair. Les salariés demandent donc à être écoutés et rassurés. Et plus la taille de leur entreprise est importante plus ce besoin se fait sentir. Ils sont donc adeptes, peut-être sans le savoir, du slow management.

Cette prise de conscience que le taylorisme n’était plus forcément la panacée s’est développée dans la foulée du slow food et a touché depuis de nombreux secteurs, du tourisme à la finance. Le principe est toujours le même : réduire l’impact du court terme pour replacer le citoyen ou le salarié au centre de son action. Au sein de l’entreprise, comme le prône Xavier Tedeschi, fondateur du cabinet de conseil Latitude RH, cela passe par une meilleure capacité d’écoute des managers et un véritable travail d’équipe. Il faut prendre du temps pour mieux en gagner. Prendre le temps d’écouter ses collaborateurs, leur montrer de l’intérêt pour gagner en retour motivation, investissement et capacité d’innovation. Cela pourra réduire l’absentéisme, le stress et les déséquilibres de rythmes de travail qui empêchent les salariés de manger ou de dormir correctement et donc, de donner le meilleur d’eux-mêmes à leur entreprise. L’épanouissement humain à travers la création d’un environnement de travail coopératif prend, selon les entreprises, différentes formes.

Sans doute les premiers à avoir compris la valeur de leurs employés sont les fondateurs, en 1936, de Hewlett-Packard. A l’origine du MBWA (Management By Walking Around), ils incitaient leurs salariés à traîner à la machine à café, le meilleur endroit pour rencontrer leurs collègues, à échanger avec eux, le dialogue servant de fondement à la créativité. Un principe que Hewlett et Packard s’appliquaient bien sûr à eux-mêmes, sans quoi le système ne peut pas fonctionner. Le patron doit donner l’exemple et en l’occurrence déculpabiliser ses employés de quitter leur poste de travail. Le slow management commence par la capacité pour l’encadrement à se rendre visible, présent et rassurant pour ses employés. Depuis, plus lentement en France qu’aux Etats-Unis, certaines entreprises ont installé des salles de sieste, des tables de ping pong… Tout est bon pour dire à ses salariés qu’on les aime.

Florence Raillard

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