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Marché du travail

Réforme du marché du travail, l’OCDE insiste

Pas de croissance sans réforme profonde du marché du travail et surtout de la formation professionnelle. Tel est le message adressé par l’OCDE dans son analyse économique de la France de mars 2015.

Publié le 16/04/2015 Mise à jour le 16/03/2018

« La France ne manque pas d’atouts » dit l’OCDE qui, dans sa dernière étude économique sur la France, s’empresse néanmoins de rajouter que « la reprise économique a été décevante » et que « le chômage est à un niveau élevé et continue d’augmenter ». L’OCDE analyse dans la foulée les importantes réformes structurelles déjà faites en France en particulier « pour améliorer l’équité du système éducatif et l’insertion professionnelle des jeunes » mais demande une amplification de ses réformes. Et d’enfoncer le clou : « Le défi le plus important est de réformer le marché du travail afin de promouvoir la création d’emploi… La protection accordée aux salariés en contrats de travail indéterminés est un frein à la mobilité du travail malgré les avancées permises par les réformes des procédures de licenciements collectifs et la mise en place de la rupture conventionnelle. Le code du travail complexe, des procédures judiciaires trop longues et de nombreuses réglementations contraignent la flexibilité dans les secteurs  public et privé, et créent une dualité au détriment des populations les plus vulnérables, notamment les jeunes ».

La critique n’est pas nouvelle : depuis le début des années 90 la France est suspectée de développer une préférence pour le chômage en sur-protégant les salariés en poste contre les autres. Mais l’OCDE insiste et met le doigt sur «le système de formation professionnelle (qui) souffre d’une gouvernance complexe et de faibles contrôles de qualité qui ne permettent pas de répondre aux nombreux besoins de qualifications ». Peu de réformes « incitent au travail » en France, explique l’OCDE et « les dépenses de fonctionnement, l’emploi public et les prestations sociales sont tous plus importants  que dans la majorité des autres pays »

Le message de l’OCDE est double : l’activité économique bénéficiera d’une simplification à grande échelle (réduction de la complexité du code du travail, normes et réglementations imposées aux entreprises) et surtout « le marché du travail doit être la priorité des réformes structurelles (avec cette recommandation singulière dans sa formulation : « au fur et à mesure de la baisse des dépenses publiques, réduire encore le coin fiscalo-social »).  L’OCDE s’avance sur la « modification des paramètres du régime des allocations chômage, notamment leur durée », mais martèle surtout son souhait de réforme de la formation professionnelle et surtout la qualité des formations qui devraient de plus en plus être certifiées (les pages consacrées à l’analyse des défauts du système français de formation reprennent beaucoup de résultats des études françaises et sont certainement les plus documentées de l’étude). L’étude est lourde et longue et met en avant que « restaurer la croissance sera délicat » sans ces réformes et qu’elle sera quasi impossible sans réforme du marché du travail. L’OCDE admet bien volontiers que certaines réformes récentes du marché du travail sont « dignes d’éloges » (une annexe entière y est consacrée), mais qu’elles ne touchent pas vraiment le « dualisme du marché du travail » en train de s’instaurer en France ni la qualité du dialogue social.

Antoine Clause

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